Badouzienne 12

Je vais essayer de ne pas bafouiller, de ne pas avoir le coeur qui bat à 100 milles à l’heure, de respirer entre les phrases. Je vais lire demain, aux membres de ma famille, lors de la cérémonie funéraire pour l’inhumation des cendres de papa, les extraits suivants que j’ai trouvés sur mon blogue en effectuant une recherche du mot « papa ».

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Je suis à la recherche de pierres de rivière pour combler l’espace vacant le long de la maison, côté nord, à St-Alphonse. Mais je ne sais pas comment m’y prendre :

Devrais-je ramasser moi-même les pierres dans la forêt, et les transporter dans une brouette comme le fait mon père à St-Jean-de-Matha ? Ça lui prend un temps fou, l’été y passe, mais papa est excessivement patient et il ne se lasse jamais. Il râtelle aussi le gravier de la cour car il déteste les roulières, les crevasses, les fissures. Or, dès qu’il pleut, son beau travail est à recommencer, alors il recommence.

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J’ai demandé à Emmanuelle de personnifier son propre rôle, donc nous lirons à deux l’extrait suivant :

– Et toi, ton week-end, maman, c’était bien ?
– Oui, c’était très bien. Si tu veux savoir ce qui s’est passé, tu peux aller lire mon blogue.
Je ne réponds pas ça pour me débarrasser, mais parce que je trouve que lire mes textes est plus agréable que m’entendre raconter. Mais quand même j’élabore un peu :
– Je suis allée voir papa. Il est tellement vieux maintenant ! Il voit de moins en moins bien. Son Parkinson est contrôlé par les médicaments mais il ressent des douleurs aux articulations. Il dit qu’il appelle régulièrement Stéphane pour savoir quel jour on est !
Je m’arrête là, pensive.
– Oui, mais pas longtemps après avoir appelé, il ne doit déjà plus se rappeler quel jour on est !
– Ah ! ça !, papa s’est trouvé une stratégie. Il utilise son pilulier. Si Stéphane lui dit qu’on est mardi, admettons, papa ouvre et laisse ouvert le compartiment Mardi de son pilulier, et le tour est joué.
– Ça c’est bien mon grand-papinouchet !

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Je suis en formation au centre-ville. J’écris mon mot du jour pendant que les autres sont partis dîner.
– Tu ne vas pas manger ?, s’étonne le formateur.
– Je n’ai pas le temps !, lui dis-je.

J’adore cette réponse, Je n’ai pas le temps, parce que papa l’a déjà faite à ma belle-sœur, il y a longtemps. Le fils de ma belle-sœur cherchait un mot dans le dictionnaire. Plutôt que d’aider son petit-fils, papa s’était rendu directement à la page qui contenait le mot. Au commentaire de sa belle-fille qui aurait aimé que son fils cherche lui-même dans le dictionnaire, papa avait répliqué :
– On n’a pas le temps !

Cette remarque m’est restée comme étant l’expression du désir fondamental de profiter de la vie. À chaque fois que je dis Je n’ai pas le temps, je n’exprime pas pantoute que je n’ai pas le temps, je fais un clin d’œil à mon père.

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Je pense à la photo qu’il y a chez papa, laminée, sur le mur de la salle à manger. On y voit papa du haut de ses dix ans, ses frères et sœurs et parents, en noir et blanc évidemment, habillés pauvrement parce qu’ils étaient pauvres, pas de sourire et le regard neutre. Tout le monde debout, un peu coincé. Les frères et sœurs de papa voient cette photo et ne peuvent pas croire que papa l’aime au point de l’exposer. Ils voudraient la jeter, elle leur rappelle leur misère matérielle, affective et spirituelle selon les uns, la misère humaine s’exclame un autre. Personnellement, je vois une famille pauvre qui ne sourit pas, mais c’était comme ça qu’on prenait les photos à l’époque. Papa, lui, adore la photo et, adepte par excellence de la grande famille unie, déplore une seule chose, c’est que son frère Roger n’y soit pas, il était derrière l’appareil !

