Jour 1 253

Au récital se trouvait Jacques-Yvan. Nous avons échangé quelques phrases à propos du Schubert qu’interprétait Emma. Je lui ai demandé s’il ne trouvait pas, comme moi, que le pianiste jouait fort au point d’étouffer la flûte. Il ne trouvait pas. Nous avons aussi échangé quelques mots à propos de la température et des lacs qui, pour les vacances de Noël cette année, ne seront pas gelés. Pas de patins ou de parties de hockey en perspective. Au détour d’un regard qu’il a posé sur moi en parlant toujours de l’hiver très doux, je me suis demandé pourquoi est-ce que le dimanche soir quand nous quittions le chalet de la Pointe-aux-Anglais pour rentrer à Montréal, les enfants assis derrière dans la fourgonnette, nous n’écoutions pas Echoes de Pink Floyd pour faire de notre trajet un moment de ralliement planant et non un déplacement obligé qui nous ramenait vers nos tracas urbains. Bizarre qu’on n’y ait pas pensé. J’attribue en partie à l’épuisement, en tout cas le mien, et au manque de temps, l’échec de notre vie commune. N’avoir pas travaillé et m’être occupée des tâches ménagères, je ne sais pas si notre couple et notre famille recomposée, cependant, auraient tenu le coup. Il aurait fallu que je découvre aussi les arts plastiques pour m’équilibrer. Et que j’écrive sur une base régulière.
L’été prochain, Denauzier et moi aimerions entretenir un jardin. Tout est à faire pour y arriver : enlever la couche de gazon qui couvre actuellement l’emplacement prévu, faire livrer de la terre, l’étendre, l’enrichir avec du fumier, tracer les rangs où semer, désherber quand ça commencera à pousser, récolter, cuisiner les légumes obtenus, etc. Ça nous fera un été chargé. Je peux l’affirmer sans me tromper parce qu’actuellement, l’entretien de la maison, la préparation des repas, l’écriture du blogue, la réalisation de quelques toiles, les déplacements pour les courses, les rencontres familiales et amicales m’occupent amplement. Là où je pourrais gruger pour trouver plus de temps, ce serait sur mes grasses matinées et je ne m’en sens pas capable. Du moins pas pour l’instant.

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Jour 1 254

Lundi soir le 21 décembre à 19 heures, Emma jouait de la flûte accompagnée au piano, en examen de fin de session au cégep St-Laurent. Comme nous avons été occupés, Denauzier et moi, à préparer des tourtières pour le repas de Noël, en utilisant de l’orignal fraîchement rapporté de la chasse, nous sommes partis sur les chapeaux de roue pour Montréal en fin d’après-midi. Il neigeait à St-Jean-de-Matha pour la première fois de l’hiver, mais c’est un peu normal qu’il en ait été ainsi parce qu’hier était justement le premier jour de l’hiver, la journée la plus courte de l’année –et donc les jours rallongent à partir d’aujourd’hui. Nous ne sommes pas arrivés en retard, malgré mes craintes, nous avons même eu le temps de manger des clémentines dans la voiture, dans la cour du cégep, parce que nous étions un peu en avance. Quand nous sommes entrés dans la salle où avait lieu le récital, j’étais tellement nerveuse que je n’étais pas capable de me concentrer. À l’amie d’Emma qui est venue se joindre à nous, j’ai posé toutes sortes de questions idiotes, mais c’était plus fort que moi, il fallait que je les pose.
– Est-ce qu’Emma va bien ?, me suis-je empressée de lui demander.
– Aussi bien que la semaine dernière, fut la réponse de l’amie, qui me rappelait ainsi qu’effectivement nous étions ensemble toutes les trois pas plus tard que la semaine dernière.
– Est-ce que sa santé tient le coup ?, fut ma deuxième question.
– À ma connaissance oui, fut la réponse. Emma nous a préparé un excellent Pad Thai samedi dernier, toutes les filles ont adoré.
L’amie faisait référence à un repas qui réunissait les animatrices de leur groupe scout à toutes deux. Je n’ai pas su quel était le lien entre ma question sur la santé de ma fille et la réponse sur la préparation d’un repas, mais dans l’état où j’étais, je trouvais presque normal qu’il n’y ait pas de lien entre les phrases.
– Sais-tu si elle se sent nerveuse ?, fut la troisième question de la maman.
– Cet après-midi elle a pratiqué et m’a dit que si elle jouait aussi bien ce soir, ce serait parfait !
– J’espère qu’elle n’a pas trop pratiqué !, me suis-je exclamée, me rappelant qu’un ami du conservatoire, autrefois il y a tant d’années maintenant, avait raté son examen de concours parce qu’il avait pratiqué huit heures dans sa journée, et s’était retrouvé épuisé sur scène en soirée devant les juges.
– Elle n’a pas pratiqué tant que ça cet après-midi, fut la réponse de l’amie, mais je crois savoir qu’elle a aussi pratiqué ce matin…
Sur ce, arrive notre Emma, joliment et originalement vêtue, haute sur ses talons dans ses chaussures de concert. Je l’ai enlacée et trouvée fort à l’aise, semblant beaucoup moins nerveuse que moi et en pleine possession de ses moyens.
Emma était la dernière étudiante à jouer devant les juges, parce que l’ordre d’apparition était basé sur l’année : les premières années du D.E.C., les deuxièmes années, puis chouchou, la seule en troisième année parce qu’elle est la seule en double D.E.C.
Quand tout fut terminé, Emma est venue nous voir et nous a dit qu’elle ne s’était pas sentie nerveuse.
– Je ne sais pas si cela m’a servie, ou desservie, a-t-elle ajouté. Mais je pense que j’ai bien joué !

