Jour 67

J’avais deux petits défis au programme cette semaine qui sont dorénavant derrière moi. Tant qu’ils sont devant, j’y pense et je m’y prépare. Dès qu’ils sont derrière, me voilà en vacances. À peine suis-je en train de savourer cette saveur de vacances que je fais déjà le point mentalement pour savoir, primo, où j’en suis, et secundo, quels sont les nouveaux défis qui viendront, dans un futur immédiat, remplacer les anciens.

Habituellement, ce sont des choses à faire de la vraie vie qui se manifestent en premier. Regrouper mes documents et les acheminer au comptable pour la production de mon prochain rapport d’impôt, par exemple. Mais presque aussitôt, après m’être dit que j’ai jusqu’à la fin du mois de février pour le comptable, je laisse venir à moi les folies inventives.

Comme si je ressentais cependant un soupçon de remords pour avoir balayé trop vite les obligations, je laisse certaines contrariétés se manifester en arrière-plan des folies qui occupent déjà l’avant-plan. Me limer les ongles une fois pour toutes comme il faut constitue ici une contrariété. Ils me nuisent en ce moment alors que je tape sur mon clavier parce qu’ils sont trop longs. Ils se cassent, aussi, et auraient besoin d’être traités au moyen d’une pommade anti-cassure dont je doute fort de l’efficacité. Un coup partie, ce sont mes mains au complet qui souffrent de sécheresse. Ce serait une affaire de rien de bien les crémer pour les hydrater.

Mais une toile m’attend sur ma grande table, dans mon bureau, que je voudrais terminer avant le retour de mon mari. Je ne sais pas s’il revient aujourd’hui ou demain. Me rendre m’occuper de mes ongles et de mes mains ne me tente guère dans ce contexte. Je pourrais attendre d’être en pause de peinture pour me déplacer jusqu’à la salle de bain où se trouvent le coupe-ongles, la lime et le tube de crème. Cela me semble une avenue raisonnable : une fois ce texte publié, je ne perds pas les minutes suivantes à prendre soin d’une partie –essentielle– de mon corps; j’attends qu’il y ait eu plusieurs minutes de consacrées à l’avancement de ma toile avant de m’en occuper.

La toile est de grand format, 40"X40". Sur un fond multicolore accidenté, chargé, qui va dans tous les sens, j’ai dessiné, puis peint, une sorte de flamand non pas rose mais de couleur sarcelle, couleur sur laquelle j’ai créé des motifs en m’inspirant, comme je l’ai annoncé dans mon texte d’hier, de l’art aborigène. En cours de route, j’ai eu l’idée de dessiner une grande plante, à côté du flamand, que je vais garnir de feuilles qui vont se décliner dans les mêmes couleurs que celles du flamand. J’en suis à repasser en vert sur la forme de la tige, parce que le vert que j’utilise ne couvre pas bien et m’oblige à appliquer trois, voire quatre couches. Je sais comment je veux reproduire les feuilles, mais ça se pourrait que mon idée ne soit pas concluante et que je doive me tourner vers une autre approche.

Donc, sans plus tarder, je publie et je m’y mets.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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