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Ici, j’ai triché, j’ai remplacé le mot papa par grand-papa, de telle sorte que ma fille pourra lire l’extrait comme si le « je » la désignait, elle.

Je suis allée manger avec mon grand-papa chéri hier dimanche. En parlant de tout et de rien, il a commencé à exprimer ce qu’il ressent par rapport à un petit détail de la vie, puis à un autre détail. J’ai eu l’impression qu’il allait pleurer, et en y regardant bien, il pleurait, en effet, parce que dès qu’il est question d’amour, d’attachement, d’affection, de liens nous unissant, mon grand-papa, en vieillissant, pleure et prend une gorgée de bière.

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L’extrait ci-dessous a été écrit il y a dix ans, en première année de blogue.

Quand j’aurai 62 ans et que je serai à la retraite, il y a de bonnes chances que mes vieux compagnons que sont papa, mes tontons et tantines, soient décédés. J’aurai eu l’impression de ne les avoir vus, au fil des années, qu’en vitesse, qu’en empruntant sur du temps. Ce doit être pour ça, pour me déculpabiliser de mon manque de disponibilité, que je les enlace tout le temps. Papa n’aime pas ça parce qu’il est chatouilleux. Quand il me voit arriver, il s’arrange pour avoir les bras chargés de victuailles. Je n’ai pas mis les pieds dans la maison qu’il me dit, lui si peu directif d’habitude et me tendant un sac :
– Va donc mettre ça sur le comptoir.
et il se dépêche d’aller s’asseoir derrière la table pour être à l’abri de mes enlacements.

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Badouzienne 11

Papa porte mes lunettes, c’était il y a deux ans.

Nous étions chez nos amis pour souper et après, comme nous le faisons presque tout le temps maintenant, nous avons joué aux cartes. J’apporte le jeu de SkipBo et nous jouons aussi à la dame de pique. Habituellement, on n’enchaîne pas les deux jeux, on joue soit l’un, soit l’autre. Quand on se sent stratégiques, on joue à la dame de pique. Quand on se sent pépères, frileux, on joue au SkipBo.

Que l’on joue à n’importe quoi, je perds tout le temps. Mes adversaires jouent comme des bons, ça y va par là, les cartes défilent et les paquets s’amincissent. Pour gagner, il faut être le premier, au SkipBo, à terminer un paquet qui nous est donné en début de partie. Moi, je reste bloquée avec mon paquet qui demeure presque intact.

Je ne parle pas de la dame de pique, qui requiert de la stratégie, comme je l’ai écrit, et de la mémoire, deux aptitudes qui me font défaut.

Donc, nous nous installons, je distribue les paquets et, les distribuant, je mentionne aux amis et à mon mari que, fatiguée comme je le suis, je n’ai aucune attente, aucun désir, aucune chance de gagner, seul compte le plaisir de participer. Eh bien, j’ai gagné ! Comme je le fais quand mon test de coagulation est bon, à la pharmacie, je me suis levé les bras au ciel et j’ai dit YES ! avec exubérance.

La partie fut courte, tellement j’ai gagné rapidement. Alors, pour étirer un peu le plaisir d’être ensemble, nous avons fait une partie d’horloge. C’est un jeu que j’ai montré aux amis, qui se joue presque les yeux fermés tellement c’est facile. Incroyable mais vrai, j’ai aussi gagné l’horloge.

Alors, n’en revenant pas moi-même, et sans bien sûr savoir que j’allais faire ça, je me suis à nouveau levée, les bras dans les airs au bout de la table, et j’ai remercié… papa ! Ce serait donc un réflexe naturel de remercier mon père qui a basculé dans l’autre monde et qui, depuis, veille sur moi ?

En réalité, il n’était pas encore décédé quand nous avons joué aux cartes, il était depuis quelques jours dans le coma. Il est décédé ce matin le 19 mai 2021 par une chaude journée de juillet. Juillet en mai. Au revoir mon papa chéri bien-aimé.

