Hier soir je pensais qu’il s’agissait des Vosgiennes.
– Connais-tu ça, une Vosgienne ?, ai-je demandé à mon mari. Ce serait une esquisse, un instant d’observation, un croquis, quelque chose dans ce sens-là.
– Non, a-t-il répondu.
– Je vais vérifier sur mon téléphone, ai-je dit en tapant le mot de ma recherche. Oh ! J’obtiens une sorte de vache, ai-je constaté, originaire de la région des Vosges, bien entendu. Voyons voir plus bas, des fois qu’il y aurait un autre sens.
Que je n’ai pas trouvé.

Ce matin j’ai réalisé que je cherchais les Gnossiennes, qui sont une invention, tant lexicalement que musicalement, d’Érik Satie. Le mot s’inspire de gnôsis en ancien grec, qui signifie « connaissance ». Il s’agit de pièces pour piano seul dont le rythme est lent, des pièces qui incitent à la méditation, au recueillement. Érik Satie les aurait écrites alors qu’il s’intéressait à une certaine forme de vie mystique. Un musicologue a qualifié les Gnossiennes de danses immobiles. Érik Satie en a composé sept, sur une période de huit ans, attribuant à chacune un simple numéro, Gnossienne 1, 2, 3…

Cela a suffi à me convaincre que j’allais dorénavant désigner mes textes comme étant des Badouziennes. Maintenant que mon compte à rebours est terminé, je ne désire plus intituler mes textes avec le mot Jour accompagné d’une numérotation décroissante. J’ai pensé utiliser le mot Article –assorti d’une numérotation croissante–, comme si j’étais une journaliste, mais cela ne m’inspire pas, d’autant que le mot peut faire penser à un article à vendre sur quelque MarketPlace.

Badouzienne me convient mieux. Ce n’est pas du tout impersonnel, donc c’est très personnel, ça rime avec Gnossienne, c’est féminin, et dans les deux cas, celui des Badouziennes naissantes et des Gnossiennes anciennes, il existe(ra) une suite numérotée. En prime, en arrangeant les choses un peu à ma façon, la Badouzienne a en commun avec la Gnossienne de s’apparenter à une sorte d’observation, un temps d’arrêt, une immobilité dans le temps. C’est ce que je fais quand j’écris, je fixe une pensée, je lui attribue une forme de pérennité.
Je trouve ça parfait.

J’ai modifié un peu l’aspect de mon blogue. Je pourrais le transformer davantage, bien sûr, mais une ergonomie différente m’occasionnera des difficultés de compréhension informatique, ici et là, alors je reporte à plus tard. Je procrastine. Je me dis que ma fille pourrait peut-être m’aider un jour, car quand on étudie l’intelligence artificielle on comprend aisément les principes de la programmation grand public ?

Au moins j’ai retiré mon bandeau décoratif –qui reproduit un extrait d’une toile que Bibi m’a achetée il y a déjà un bon moment. Ce cher bandeau a tenu le coup pendant dix ans ! J’ai choisi de faire apparaître à sa place une image aléatoire offerte par WordPress, sauf lorsque je publierai spécifiquement une photo, comme c’est le cas aujourd’hui avec un extrait de la partition d’une Gnossienne. Le problème, pour le lecteur, sera de savoir si la photo a été mise en ligne de façon volontaire par ma personne, ou si elle accompagne mon texte par le plus pur hasard.

Je remarque enfin que j’ai tendance à vouloir atteindre les 500 mots, c’est devenu un format « confortable », à force de m’y conformer, cela va peut-être changer progressivement.

Publié le par Badouz | 4 commentaires

Jour 1

Je vais essayer de faire ressortir les différences entre la Lynda du Jour 2 200 et celle d’aujourd’hui en ce Jour 1. Il ne me vient que des insignifiances à l’esprit, mais je n’en suis plus à une insignifiance près, alors je ne vais pas me censurer.

