Badouzienne 76

Josyane Savigneau, écrivain française en janvier 1995 à Paris, France. (Photo by Frédéric REGLAIN/Gamma-Rapho via Getty Images)

Je pensais que les textes de ma troisième année d’écriture, du temps de mon défi, étaient mauvais. Je n’avais pas envie de les lire, mais j’ai fini par les faire imprimer et par m’y mettre. J’ai envisagé un moment d’abandonner toutes ces corrections tellement la vie me transporte ailleurs, dans le présent, mais une petite voix m’encourage à persévérer, petite voix folle et butée ou alors sage et bien avisée, l’avenir le dira.

La barre, en outre, était très haute, ayant tout juste terminé la biographie de Marguerite Yourcenar écrite par Josyane Savigneau. Cette dernière écrit bien et ne se gêne pas pour développer des phrases longues qui requièrent de la concentration. Bien entendu, elle cite maints passages de lettres ou d’extraits de romans de Marguerite, qui eux aussi ne sont pas toujours immédiatement digestibles.

N’écoutant que mon courage, toujours est-il, ou que ma folie, me voilà me replongeant dans cette troisième année d’écriture qui s’ouvre, à peu de semaines près, sur ma chirurgie cardiaque pendant laquelle il faisait très chaud à Montréal. J’ai ensuite recours à une série de vingt-six toiles afin de noircir mes écrans quotidiennement, toiles que je commente de manière rocambolesque. Vient ensuite une série de photographies sous le thème du foulard rouge, elles aussi membres d’une approche alphabétique…

Certains textes sont bons pour la poubelle et je n’irai pas jusqu’à les récrire pour les sauver. Je vais tenter de rendre compte de mon exercice d’écriture pour ce qu’il a été, à l’époque, à savoir un défi au jour le jour, auquel je n’avais pas le loisir de consacrer beaucoup de temps.

Certains autres textes, cela étant, qui pour la plupart ne font pas partie de ces trois thèmes majeurs, ont eu sur moi un effet surprise allant jusqu’à générer une larme ou deux. Wow ! Cela m’a fait remonter dans ma propre estime de moi-même. Ces textes, malgré leurs défauts et leurs maladresses, m’ont émue parce qu’ils sont porteurs d’une énergie et d’une naïveté qui m’ont d’une part rafraîchie, et d’autre part mise en contact avec l’être que je suis.

– Ces lignes-là, écrites de cette manière-là, c’est tout à fait moi, me suis-je dit à quelques reprises.
Et ce moi m’a plu. Il m’a fait renouer avec une sorte de jeunesse qui m’habitait encore, alors que je me pensais vieille au moment où elles ont, ces lignes, été écrites. Ça veut dire que si je continue à écrire, maintenant que je suis dans la soixantaine, je vais, me relisant à soixante-dix ans, être émue de me découvrir sinon encore jeune, du moins plus jeune, ou disons moins vieille… Si Dieu me prête vie, évidemment.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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