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Badouzienne 10

Tiens, première badouzienne à deux chiffres, finies les unités, voici les dizaines !

Je me sens fatiguée, je dirais que je suis morte, mais que papa ne l’est toujours pas ! C’est une tournure un peu brutale, je trouve. Ce n’est pas brutal d’exprimer que je me sens morte de fatigue, mais par rapport à mon père je préfère écrire qu’il est décédé que mort, mais de toute façon il est encore vivant, dans un état comateux très paisible, comme s’il savourait l’entrée dans le paradis, ou comme s’il savourait un grand calme de fin de vie terrestre, c’est difficile à savoir. Selon mon frère Swift, comme s’il acceptait tranquillement l’idée de se séparer de ses enfants. C’est l’interprétation que je préfère, en fait, et il est curieux que je n’y aie pas pensé moi-même.

Voici ce qui est arrivé, voici ce pourquoi je suis morte aujourd’hui dimanche.

J’ai visité papa samedi matin pour un accompagnement qui nous réunissait tous, frères et soeurs. Ce fut un beau moment, nous avons baigné dans l’énergie que crée immanquablement la rencontre de nos tempéraments tellement différents. En après-midi, j’ai profité d’être seule à la maison, mon mari étant au chalet, pour corriger les textes de ma deuxième année d’écriture. Vers dix-sept heures, je me suis sentie à bout de force et j’avais mal à la tête. Je suis allée m’étendre dix minutes. Puis, j’ai ressenti le besoin de bouger, alors je suis allée dehors nettoyer une plate-bande. Cela m’a fait du bien, j’ai tiré sur de nombreuses racines qui étaient coopératives et se laissaient sortir de terre.

J’ai essayé de ne pas penser aux textes que je venais de lire, mais il n’empêche que je me suis demandé comment les gens, amis, lecteurs, avaient pu leur accorder un peu de temps alors qu’il n’y a absolument rien à y comprendre, c’est du n’importe quoi. Comment, surtout, ai-je pu avoir l’impression que c’était bon ?

Vers vingt heures trente je suis partie voir papa à nouveau pour profiter du calme du soir au CHSLD, et je suis revenue vers vingt-trois heures trente. J’ai donc triché, par rapport au couvre-feu. De retour à la maison, je me suis servi un bol de céréales et je suis venue m’installer devant mes textes décourageants. J’ai fait un travail de purge jusqu’à deux heures du matin.

Mon téléphone m’accompagnait, déposé sur mon bureau, que j’avais réglé afin qu’il sonne à minuit, puis à une heure une minute, puis à deux heures deux minutes. À chaque sonnerie, premièrement j’ai sursauté, puis j’ai pris une photo du fond d’écran sur lequel apparaissait d’abord 00:00, puis 01:01, puis 02:02. Il me reste à trouver une solution pour les heures qui me manquent, à savoir 03:03, 04:04, 05:05. Il n’y a pas mille solutions, bien sûr, il va falloir que je règle la sonnerie du téléphone pour procéder comme je l’ai fait hier. Toutes les autres heures à chiffres identiques ont été prises en photo et attendent que je me décide à en faire un montage.

Je respire mieux aujourd’hui, à cause du travail de purge. Je vais retourner voir papa en début d’après-midi.

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Badouzienne 9

Les raisins en devenir

Je n’ai guère avancé mes projets. Je n’ai pas commencé la transformation des disques gris et lilas, disposés sur un fond brun, afin qu’ils s’intègrent à une grappe de raisins géante.