Je porte une coupe de cheveux petit page, je dirais. Il s’agit d’un carré avec frange qui a reçu il y a un mois une teinture de couleur blond foncé ou châtain clair. Coupe et teinture m’ont été données par ma coiffeuse de St-Jean-de-Matha, une femme qui m’inspire parce qu’elle a su mener sa barque toute seule quasiment toute sa vie.
Au début de mon blogue, il y a donc dix ans, je portais les cheveux longs au milieu du dos, non teints, donc très parsemés de blanc et de gris. Mes cheveux vaguaient naturellement et cela me plaisait. Je portais les cheveux comme les portait François, donc on peut penser que je suis suiveuse. Il avait en effet les cheveux presque aussi longs que les miens, mais à la fin de sa vie à l’hôpital sa fille lui avait fait une belle coupe courte avec laquelle, donc, il a quitté la vie.
Au bout d’un moment, j’ai fait teindre mes cheveux longs et vagués par une amie de Thrissa, c’était l’été, à Montréal, et l’épisode de teinture a eu lieu sur la galerie arrière, côté jardin, de notre logement de l’Avenue Wilson. Quand j’étais arrivée au travail avec les cheveux ainsi teints, une collègue m’avait dit que je venais de rajeunir de vingt ans.
Puis j’ai fait couper ma belle tignasse par une coiffeuse de la rue Monkland, qui avait travaillé fort, plus d’une heure, afin que je ressorte du salon avec une coupe à la mode que je n’aimais pas, malheureusement, une coupe déstructurée comme on dit, en ce sens que les cheveux étaient plus longs d’un côté que de l’autre. À ce moment-là ils étaient teints en blond, et ce blond devenait jaune au soleil en été.
J’avais rencontré une personne que je n’avais pas vue depuis très longtemps, à cette époque, à un festival de musique traditionnelle, Mémoire et racines. Je n’en étais pas revenue qu’elle me reconnaisse tellement je me sentais transformée par ma coupe déstructurée. Elle ne comprenait pas que je sois si surprise d’être reconnue et me trouvait très semblable à la Lynda à peine adulte qu’elle avait fréquentée jadis.
Je ne sais pas quand est-ce que je suis revenue à ma valeur sûre, soit un tour d’oreilles, une nuque très courte, et une longue mèche tombant sur le côté droit de mon visage. Je portais cette coupe lorsque j’ai fait la connaissance de Denauzier.
Mais il m’a semblé qu’en vieillissant ma belle mèche perdait en abondance et en épaisseur et qu’elle se mettait à ressembler de plus en plus à une crêpe. Ma stratégie a alors été non pas de tout couper, mais de tout faire allonger, et c’est ainsi que je me suis orientée vers la formule petit page.
C’est aussi à cette période-là que je me suis mise à me rendre régulièrement, soit une fois par semaine, à Rawdon avec ma tante pour faire l’épicerie et toutes sortes de courses, dont des vêtements, des plantes et du thé, et nous nous sommes mises à fréquenter un salon de coiffure dont la coiffeuse se prénommait Emmanuelle. Nous allions aussi au restaurant pour dîner, pas toujours le même. Emmanuelle me teignait, elle aussi, les cheveux trop blonds, mais je ne m’en rendais pas compte, ou plutôt si, je m’en rendais compte, mais ça ne me dérangeait pas.
Puis tantine est devenue trop malade pour pouvoir se déplacer, et c’est le lieu de la coiffure qui s’en est trouvé déplacé car j’ai découvert une bonne coiffeuse dans mon village, où je vais parfois à pied, parfois aussi avec chouchou.

Je viens d’accumuler 640 mots autour de mes cheveux seulement ! Je vais devoir poursuivre, une autre fois, avec un texte qui ne s’intitulera pas Jour 0, qui va s’intituler autrement, je ne sais pas encore comment…

Félicitations Lynda, quoi qu’il en soit, tu as su réussir ton défi, contre vents et marées.

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Jour 2

Le point saillant de ce mercredi 14 avril 2021 a été le 50e parallèle. Quand on roule sur la route 138 en direction de Sept-Îles, comme on le faisait hier, on rencontre une pancarte qui annonce le 50e parallèle.
– Est-ce qu’on vient de quitter le 49e ?, ai-je immédiatement demandé à Denauzier.
– Je ne sais pas, a-t-il répondu.
D’après ce que je comprends, on venait de le quitter, en ce sens que sur les cartes que j’ai par la suite consultées, sur Wikipédia, la numérotation des parallèles augmente au fur et à mesure qu’on se dirige vers le pôle nord, vers l’Arctique. Autrement dit, nous roulions, avant de rencontrer cette pancarte, dans le 49e parallèle et, pour ma part, je ne le savais pas. 
– Quand on va faire le chemin inverse, ai-je aussi demandé à mari, penses-tu qu’une pancarte va indiquer qu’on quitte le 50e ?
– J’imagine…, a-t-il répondu.