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Jour 1 255

Pyramide inversée, le foulard de tantine apparaît, sous la plante, en bas, à droite.

Pyramide inversée. Le foulard de tantine apparaît, sous la plante, en bas, à droite.

Plusieurs petites choses en ce jour 1 255.
1-) D’abord, j’ai calculé hier que si j’écris un texte par jour d’ici le 30 avril 2016 –le dernier jour d’avril étant la date qui me fait basculer dans la nouvelle année d’écriture le lendemain 1er mai–, je serai quand même en déficit de quelque 20 textes par rapport à mon calcul initial de 220 textes par année. Je vais essayer d’écrire sept jours par semaine pendant les quatre prochains mois, mais c’est évident que je dois m’attendre à des manquements.
2-) Je me suis amusée hier avec l’ordre alphabétique, certains lecteurs peut-être l’auront remarqué dans mon texte 1 256, un chiffre qui va bien avec mes 56 ans. On peut se permettre des exercices de style de la sorte, à l’approche de Noël !
3-) Lorsque j’ai rencontré oursinette ma belle-sœur à l’occasion d’un souper de famille récent, je n’ai pas pu m’empêcher, étant assise juste à côté d’elle, de lui demander si elle aimait mon parfum.
– Aimes-tu mon parfum, oursinette ?, lui ai-je demandé.
– Tu portes du parfum ?, s’est-elle étonnée.
C’est comme lorsque je demande à mes proches s’ils me suggèrent d’ajouter des fleurs à mon bouquet et que ma question les étonne parce qu’ils n’auraient pas compris d’eux-mêmes que mon dessin représentait un bouquet.
– Oui, je porte un parfum acheté à Vancouver, c’est une exclusivité, de la famille Chanel, ai-je précisé en me sentant fraîche pette. Je l’adore, mais personne ne me dit que ça sent bon !
– C’est parce que tu ne sens rien, m’a-t-elle répondu en se collant encore plus près de moi.
– Tu ne sens rien ?, ai-je insisté, j’en ai vaporisé derrière les oreilles, ici, ai-je pointé du doigt en l’invitant à s’approcher encore.
J’ai déjà affirmé ne vaporiser mon parfum que sur le ventre, sous ma cicatrice, mais cette fois-là, un soir d’exception, j’avais triché.
– Franchement, il faut le savoir, que tu t’es parfumée. Quel est le nom du parfum ?
Je n’ai pas eu l’occasion de répondre parce que tantine nous a appelés pour qu’on se dirige vers la table, le souper était prêt.
– Mon beau Cuir de Russie, n’ai-je pu m’empêcher de me dire à moi-même, dans ma tête, parce que je suis une romantique trop sensible.
4-) Le deuxième élément de ma série au foulard rouge, après Androgyne, s’appelle Boule de billard, en l’honneur du crâne chauve et très rond de papa qui est le sujet principal de cette toile. Je pensais à lui cet après-midi. Quand j’ai pris la photo de papa portant un foulard sur la tête, il habitait encore au Lac Noir, il était entièrement autonome, même s’il constatait que ses journées étaient plus forçantes qu’avant. La même chose pour tonton de la toile Androgyne, il est atteint d’un cancer. Il sait qu’il est atteint d’un cancer, disons les choses de cette façon, car au moment de la photo, le cancer devait déjà être en train de se propager dans sa personne mais il ne le savait pas encore.
5-) Denauzier et moi avons travaillé très fort à l’installation de ma fameuse série foulardienne. J’espère ne plus la bouger de là où elle est maintenant ! Elle habille superbement le mur de couleur caramel de mon atelier, selon une forme de pyramide à l’envers. Cela termine très bien mon année 2015.
6-) La plante qui apparaît sur la photo ci-dessus, en bas à gauche, est un poinsettia que Denauzier a acheté l’an dernier, pour le Noël 2014, que j’ai mis en pleine terre cet été dehors, plutôt à l’ombre, et que j’ai remis en pot à l’automne 2015 pour qu’il puisse continuer de nous accompagner. Début décembre, nous lui avons acheté une petite sœur, bien rouge et plus dodue, je devrais donc dire une grassette petite sœur.

