Badouzienne 41

C’est épouvantable. Ça fait deux semaines que je n’écris pas sur mon blogue et cela ne me manque pas. Où est passée la Lynda disciplinée qui se définissait par son assiduité, par son courage à chaque jour renouvelé, sans lequel elle n’aurait pu affronter l’écran blanc ? Aurais-je écrit davantage pour moi que pour partager avec autrui ? Depuis que les presque cinquante exemplaires de mon tome 1 sont en circulation entre les mains bienveillantes de mes amis, je n’ai plus envie tant que ça de m’intéresser à la correction des textes des neuf autres années. Je suis déjà ailleurs, où, je ne le sais pas.

Bien entendu, je ne vais pas abandonner. Le tome 2, je l’ai déjà écrit, pourrait s’intituler L’invention, parce que je mets en situation des personnages, dont ma mère, qui viennent contrecarrer l’avancement du récit. Mais L’invention, ça donne à penser que j’ai inventé quelque chose, un bidule, un engin, un machin. Ça ne fait pas référence, intuitivement, aux personnages. Je vais donc continuer d’y penser.

Je vais aussi devoir discuter avec Ludo, mon collaborateur, du format du bouquin.
– Le format poche arrache les yeux des lecteurs, m’a dit la dame à la bibliothèque du village. Si vous remarquez, sur nos présentoirs, il n’y a que de grands formats à couverture rigide.
J’ai parcouru l’espace, devant moi, qui donnait à voir plusieurs tablettes de livres, tous de grand format.

Je ne sais pas si c’est partout pareil, dans les petites municipalités, mais dans la mienne, la bibliothèque offre à ses résidents écrivains d’héberger leurs bouquins–un exemplaire seulement, mais c’est mieux que rien. Ayant été informée de la chose par une amie dont le bouquin repose depuis quelques années sur une des tablettes de la bibliothèque, je me suis rendue offrir le mien, assez peu confiante qu’on veuille bien le considérer puisque je savais que la question de la forme allait se poser.
– De quoi s’agit-il ?, m’a donc demandé la même dame, en tournant et feuilletant le livre entre ses mains.
– Euh… Au départ c’est un défi, ai-je commencé.
– Un défi ? Ce n’est pas un roman ?
– C’est le roman de ma vie, en fin de compte, ai-je articulé un peu trop vite.
– Donc, c’est une biographie, a-t-elle voulu vérifier.
– Oui, une biographie. Il y a quelques éléments, quand même, qui sont inventés, ai-je voulu tempérer.
– Comme dans toute biographie, en somme, a glissé la dame.
– Exactement. Vous avez entre les mains le premier tome d’une série de dix, ai-je ajouté.
– Vous n’en écrirez jamais dix !, s’est-elle exclamée.
– Ils sont déjà écrits, en fait, mais il me reste à les corriger.
La dame a continué de tourner le livre entre ses mains, avant de conclure :
– Nous allons créer une fiche pour votre tome 1, et on va coller une étiquette sur la couverture faisant savoir aux lecteurs que vous résidez ici.
– Donc sur l’étiquette il sera imprimé Écrit par un résident, ou une formulation semblable ?
– Je ne me rappelle pas ce qui imprimé exactement, je pense qu’on utilise Mathalois, Écrit par un Mathalois. Vous verrez. Repassez dans quelques jours et votre exemplaire sera bien visible à la section, là-bas, de nos nouveautés.
– C’est merveilleux !, ai-je conclu.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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