Or, il n’en est rien. Quand on a entamé la route en début d’après-midi pour quitter Sept-Îles et nous rendre où nous sommes en ce moment, c’est-à-dire en file pour prendre le traversier Godbout-Matane –d’où il ressort que j’écris dans le camion– j’ai porté attention aux pancartes dans les deux sens de la route, le sens qui nous a vu rouler hier, et celui où on roulait aujourd’hui.
Décidément, cette phrase est trop longue.
Il faut comprendre que nous avons quitté Sept-Îles aujourd’hui après y être tout juste arrivés hier, et que pour ce faire nous avons roulé aujourd’hui en sens inverse à celui d’hier. Parce qu’il n’y a qu’une route. Roulant ainsi en direction de Godbout, en ayant Sept-Îles derrière nous, je tournais la tête pour lire le recto des pancartes, à ma gauche, dont je n’apercevais que le verso.
– Qu’est-ce que tu as à tout le temps tourner la tête ?, s’est inquiété mon mari. J’ai peur que tu attrapes un torticolis.
– Je commence déjà à avoir mal au coeur. Je ne veux pas rater la pancarte qu’on a vue hier qui annonce le 50e  parallèle, ai-je expliqué. Je surveille des deux côtés, des fois qu’il n’y en aurait pas de ce côté-ci.

On a roulé encore un peu et à la hauteur peut-être de Port-Cartier, je me suis tournée pour lire, plutôt machinalement et sans grand espoir, le recto d’une pancarte, et cette pancarte était en plein, et miraculeusement, celle que je cherchais. Aucune ne lui faisait contrepoids dans le sens où nous roulions. La pancarte contrepoids aurait pu servir à annoncer, comme je l’ai suggéré, qu’on quittait le 50e, ou qu’on entrait dans le 49e.
– À quoi ça te sert de revoir cette pancarte ?, a demandé mon mari.
– À nous arrêter pour la photographier !, me suis-je exclamée, faisant ainsi savoir à mon mari qu’il fallait maintenant trouver un moyen de revenir sur nos pas.

Le territoire de la Côte-Nord mise sur ce 50e, d’ailleurs, pour faire de la publicité quant aux activités nordiques, et une compagnie a aussi été créée qui porte ce nom et qui fait de la location de bicyclettes. J’ai lu aussi qu’un Québécois, Kevin Martel, grand sportif, a décidé de traverser le Canada sans quitter ce 50e, se confrontant par conséquent à de la randonnée dans des secteurs sauvages, pleins de moustiques en été, sans sentiers, sans services. Un remake de Into the Wild, en quelque sorte.

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Jour 3

J’avais fait cela une fois, quand j’étudiais à Aix, dont les habitants sont des Aixois. J’avais écrit un texte farci du son « oi », à mon cours d’écriture sur table –pupitres de bois. Or aujourd’hui, nous dirons trente-cinq ans plus tard, je m’attelle à ce jour Trois depuis ma chambre d’hôtel à Sept-Îles. Je vais tenter une répétition de l’événement. Je pourrais opter pour le son ien, tiens, car le gentilé pour Sept-Îles est Septilien, à ne pas confondre avec reptilien. Mais je vais tenter d’honorer l’exercice d’autrefois, en ayant la foi, en m’extirpant avant même qu’il ne se manifeste, d’un sentiment de vive angoisse.

Wajdi Mouawad. Est-ce mon oreille qui fait de moi une proie, ou entend-on bel et bien trois fois le son oi, une fois dans le prénom, deux fois dans le nom ?

