Badouzienne 85

Je suis à la recherche du parfum Detchema produit par la maison Revillon. Voici comment il s’est rendu jusqu’à moi.

J’étais chez une amie de longue date, à Québec, premier arrêt d’un court périple qui nous a conduits, Denauzier et moi, à Havre St-Pierre. C’était il y a déjà quelque temps, avant Noël. La destination du Havre avait quelque chose de sentimental, dans la mesure où j’y suis allée il y a trente ans avec papa. Que nous deux, dans son camion Tacoma.

« À propos de Havre St-Pierre, me dit comme ça mon amie, je connais une pianiste qui vit à Baie Johan-Beetz ». J’entendais ce nom pour la première fois. Je l’ai peut-être lu sur des pancartes il y a trente ans, mais je ne m’en rappelle pas.

Le soir même, dans la chambre d’hôtel du Petit Manoir de la Malbaie où nous avons passé la nuit, j’ai lu sur mon téléphone que Johan Beetz était un aristocrate belge qui s’est installé sur la Côte-Nord je ne me rappelle plus en quelle année, fin XIXe siècle. Un homme instruit qui s’intéresse à tout, à la médecine, à la nature, à l’architecture, à la chasse, au commerce, etc. Quand il se rend compte que les trappeurs n’ont d’autre interlocuteur pour le commerce de leurs fourrures que la compagnie de la Baie d’Hudson, il établit un contact avec la compagnie française Revillon et devient ainsi l’intermédiaire dans le commerce des peaux entre les deux parties.

Je n’avais pas sitôt lu le mot Revillon que je le cherchais dans Google, pour aboutir sur une page qui offre… des parfums ! J’en ai immédiatement oublié les fourrures des trappeurs, d’où il appert que mon inclination naturelle me fait verser davantage vers la consommation que vers l’histoire. Plusieurs commentaires d’internautes ont attiré mon attention en ce qu’ils déplorent la disparition du parfum Detchema. Bien entendu, parce qu’il est difficile à trouver, Detchema m’a tout de suite intéressée ! Profitant de cette disponibilité très restreinte, la plateforme Etsy en demande 367$ pour un flacon de 100 ml.

Comme ma voisine est d’origine belge, je lui ai demandé, de retour à la maison, comment on prononce Beetz. J’ai tendance à prononcer Beets comme les betteraves, mais il faut prononcer Bates, comme en anglais, en étirant le a pour en faire un é.

Ce qu’il faut retenir de cette anecdote c’est que j’ai passé le reste de notre voyage sur la Côte-Nord à me demander si j’aimerais vivre dans un village de 85 personnes, comme le fait cette pianiste amie de mon amie.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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