J’ai un peu corrigé les textes de ma deuxième année d’écriture avec mon cousin. Heureusement que nous entamons ce projet à deux. C’est monstrueux, la quantité de travail qui nous attend. J’ai tendance à penser, mais je peux me tromper, et peut-être que je pense ça uniquement pour m’encourager, que les dernières années d’écriture vont nécessiter moins de corrections parce que je prenais davantage mon temps. Je pense d’ailleurs que je suis dans le pire actuellement, à savoir la deuxième année pendant laquelle je me suis adonnée à des exercices d’improvisation à froid, sans préparation, en faisant faire toutes sortes de tortillages à des personnages, jusqu’à ce que je cesse, étourdie moi-même par mes sornettes. Les lecteurs ne se laissent pas étourdir par des sornettes, ils abandonnent la lecture quand ça devient trop pénible, tortueux, exigeant. J’ai donc du pain sur la planche en matière d’élagage. Je vais essayer de « sauver » ce qui peut l’être, on verra ce que ça va donner…

Dans la même veine, je n’ai pas tellement aimé ma rencontre avec ma psychologue lundi dernier, parce que je l’ai vécue avec ma tête seulement, comme si je devais réussir une séance d’improvisation de cinquante minutes, sans que ce soit en lien avec du ressenti. J’ai improvisé, bel et bien, mais cela ne m’a pas fait de bien. Je n’ai rien appris. J’ai eu l’impression de ressasser les mêmes vieilles affaires. Peut-être que je n’ai pas besoin d’aller voir une psychologue finalement ? Pourtant, je pense qu’on peut aller voir une psychologue une vie durant.

Un événement m’a amenée à me rendre tous les jours à Joliette, cette semaine, à savoir la fin de vie de papa. Je vais m’y rendre encore demain. Et nous espérons une dernière rencontre les quatre enfants ensemble samedi. Bibi m’a dit qu’elle était probablement allée 1000 fois au CHSLD pendant les trois ans que papa y a vécu. Je n’y suis presque pas allée cette dernière année, à cause de la COVID. J’accepte cependant mieux qu’avant, COVID pas COVID, que la vie ait une fin, car papa est véritablement allé au bout de ce que lui offrait la sienne.

J’aurai plusieurs sujets à développer éventuellement, la psychologue et la fin de vie en sont de bons exemples.

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Badouzienne 8

Cela pourrait devenir une immense grappe de raisins.

J’appelle ça me faire rattraper par la réalité : depuis que je ne publie que des fois de temps en temps, je n’ai presque pas d’accès sur mon blogue ! Cinq, sept, douze, aujourd’hui dix-neuf… Comme si la régularité s’était avérée un aspect gagnant de mon projet d’avant.

Je passe beaucoup de temps à corriger, surtout ces derniers jours qui ont été pluvieux. Je suis rendue à la page 86 sur 283 des textes de ma deuxième année. Quand je commence à trouver que ça devient ennuyant, woups !, il se présente un changement de ton, de sujet, d’approche qui vient créer de la vie. Pour l’instant, donc, je m’en sors sans envisager de tout abandonner.

Je m’accorde un mois de correction par année d’écriture. Donc, je voudrais avoir terminé la révision des textes de cette deuxième année avant la fin du présent mois de mai. La première année, je l’ai déjà mentionné, a été corrigée il y a un bon moment. Je vais me permettre des mois de vacances ici et là. Je me vois mal enfiler dix mois de correction de suite pour dix tomes.

Mon cousin va relire à son tour et me proposer des améliorations. Je sais que je n’aurai jamais fini d’affiner, comme je n’ai jamais l’impression d’avoir définitivement terminé une toile. Il m’arrive de m’y remettre des années plus tard. En somme, je pense que l’étape que je traverse actuellement est la pire, celle des retranchements quand le texte est trop relâché, quand l’idée est mal exploitée, quand les enchaînements sont difficiles à saisir. Une fois que le texte sera davantage poli, la relecture me confrontera à une expérience qui sera exempte, du moins je l’espère, de mes maladresses.

Sur le grand format de 3 pieds X 4 pieds qui apparaît ci-dessus, je vais peut-être avoir envie de créer une grappe de raisins géante, aux couleurs étranges, moyennant l’ajout d’autres raisins, plus petits et qui se déclineraient dans d’autres couleurs. En ce moment, les couleurs dominantes sont le gris et le lilas. Je n’ai pas encore décidé si je compte retirer, en les couvrant de noir, deux disques pour obtenir une forme de grappe que l’oeil discernerait plus spontanément. Mais il se pourrait aussi que je ne me dirige pas vers cette nature morte surdimensionnée.