Le poisson ! Il y en a plein dans ma ville d’accueil, comme en atteste le nombre de poissonneries qui ont croisé ma route, ou plutôt ma voie, celle que j’ai suivie sur le port, en louvoyant entre les obstacles qui sont autant d’outils qu’on déploie quand on occupe l’emploi de pêcheur. Des nasses, par exemple. J’ai été traversée d’un vif émoi, quand j’en ai découvert la grosseur. L’émoi, on le sait, cause souvent la moiteur, qu’il est possible d’essuyer avec des tampons de ouate. What ? Water. Mon texte serait plus facile à écrire en anglais ! Pas en finois, suédois, hongrois, chinois, autant de langues que je ne maîtrise pas.

Jusqu’ici, je ne réussis que très moyennement mon défi, je le constate avec effroi, ç’avait été si facile à l’époque, comme quoi la vie nous porte sans qu’on soit à même d’y changer quoi que ce soit.

Soi. Une chambre à soi. Aux murs couverts de panneaux de soie qui gonflent sous l’effet d’un vent oisif, transportant avec lui des relents de moisi causés par un hiver trop long. Cette chambre sous les toits, en effet, n’est occupée qu’à la belle saison, la saison des pois de senteur qu’exhalent certaines marques d’empois. Je découvrirais dans le plus grand désarroi, non sans me positionner de guingois, qu’on vaporise la soie d’empois. Même pour un roi, ça ne se fait pas !

Le fou du roi était aux abois, paraît-il, lors d’un convoi organisé par soif de vengeance on ne sait même plus pourquoi. Qui en voulait à qui ? Fouillez-moi !, aurait répondu ledit fou en outrepassant les lois langagières royales de la cour du roi François Trois de Troie.

Et moi ?, me demandent mes lecteurs broyés de stupeur. Une stupeur poisseuse. Pouah ! Ça sert à quoi de s’intéresser à mes exploits, s’il faut que je ne les évoque pas plus que ça ? À Tadoussac, à Sept-Îles ? Moi ? Ça ploie comme de la plume d’oie, comme ça se peut pas, ça soudoie comme une courroie, ça coudoie avec doigté, ça nettoie en toisant du regard, ça se noie en vêtements noirs et bouffants, ça vouvoie malgré les noyades substantielles, ça rudoie sans faire le poids, ça s’apitoie sous la toiture permise, ça guerroie de manière foudroyante.

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Jour 4

Si je veux réussir ma grande finale, je dois m’organiser en conséquence et écrire cette semaine, pendant notre escapade, mes quatre textes restants. La grande finale est une idée de ma fille, qui profite de mille occasions pour créer des événements dégustatifs, voire gastronomiques. Si je reviens à la maison, disons samedi prochain, et que mon Jour 1 est écrit, elle aura acheté des pétoncles, de quoi préparer une fondue au chocolat, une bouteille de mousseux, et nous célébrerons à trois, avec Denauzier. Et même à quatre, avec Mia. Je ne sais pas de quelle manière elle désire préparer les pétoncles, j’en ai très rarement mangé dans ma vie, peut-être simplement sautés au beurre ? Nous célébrerons et notre retour de la Côte-Nord –ici je mets la charrue devant les boeufs car notre escapade vient à peine de commencer– et la fin du défi du blogue qui aura duré dix ans.

Pour l’instant, nous sommes mon mari et moi dans le village de Tadoussac, sous un ciel gris, par un temps venteux. Le village bien entendu, en cette période non estivale, dans le contexte de la Covid, et par un temps pareil, est parfaitement désert. Notre chambre, comme je l’avais annoncé dans un texte précédent, est modeste mais néanmoins pourvue d’une petite table sur laquelle nous travaillons en ce moment tous les deux devant notre ordinateur respectif, mon mari pour le suivi de ses affaires professionnelles, et moi pour faire en sorte qu’un texte supplémentaire réside dans la catégorie des « écrits » et non des « à écrire ».

Ce matin, je lisais le Devoir sur mon téléphone, confortablement installée sur le canapé, sirotant mon café, lorsque mon mari m’a fait savoir que je pourrais toujours lire mon journal dans le camion pendant qu’il conduirait.
– Dommage, ai-je pensé, car mon article était intéressant qui portait sur les vaccins.
Je savais que je ne lirais pas dans le véhicule car cela me donne mal au coeur. J’ai tenté de me dépêcher et nous avons quitté la maison aux alentours de 11 heures. Nous sommes arrivés à notre chambre aux environs de 18 heures, en incluant le temps d’attente du traversier, et le temps de faire quelques courses à Québec et à Portneuf.

