Badouzienne 74

Tiens, chatonne Mia a trouvé le moyen de se glisser dans la photo ! Pavots en devenir, première floraison depuis que le plant est en terre, soit cinq ans. Comme quoi il faut laisser le temps au temps.

Je suis seule à la maison jusqu’à ce soir, jusqu’au repas de ce soir que je partagerai avec Denauzier. La précision est importante puisqu’elle signifie que je devrai fournir l’effort de préparer un souper. Ce seront des vol-au-vent nappés d’une béchamel au thon.

Mari a mangé de la pizza congelée hier parce qu’il était seul et n’avait pas envie de cuisiner. J’ai mangé de la pizza aussi, à une terrasse, à Montréal, en compagnie de ma soeur. Nous avons lunché ensemble, de manière à ne pas nous rendre, sur un ventre vide, entendre chanter la chorale dont fait partie Emmanuelle. Nulle sensation de faim ne s’est profilée pendant le concert, mais Seigneur que nous avons eu soif !

Je n’aurai vu ma fille que cinq brèves minutes, soit lorsque nous avons échangé quelques mots dans la chapelle St-Louis, une fois l’événement terminé. Échangé quelques mots dans le brouhaha de toutes ces personnes que l’on veut saluer parce qu’on ne les a pas vues depuis un moment.
– Tu as tort de te plaindre, maman, a répliqué Emmanuelle. Tu viens de me voir chanter pendant plus d’une heure !
– Non, justement, je ne te voyais pas, mon champ de vision était entièrement bloqué par une abondante chevelure frisée !

– Soit nous nous confinons à notre zone de confort, ai-je répondu à ma soeur, dans la voiture, lorsqu’elle m’a demandé où nous irions luncher. Soit nous tentons d’explorer, d’innover.
– Qu’est-ce qui te tente ?, m’a-t-elle demandé.
– La zone de confort car je saurai où stationner !
– Parfait, a-t-elle conclu.
Donc, nous sommes allées manger dans le quartier où habite ma fille. Par une chance inouïe, compte tenu de la pluie abondante qui s’est mise à tomber, nous avons trouvé une place pour nous garer juste en face du restaurant.
Nous avons certes vécu quelques surprises dans ce lieu qui nous garantissait pourtant le confort du déjà vu, des vieilles pantoufles, des habitudes non bousculées.
– As-tu su comment faire couler l’eau ?, ai-je demandé à Bibi qui revenait de la toilette, où je m’étais rendue avant elle sans réussir à obtenir la moindre goutte du robinet.
– Non, mais une petite fille de sept huit ans m’a expliqué que je devais appuyer sur une des deux pédales avec mon pied !, s’est moquée Bibi.
Les vieilles matantes.

Ma réussite ultime n’en fut pas moins mon stationnement rue Drolet, rue étroite s’il en est, dans un espace très restreint, profitant qu’une voiture en sortait.
– Je n’en reviens pas, ai-je dit à Bibi une fois mes manoeuvres terminées.
– Moi non plus !, s’est-elle exclamée.
– L’important, matantes pas matantes, c’est de ne pas cesser d’essayer, avons-nous conclu d’une presque même voix.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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