Avec tout ça, je n’ai pas encore abordé le sujet de mes rencontres avec ma psychologue… Chaque chose en son temps, paraît-il.

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Badouzienne 7

Je collectionne les heures dont les chiffres sont identiques en vue d’un montage qui m’occupera un jour.

Je me sens coupable d’écrire des Badouziennes, d’en écrire une actuellement, la septième, alors que vingt centaines de textes attendent que je les corrige. Ça en fait encore d’autres à relire un jour, or l’exercice est exténuant, exigeant, ahurissant. Il y a du contenu qui se sous-entend à chaque ligne, il me semble, en ce sens que n’avoir pas été si pressée, lorsque j’ai écrit ces textes, j’aurais pu accorder trois paragraphes à une idée que je résume en une ligne ! On dirait que je n’ai fait que nommer les sujets que j’aimerais approcher sérieusement un jour, comme autant d’aide-mémoire. Ce jour étant arrivé puisque le défi d’alimenter le blogue est terminé, je me trouve confrontée à toutes ces idées à peine esquissées, que je ne suis quand même pas pour développer en cette étape de relecture, parce que ça n’en finira jamais ! Au secours !

J’essaie de respirer par le nez et d’y aller par petites doses. Je corrige quelques textes, puis je vais remuer la béchamel. Je corrige encore, puis je remplis le lave-vaisselle, de manière à vider l’évier, premier réceptacle de la vaisselle sale. Je corrige et je peins le bord de ma toile, tout en me demandant comment je veux couvrir la surface. Et si j’y allais avec des papiers découpés ? Je fais des tests avec des papiers que je prends la peine de découper comme il faut, des tests qui ne m’inspirent absolument pas. Alors je reviens corriger. J’écris à cousin par Messenger pour me sentir moins seule. Je flatte aussi Mia qui monte sur le bureau et vient quasiment marcher sur mon clavier.

Je me rends compte qu’il est préférable que je supprime les passages qui sont trop brièvement résumés, plutôt que d’entreprendre de leur donner de la densité. Je ne peux pas croire qu’en plus de 2000 textes, certains de ces passages supprimés ne reviendront pas, mieux explicités.

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Badouzienne 6

Je me permets une Badouzienne courte pour exprimer que :

1. je suis fatiguée pour avoir nettoyé les plates-bandes, il me semble que je suis moins résistante à l’effort qu’à pareille date l’an dernier;

2. j’aurais pu écrire trois textes avec le seul contenu de ma Badouzienne 5, je me relis et je m’y retrouve difficilement moi-même;

3. les corrections de mes 2200 textes vont me prendre un temps fou, j’ai déjà consacré quelques heures au tome 2 de mon vaste projet, et je n’ai réglé leur cas qu’à 18 textes, au secours !

4. leur lecture cependant me fait du bien, je retrouve une Lynda guillerette, joyeuse, inventive, au point de me demander si je ne suis pas devenue éteinte, avec les années, en comparaison;

5. certains textes vont trop haut dans le rebondissement enthousiaste, alors je tempère mes ardeurs, je les assagis juste ce qu’il faut;

6. j’en étais à quitter mes corrections d’épreuve lorsque je suis tombée sur un texte qui ne nécessitait presque aucune amélioration; je me rappelle l’avoir écrit, il y a neuf ans, avec facilité, pratiquement d’un seul jet; mon plaisir a été aussi grand à le relire qu’autrefois à l’écrire; c’est peut-être pour ces moments de grâce, peu nombreux, que je m’y remets, jour après jour;

7. j’ai oublié de mentionner que mes Badouziennes ne se veulent pas à parution régulière comme auparavant, j’en écris quand ça me tente, quand les lecteurs me manquent, quand un mini sujet de rien du tout me semble justifier une publication.

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