Intermède

Juste un petit restant d’information à propos de mes gelées de raisins.
Celles que j’ai faites hier sont parfaitement réussies.
Celles qui résidaient dans des petits pots italiens et qui avaient une consistance semblable à celle des huîtres, justement, ont reçu un traitement spécial : étant donné qu’il y avait dans mon frigo un dernier pot de gelée bien ferme datant de mes premières expériences, j’ai mélangé cette gelée bien ferme à mes gelées huîtres. Pour ce faire, j’ai tout foutu dans une casserole, j’ai laissé fondre le tout en remuant régulièrement, j’ai pensé à ma mère qui ne remuait pas tout le temps la préparation de Jell-O comme il aurait fallu, puis quand j’ai senti que c’était suffisant, j’ai remis le liquide dans les pots et j’ai fait réfrigérer la patente. Résultat : tadam ! Toutes mes gelées sont réussies. Je vais en apporter à mon amie de l’Île-Perrot, aujourd’hui, et à mon amie de Pincourt, demain.
Je suis fière de moi.

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Jour 325

Huîtres

Nous n’avons pas eu l’occasion de couvrir un plateau, tel que ci-dessus, pour obtenir une belle présentation : nous les mangions au fur et à mesure. L’ami ayant oublié le citron, et moi n’en ayant pas, nous avons mangé les huîtres nature, la meilleure manière selon moi.

Ce que j’aime, lorsque mes amis viennent à la maison, celui qui apporte des huîtres et celle qui m’apporte, comme elle le dit, des fringues, c’est qu’ils sont très à l’aise, en ce sens qu’ils fouillent quand ils ne trouvent pas quelque chose dans les armoires, ils ne me demandent pas la permission de ceci, cela, ils sont chez eux, quoi ! Ils ont dû remarquer que je ne sais pas plus qu’eux où se trouvent tel ustensile ou telle casserole qu’ils me réclamaient autrefois, quand ils me connaissaient moins !
Nous avons donc mangé des huîtres, mais comme Denauzier n’était pas là pour me les ouvrir, et comme je ne voulais pas que notre fournisseur en mange plus que moi, parce que je suis gloutonne, il a fallu que je travaille fort pour ouvrir les miennes.
– Je ne connais pas beaucoup de femmes qui savent ouvrir les huîtres, m’a dit l’ami. Ni qui peuvent en manger autant que tu en manges.
– Je dirais que c’est parce que tu compares avec des gens de notre génération.
– Je ne pense pas… a répondu l’ami, qui s’est mis à énumérer ses connaissances plus jeunes, pour arriver au constat que ces personnes plus jeunes n’ouvrent et ne mangent pas vraiment d’huîtres.
– Dans la famille du père de ma fille, ai-je commencé, en essayant de me concentrer pour raconter mon histoire tout en continuant de manier le couteau sans me blesser, on sert des huîtres aux repas de Noël et de fin d’année.
– Alors tu vidais les plateaux dans ta belle-famille !, s’est exclamé l’ami.
J’ai fait la sourde oreille pour ne pas me laisser déconcentrer.
– On demandait aux enfants d’en goûter au moins une, année après année. Je me rappelle, une année, de la petite blondinette qui avait hésité de longues minutes avant de se décider à aspirer la substance. Quand elle s’était décidée, elle s’était fermé les yeux et n’avait pas respiré jusqu’à ce que la substance gélatineuse soit avalée ! Elle était mignonne. Elle s’était prêtée au jeu.
– Et ta fille, a demandé la compagne de l’ami.
– Maintenant, ma fille et cette blondinette en mangent volontiers.
Je me suis entendu répondre, sans être certaine de dire la vérité. Ma fille aime-t-elle les huîtres tant que ça ? Il va falloir que je le lui demande !
– Les sœurs du père de ma fille aiment les huîtres, ai-je poursuivi avec plus d’assurance parce que je les ai vues en manger à plusieurs occasions.
– Elles pourraient en manger autant que tu en manges ?, a demandé l’ami.
– Non, mais ce n’est peut-être pas tant parce qu’elles les aiment moins, que parce qu’elles ont reçu une meilleure éducation, étant jeunes !
Toujours est-il que nous avons mangé plus de cinquante huîtres, à deux. L’amie de mon ami ne les aime pas. Mais avec mes longues histoires de comment ça se passait aux fêtes de fin d’année dans ma belle-famille d’autrefois, je suis certaine que l’ami fournisseur en a mangé plus que moi parce qu’il ne parlait pas !