L’article que je lisais ce matin expliquait que la lenteur de la France dans la course aux vaccins aurait pour origine une malsaine compétition entre deux chercheurs dont aucun n’aurait voulu céder. L’orgueil. D’autres articles que j’ai lus suggèrent aussi que la mauvaise réputation de l’AstraZeneca pourrait être associée à l’origine suédo-britannique de ce vaccin, en ce sens que les Européens ne digèrent pas que l’Angleterre se soit retirée de l’Union européenne. La vengeance, la rancoeur, le règlement de compte. J’ai lu enfin que des chercheurs chinois haut placés ont laissé entendre que les vaccins fabriqués dans leur pays seraient assez peu efficaces, à disons seulement 50%. L’appât du gain. Ces lectures m’aident à préciser le sentiment qui m’habite par rapport à la vaccination : elle va peut-être aider à résorber l’ampleur de la pandémie, à cet égard je me suis fait vacciner pour participer à l’effort collectif, mais elle ne produira pas de miracles. Le miracle, s’il devait y en avoir un, serait que les hommes soient solidaires et égaux au service d’une cause commune.

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Jour 5

Avons-nous trop de sel dans notre garde-manger ?
Bien sûr que oui, comme en atteste ma photo prise récemment, lors d’une vérification d’inventaire annuelle et printanière.
– Ça se conserve, diront certains.
– Disons qu’on pourrait quand même en donner, répliqueraient d’autres, ne serait-ce que pour ménager de l’espace sur nos tablettes.
Emmanuelle, par exemple, qui est à côté de moi en ce moment et qui fait un casse-tête, pourrait repartir avec un des quatre grands contenants.
Françoise, une amie, m’a donné jadis une recette qui requiert beaucoup de sel, du
Gros sel, cependant, qu’on mélange à du blanc d’oeuf préalablement battu pour en faire une croûte dans laquelle on fait cuire un poisson entier, du saumon
Habituellement. C’est délicieux. On garnit l’intérieur du saumon avec ce qu’on veut, des tranches de citron, des fines herbes, il m’est même arrivé d’y mettre du gingembre et de l’ail.
Il faut compter dix minutes par pouce d’épaisseur du poisson, dans sa partie la plus épaisse, pour la cuisson au four.
J’en ai déjà fait pour une fête d’amis, c’était chez Nicoletta, il y a longtemps, j’habitais encore avec Jacques-Yvan. J’étais arrivée avec ce poisson en croûte. Moi qui n’ai jamais ou presque confectionné de gâteaux d’anniversaire, je peux quand même arriver chez des amis avec un plat impressionnant. J’avais éclipsé les préparations culinaires des autres, alors que d’habitude je me comporte de manière profil bas lors de ces réunions de formule auberge espagnole.
Kalas, c’est la marque du sel. C’est en constatant que telle était la marque du sel acheté en lot de trois au Costco que j’ai eu l’idée de me prêter aujourd’hui à une déclinaison alphabétique, car cela réglait son cas à la lettre K qui est difficile à associer à un mot courant dans notre langue française. Je me rabats habituellement sur les kiwis, les kakis, plus rarement les képis, quoique mon mot préféré ici soit le kaléidoscope. Ce sera aussi ma dernière déclinaison alphabétique, me suis-je dit, puisqu’il ne me reste que quatre textes avant la fin de mon entreprise titanesque.
La difficulté que je vais rencontrer cependant, la semaine prochaine, qui devrait être celle de l’écriture des derniers textes, c’est que je serai sur la route en direction de Sept-Îles où j’accompagne mon mari qui a là-bas des contrats à négocier pour son travail. À
Mon avis, je vais prendre une pause et sauter une semaine, plutôt que de traîner mon ordinateur et de m’installer le soir dans notre chambre d’hôtel sur le dessus d’une commode advenant que
Notre modeste chambre, car elle le sera, ne contienne pas même de table.
On verra, dans le temps comme dans le temps, si j’apporte ou non mon ami Fujitsu.
Puisque j’ai jusqu’à la fin avril, en principe, pour terminer mon exercice, il n’y a encore rien qui presse à ce point-là.
Quoique. Avoir été plus à mon affaire, je me serais arrangée pour avoir déjà terminé avant notre départ.
Rien ne sert de m’en vouloir et d’exprimer des regrets, cela dit.
Sept-Îles, notre destination, pour rappel de mémoire.
Tous mes lecteurs sauront attendre mon retour, en ce sens que je n’écris rien qui soit essentiel à la vie de quiconque.
Une fois n’est pas coutume. Alors
Voici que je me permets une déclinaison non exhaustive. Je saute les W et X.
Y a-t-il un mal à cela ?
Zéro mal. Tout est bien qui finit bien.

