Jour 24

Riopelle serait du genre, il me semble, à dire qu’un coucher de soleil, ça ne se peint pas, ça s’observe. Il les observait rigoureusement, semble-t-il, depuis sa propriété située à l’Île-aux-Grues. J’ai été happée par ses grands formats blancs et noirs de la série Icebergs, et aussi par les grands formats multicolores des blizzards, mais je ne sais pas si c’est parce qu’il s’agit de grands panneaux immenses et forcément impressionnants, qui me ramènent à ma petitesse, ou si c’est parce que la représentation m’a touchée. Je dirais aujourd’hui, paradoxalement à ce que j’ai écrit hier, que c’est parce que leur représentation m’a touchée.

Je découvre ce matin par pur hasard l’existence du peintre américain Cy Twombly qui a peint lui aussi sur des grands panneaux immenses, peint des barbouillis. Encore ici, je n’ai pas d’opinion. Est-ce que ça me plaît ? Peut-être que le oui est plus lourd dans la balance que le non. Est-ce que ça me plaît simplement parce que le peintre aurait osé s’en donner à coeur joie ? Sans se soucier, en outre, peut-être, de ce que les gens allaient penser ? Hum… il me semble que j’aime l’effet du rouge brique que me renvoient ses toiles. Je serais curieuse de découvrir comment je me sens, en leur compagnie.

Pour ma part, hier j’ai travaillé comme une bonne au coloriage de feuilles qui ont été tracées sur un fond assez sombre, faisant en sorte qu’on ne les distingue pas bien, et encore moins leurs fioritures délicates. Est-ce à dire que j’ai perdu mon temps ? Est-ce que je devrais couvrir l’espace entre les feuilles d’une couleur pâle diluée à l’eau, pour que l’oeil puisse distinguer ces feuilles plus facilement ? Peut-être. Pour l’instant, je ne fais rien, je verrai plus tard.

Justement, à propos de voir plus tard. Je vais prochainement retirer une toile de grand format du mur sur lequel Denauzier l’a installée, juché pour ce faire sur un escabeau, afin de la reprendre. J’avais besoin de l’observer au fil de mes allées et venues dans la maison avant de savoir comment je voulais l’approcher en deuxième étape. Je ne pense pas savoir encore comment je veux l’approcher, mais je sens que ce serait le temps de m’y mettre.

Et enfin à propos de m’y mettre. J’aurai neuf ans de textes à corriger quand j’aurai publié celui du Jour 1. Seuls les textes de ma première année de blogue, en effet, ont été corrigés. C’est titanesque. J’ai regardé il y a quelques jours, plutôt craintivement, les premiers textes de cette deuxième année. J’ai passé un temps fou à me demander, je n’en étais qu’à la première page, comment enchaîner deux paragraphes qui s’enchaînaient mal. La raison me dictait de supprimer le premier pour commencer directement par le deuxième, d’autant que ce premier n’exprimait rien d’important. Or, il y a une phrase, au beau milieu de ce foutu premier paragraphe, que j’aime trop pour envisager de l’éliminer… Incapable de lâcher prise, je me suis cassé la tête pour trouver une manière de lui sauver la vie…

Des pages et des pages de dilemmes cornéliens en perspective !

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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