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Jour 326

PetitsPots

Sept petits pots dans le réfrigérateur (sur fond de Sambal oelek !)

Le point quant à mes gelées. Lecteurs, je vous assure qu’après je n’aborde plus le sujet.
Le jus est légèrement solidifié ce matin, après une nuit de réfrigération. J’ai obtenu une gelée molle, qu’il sera préférable de sortir du pot à la cuiller qu’au couteau. J’ai obtenu une gelée inégale, plutôt solidifiée dans certains pots, plutôt molle dans d’autres. Ça veut dire que je n’ai pas assez remué le mélange avant de mettre en pots. Ça veut dire, aussi, que de la gélatine, il faut en mettre en titi, ou alors que les granules, conservées longtemps dans un petit sac, dans mon garde-manger, auraient perdu de leur fraîcheur, ou de leur pouvoir gélifiant. Ça m’étonnerait. Ou que j’aurais trop fait chauffer la gélatine au micro-ondes, ça m’étonnerait aussi, ou que j’aurais fait bouillir la gélatine une fois mélangée au jus et ça aussi, enfin, ça m’étonnerait.
Mystère et boule de gomme.
J’ai écrit hier, en tournant les coins ronds, que j’avais « suivi » la recette d’utilisation de la gélatine. J’en ai respecté les étapes –faire gonfler et chauffer légèrement avant de verser dans le jus–, mais je n’ai pas mesuré les quantités ! Je ne me suis pas demandé combien je pouvais avoir de tasses de jus dans la casserole, et combien il faut de gélatine par tasse. La raison de cette omission est fort simple, c’est que ma recette ne le dit pas. D’où il ressort qu’il y a des manques importants dans ma recette. Et que j’aurais pu essayer de trouver l’information ailleurs sur Internet…
Autrement dit, et que j’arrange ça n’importe comment, j’ai trouvé le moyen de faire les choses à peu près, et je ne dois pas m’étonner d’obtenir un résultat à peu près.
Ce matin cependant, parallèlement à l’écriture de ce texte, écriture interrompue par l’arrosage des plantes, et par la courte visite de notre ami fournisseur d’huîtres, je m’y suis prise comme il faut. J’ai bien délayé la gélatine dans une grande tasse pouvant contenir suffisamment d’eau. Je l’ai fait réchauffer au micro-ondes seulement 33 secondes, puis je l’ai versée dans le jus en remuant pendant un bon moment. Je me suis rappelé que maman, quand j’étais petite, ne remuait pas tout le temps suffisamment le Jell-O aux fraises qu’elle préparait pour nous, les enfants, et qu’il n’était pas nécessaire de reproduire la même erreur.
Analepse : avant de me lancer dans la mise en pots de mes gelées format cadeau, hier, je suis allée acheter, comme on le voit sur la photo ci-dessus, sept petits pots –fabriqués en Italie, ça rend leur utilisation plus inspirante que fabriqués en Chine. J’en aurais acheté davantage, parce que je suis excessive et qu’il reste, comme on peut le lire au paragraphe précédent, toute une casserole de jus à mettre en pots, mais il n’y en avait pas plus dans le magasin.
Prolepse : je vais finir ce texte, ne pas tenir compte que tout est collant dans la cuisine, le comptoir, les casseroles, l’évier, la plaque de vitrocéramique, etc. Et aller dehors ramasser des feuilles, planter des vivaces que m’a (encore) données ma cousine. Et laisser gélifier bien comme il faut mes quatre pots supplémentaires de jus, de format moyen.
Fin de l’expérience, qui s’est mine de rien répartie sur plusieurs jours.
P.S. : demain, il me faudra trouver un autre filon thématique à explorer…