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Jour 6

Je vais mieux aujourd’hui, au surlendemain de ma vaccination. Par précaution, je suis allée voir ma pharmacienne et je lui ai demandé si je devais augmenter ma dose de Coumadin, pour être certaine de ne pas avoir de thrombose, étant donné que j’ai reçu l’AstraZeneca. Elle m’a rassurée en deux phrases de peu de mots, en ce sens qu’il a suffi qu’elle intervienne minimalement pour me rassurer puisque je ne suis pas vraiment inquiète. Comme je me contente rarement d’une exagération modeste, je lui ai aussi demandé s’il était préférable que je consomme dorénavant plus de vin, qui dilue le sang !

J’ai fait au moins une erreur dans mes textes d’hier, je m’en suis rendu compte après coup. Les chauffeurs de taxi sont souvent d’origine haïtienne, alors que j’ai écrit avoir croisé à Montréal des hommes originaires du continent africain. Mais il suffirait d’approfondir un peu le sujet pour découvrir qu’il y a peut-être du vrai dans ce que j’ai écrit.

Notre retour en voiture à la campagne, Emmanuelle était avec moi, a été sportif. D’une part, je commençais à ressentir les effets du vaccin, du soleil, de la marche excessive et de la mauvaise alimentation. D’autre part, il commençait à faire sombre, cela rend la conduite plus difficile, et il s’est produit deux événements troublants.

Le premier a eu lieu sur l’autoroute 440 et a consisté en la perte, sur la voiture qui était devant la mienne, d’un gros morceau de métal qui a fait des flammèches en rebondissant et en se frottant sur l’asphalte de l’autoroute. La voiture a aussitôt tenté de changer de voie pour se rendre sur l’accotement, et j’ai quant à moi tenté de ne pas dévier de la mienne. J’imagine que le conducteur aura voulu s’accorder un répit de quelques minutes pour se remettre de ses émotions, s’il ne s’est agi que de la perte du silencieux, par exemple. S’il s’est agi de la perte d’une roue, c’est une autre histoire, mais il me semble qu’on l’aurait vu rouler sur la chaussée. Il faut dire que tout se passe très vite dans ce type d’histoire.

Plus loin sur notre trajet, nous étions alors entre Ste-Julienne et Rawdon, nous avons écrasé un animal. Il est apparu subitement sur la chaussée, en plein milieu de celle-ci, immobile et nous montrant son arrière-train. La surprise et le choc d’avoir causé la mort m’ont fait tousser au point de m’étouffer.
– Ça va, maman ?, m’a demandé ma fille.
– Très bien, ai-je répondu d’une voix complètement éteinte.
Le décès est-il celui d’un chat, d’un chiot ? Je peux seulement dire que la bête nous est apparue complètement noire et à poils longs.

Cet incident a fait en sorte que j’ai raté l’embranchement pour Rawdon et que j’ai commencé à ne plus reconnaître le paysage, les commerces, bref le décor que j’entrevoyais dans la pénombre.
– Je pense qu’on a passé tout droit, ai-je dit à ma fille d’une voix qui se ressaisissait tranquillement.
Elle a vérifié sur son téléphone en consultant le GPS, m’a confirmé qu’on roulait dans la mauvaise direction, j’ai corrigé le tir en tournant à la première occasion pour rouler en sens inverse. Cet incident cependant nous a fait emprunter une route que je ne connaissais pas et dont je ne pouvais anticiper les nombreuses courbes.

J’étais encore plus fatiguée, on le devine, quand nous sommes enfin arrivées à la maison, aux environs de 21 heures.

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