 

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Jour 1 256

Androgyne

Androgyne

Androgyne est le nom que porte la première toile de la série alphabétique que j’ai faite sur le thème du foulard qui appartenait à ma tante Alice. Bien de l’eau a coulé sous les ponts depuis. C’est la rencontre du visage de mon oncle maintenant octogénaire et de la bouche de Bibi qui justifie le nom de cette toile. Deux sexes, autrement dit, pour un même visage. En arrière-plan, on voit le visage de tonton, mais la bouche de tonton a cédé la place à celle de ma sœur qui, le jour de la photo, exhibait un gros bobo. Feu sauvage. Gros ou pas trop gros, c’est un inconfort à tout coup. Herpès labial. Il semble qu’il n’existe aucun médicament pouvant enrayer cette petite calamité pour qui en souffre. J’ai longtemps souffert d’acné et je peux comprendre comment se sent la personne qui doit non seulement montrer son feu sauvage lorsqu’elle en a un, mais qui doit en outre endurer les remarques à cet effet, de style Pauvre toi, tu as un feu sauvage ! Karine, une amie que j’ai perdue de vue, m’avait dit s’être débarrassée du virus en se laissant généreusement lécher le visage par son chien. Lorsque j’ai parlé à Bibi de cette possibilité de traitement, elle a préféré décliner. Malheureusement à l’époque je n’avais pas de chien, en avoir eu un, Bibi se serait peut-être laissée convaincre. Nickie, notre petite chienne en fin de fin de vie, dégage une haleine fétide que Bibi ne serait pas capable de supporter, de toute façon. On suggère un nettoyage dentaire par année, pour les chiens et les chats, et depuis que je connais Nickie je comprends que cette mesure répond à un besoin réel ! Pourtant, quand j’étais jeune, et ce d’autant que nous avons eu des chiens dans ma famille, on ne prodiguait pas de soins dentaires aux animaux. Qu’une personne fasse mention de soins dentaires apportés à son animal, à l’époque, et la voilà qui devenait suspecte, voire excentrique à nos yeux. Rares étaient les gens qui passaient la soie dentaire à leur animal, alors que c’est un peu pratique courante aujourd’hui, dans certains milieux du moins. Si je demande à Denauzier ce qu’il en pense, il y a des chances qu’il ne prenne pas ma question au sérieux.
– Tu veux rire ?, me répondra-t-il.
– Un peu, sera ma réponse, or un peu, dans ma bouche, a plus souvent valeur de non que de oui.
Vers la fin d’une semaine complète de sept jours, le feu sauvage commence à disparaître, mais chez certaines personnes il peut durer plus longtemps.
– Wow !, s’exclament alors les gens qui se rappellent qu’un feu sauvage incommodait la personne qui se tient devant eux, tu dois apprécier que l’herpès soit disparu !?
X est à ce moment-là la lettre qui se manifeste à l’esprit de la personne enfin débarrassée de son bobo, en ce sens qu’elle préfère mettre un X sur ce qu’elle vient d’entendre –et qu’elle entendra peut-être dix autres fois dans sa journée.
Y a-t-il pire comme désagrément momentané, bien sûr que oui.
Zéro désagrément, momentané ou pas, est une notion qui, dans la nature humaine, n’existe pas.