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Jour 327

Je pensais en avoir fini des raisins, du nectar, du jus, de la gelée. Je considérais, au sens propre comme au sens figuré, que j’avais tiré tout le jus que je pouvais tirer de ce filon. Eh bien non !
Je dois dire d’entrée de jeu que Denauzier est parti très tôt ce matin avec deux pots de gelée, un pour ses amis chasseurs, un pour son fils.
Me sachant seule, les amis de droite ont proposé de s’amener souper en compagnie d’une boîte d’huîtres Malpèque. Ça ne se refuse pas. Sachant qu’ils arriveraient autour de 17:00, je me suis empressée de faire du ménage en après-midi, même si le beau soleil me donnait envie d’aller jouer dehors. À travers le ménage, j’ai fait réduire encore d’autres raisins. Quand est arrivée l’étape de l’ajout de la gélatine, je suis allée chercher la feuille fraîchement imprimée sur laquelle sont décrites les étapes d’utilisation : comme je l’ai écrit hier, il s’agit de mélanger la gélatine avec de l’eau froide, puis de réchauffer le mélange obtenu au micro-ondes puis de l’ajouter au mélange chaud de jus dans la casserole. J’ai fait tout ça, sans une once d’inquiétude, forte de mettre en pratique une recette moult fois éprouvée. Nenni. Le jus est demeuré jus. Ça fait plus de quatre heures que mes pots sont au frigo et leur contenu n’est pas passé de l’état liquide à l’état solide. Je vais en être quitte pour boire ces jus bourrés de gélatine –car il me semble en avoir versé beaucoup. Je n’oserai pas les offrir en cadeaux, c’est certain.
Les amis qui ont apporté des huîtres sont pour leur part repartis avec un pot de nectar et un pot de jus.
Cette expérience qui se solde par un échec ne me surprend pas tellement. Je fonctionne mieux, il me semble, quand je tâtonne dans le noir, sans lignes directrices, quand je me casse la tête, quand je m’inquiète, quand je ne suis pas sûre de moi, quand je tente le tout pour le tout et advienne que pourra. Quand je prends des risques, en fin de compte. Quand je n’en prends pas, quand je ne fais qu’appliquer une méthode en en respectant les étapes, j’obtiens des résultats décevants.
Certaines de mes amies ne serviront jamais une recette à des invités si elles ne l’essaient pas d’abord. En ce qui me concerne, c’est le contraire : si je veux m’assurer de ne pas rater une nouvelle recette, le meilleur moyen consiste à ne pas l’essayer au préalable. Je la fais et je la sers aux invités. De toute façon, je ne suis pas capable de faire deux fois la même recette de manière identique. Je change tout le temps quelque chose, j’y vais de tel ajout, de telle substitution. Cela me fait penser à mon mari. Quand on reçoit ses enfants, il choisit souvent de préparer des cuisses de poulet BBQ, d’après une recette de sa mère. Or, les cuisses s’avèrent soit très piquantes, soit trop sucrées, soit presque surettes quand il force sur la lime, en remplacement du citron…

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Jour 328

gélatineLynda

Ingrédients : araignées, insectes, petits vers, limaces, chenilles, fientes d’oiseaux, poils de mulots car nous en voyons courir sur la vigne à l’occasion, le soir quand nous écoutons la télévision. J’oubliais presque : raisins rincés à l’eau.

Même en saupoudrant n’importe comment la gélatine, sans calculer la quantité, sans d’abord la faire gonfler, sans aucune expérience en la matière, j’ai réussi une gelée superbement délicieuse ! Le problème, maintenant, est celui de la grosseur des pots Masson. Il aurait fallu que j’utilise des petits pots, c’est plus joli, plus fantaisie, pour offrir en cadeaux. Je n’ai que quatre pots en ce moment, en incluant celui ci-contre entamé.
Je vais offrir de la gelée à notre voisin de droite, à celui de gauche, à mon beau-frère évidemment qui m’a orientée vers l’idée de la gelée. Cela fait déjà trois personnes.
Comme mon beau-frère n’a pas la dent sucrée, c’est Bibi qui va toute la manger, quoique cette gelée ne soit pas sucrée mais très surette. Je vais en donner aussi à mon mari qui part à la chasse demain et sera absent pendant une semaine. Ils seront trois chasseurs à se la partager le matin, sur du pain grillé couvert de beurre fondu. Je vais en offrir à ma cousine, celle qui me donne tant de plants de vivaces en été. Et un peu à tantine. Et à mes frères. Je ne peux pas en offrir à chouchou qui est trop loin. J’aimerais en offrir à mes deux copines que j’irai visiter pendant le long week-end de l’Action-de-Grâces. Etc.

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