 

 

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Jour 1 257

Denauzier et moi allons changer mon cadre de place. Maintenant qu’il fait jour (car nous l’avons installé hier soir), c’est toute la lumière de la grande fenêtre, provenant du mur opposé à celui du cadre, qui rend le bouquet presque impossible à voir. Cela signifie ceci : sur le mur où est présentement le cadre au plexiglas, il faudra installer une œuvre sur toile –qui se fiche éperdument des reflets–, de grand format pour obtenir un effet maximal. Cela encore signifie ceci : en attendant l’installation de l’éventuelle toile de grand format, il faudra vivre avec un clou, et un trou, dans le mur.
Cette nuit j’ai rêvé que mon mari avait une maîtresse. Je les découvrais tous les deux, assis à l’écart quelque part. Mon mari était beau à voir, j’aimais sa position attentive auprès de sa chérie, son bras à lui appuyé sur le dossier de sa chaise à elle. Il tentait de la consoler. J’étais désolée que mon mari ne m’ait pas parlé de cette aventure. Je constatais que la dame, plus jeune que moi et à la chevelure noire, ne devait pas être facile à suivre. Elle pleurait et se plaignait de ne pas voir Denauzier plus souvent. Cela me réconfortait presque, je me disais qu’avec moi mon mari pouvait profiter davantage de la vie. Du coup, je me demandais pourquoi il avait eu envie d’aller vers une femme qui lui compliquait la vie. Par méchanceté, je décidais qu’à notre prochaine rencontre, j’allais m’éloigner de lui pour me venger. Arrive donc la prochaine rencontre, mon mari s’approche de moi et plutôt que de l’enlacer je pars à la course et je m’enfuis. Je cours, je cours, pour me rendre compte que Denauzier ne me suivait même pas ! Essoufflée, je m’arrête et je me découvre habitée par deux sentiments contradictoires : d’un côté, j’aurais voulu que Denauzier me prouve son amour en me courant après, d’un autre côté, je trouvais qu’il avait raison de ne pas s’être laissé embobiner par ma manigance méchante. D’un côté encore je me disais que je m’étais comportée en idiote, courant ainsi sans mot dire, d’un autre côté j’avais envie de demander à mon mari combien de maîtresses supplémentaires il comptait faire entrer dans sa vie. Puis, penaude d’avoir mal agi, je revenais de moi-même vers Denauzier, heureuse d’être capable, sans bouder pendant dix-huit jours, de me pardonner mes comportements stupides. Heureuse aussi de ne pas faire endurer plus longtemps à mon mari mes sautes d’humeur et ma vengeance inutile. Ainsi, je m’approchais de lui, je mettais mes mains autour de son cou, et je lui parlais de la pluie et du beau temps, lui faisant ainsi comprendre qu’il n’avait rien à m’expliquer et que je ne lui demandais pas de se justifier. J’aimais mon mari. Point final.

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Jour 1 258

J'aime mon bouquet, bien que le papier peint qui se veut la toile de fond soit trop chargée. J'essaierai de faire mieux la prochaine fois.

J’aime mon bouquet, bien que le papier peint qui se veut la toile de fond soit trop chargé. J’essaierai de faire mieux la prochaine fois.

Étant donné que mes lecteurs ne voient pas dans ma plus récente œuvre un bouquet de fleurs mais un chaudron de potion chaude qui dégage une fumée délicate, j’ai décidé aujourd’hui de me consacrer en priorité à l’achèvement de mon dessin en insistant sur le thème floral. J’ai garni l’arrière-plan de quelques fleurs supplémentaires dans les tons de bronze et de cuivre, tel que je l’avais envisagé. J’ai garni le bouquet de quelques fleurs en m’efforçant de ne pas trop couvrir la masse nuageuse obtenue au pastel sec. J’ai ensuite installé mon dessin dans un cadre acheté autrefois chez IKEA dont la surface transparente est en plexiglas. À cause du plexiglas qui reflète les sources de lumière, la photo ci-contre se veut finalement un trois pour un : on y voit le bouquet, le luminaire de la salle à manger en haut à gauche, et l’écran de la télévision qui chevauche le bouquet et le passe-partout. Au centre de toute l’affaire, on voit le flash de mon appareil photo. J’ai réussi à ne pas trop charger la masse vaporeuse, cela compense pour l’effet papier peint qui est trop plein en bas à gauche. Le passe-partout est taché à quelques endroits d’acrylique bleu foncé. J’aurais pu essayer de cacher les taches en appliquant du blanc par-dessus, mais j’ai opté pour un effet trash, il semblerait que c’est à la mode. J’ai jugé que l’effet réutilisation, recyclage, économie mondiale se mariait bien avec mon bouquet.
– L’aimes-tu ?, m’a demandé Denauzier, une fois que le cadre a été installé sur un mur à proximité de notre grande table.
– Je pense que oui, ai-je articulé en réfléchissant.
Mon atelier, maintenant, est dans un état inimaginable, je me demande comment un après-midi de travail a pu le virer sans dessus dessous autant que ça. Je me sens déjà tendue vers mon deuxième dessin en chantier, c’est un vase, cette fois, qui tient de guingois sur une table dont la nappe est à petits carreaux blancs et bleus. Le vase occupe tout l’espace du papier et ne contiendra pas de fleurs. À suivre.

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Jour 1 259

À force de voir mon dessin dans cet état non fini, j'en suis venue à le trouver fini.

À force de voir mon dessin dans cet état non fini, j’en suis venue à le trouver fini.

J’écrivais précédemment avoir écouté Echoes en boucle pendant que je peignais mon bouquet de fleurs, le week-end que je suis restée seule à la maison et que Denauzier était à la Manawan avec son frère. C’est vrai et c’est moins vrai. J’ai écouté Echoes en boucle, la version interprétée à Pompei par les membres du groupe du temps qu’ils étaient jeunes. Puis j’ai écouté Shine On You Crazy Diamond, la version interprétée par deux musiciens hassidiques. Ils sont installés dehors, un soir d’été à Jérusalem, au Zion Square, ce doit être un endroit touristique de la ville. Après avoir écouté les amis juifs, j’ai laissé You Tube fonctionner en lecture automatique. Comme ma plus récente sélection se situait dans le créneau hassidique, j’ai eu droit à plusieurs chants en hébreu qui me semblaient appartenir au répertoire folklorique. J’ai beaucoup aimé, mais bien entendu je n’ai aucune idée, vouloir en donner les titres, des œuvres que j’ai écoutées. Puis les jours ont passé, et le bouquet n’a pas avancé d’un poil. J’ai à peine le temps d’écrire mon blogue ces derniers jours, et c’est d’autant plus vrai à l’approche de Noël. Je vais me rendre à Montréal encore deux fois, et il y aura bientôt des journées que nous consacrerons au ragoût de pattes, à la dinde farcie et aux tourtières. Ça me plaît de tenter toutes ces expériences culinaires avec mon mari, mais ça me laisse peu de temps libre. J’espère en arriver à un horaire allégé au début de la prochaine année. Je ne suis donc venue dans mon atelier ces derniers jours que pour y lire mes courriels –et y répondre–, et pour écrire mon texte quotidien. À chaque fois que je m’installe devant mon ordinateur, le bouquet de fleurs, qui m’attend sur ma grande table, juste à côté de l’endroit où je m’assois, me fait des clins d’œil. Or, au fur et à mesure que les jours passent, je perds l’envie de le terminer, il me semble l’être déjà. Je me dis que je vais ajouter quelques fleurs dans les tons de bronze et de cuivre iridescent, comme j’en ai parsemé le papier en bas à droite, et finalement je trouve que cet ajout ne donnerait rien de plus à l’ensemble. De la même manière, je me dis que je vais tracer des fleurs supplémentaires dans la talle des marguerites jaunes, et à bien y penser, je n’en vois pas l’intérêt non plus. Je risque, il me semble, d’étouffer la belle grosse masse nuageuse qui représente le bouquet, comme un bouquet d’hydrangées. J’ai demandé à trois personnes qui sont venues dans mon atelier ce qu’elles en pensaient, devrais-je ou non ajouter d’autres fleurs, en arrière-plan et dans le bouquet ?
– C’est un bouquet ?, m’ont demandé chacune des trois personnes.
Je termine donc mon texte d’aujourd’hui comme je l’ai terminé hier, par un appel à tous mes lecteurs : Qu’est-ce que vous en pensez ?

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