Jour 88

Il s’est produit des petites choses amusantes au cours de nos déplacements pour des courses ici et là cet après-midi. La plus surprenante, du moins de mon point de vue, a eu lieu au magasin de chasse et pêche ProNature où nous nous rendions pour me trouver des mitaines de motoneige.

Je porte, depuis que je connais mon mari, des mitaines qui traînent depuis je ne sais combien de temps soit dans un fond de sac ou de panier, soit par terre dans son garage, ou encore sur une tablette dans un garde-robe. Elles sont toutes trop petites, le cuir en est tellement vieux qu’il a eu le temps de sécher, et les coutures bien sûr sont décousues. Le plus agaçant, c’est qu’elles sont difficiles à passer sur mes grosses mains à l’endroit plus étroit qui enserre le poignet. Ça fait six ans, autrement dit, que je me bats avec des mitaines quand nous partons en motoneige. Nous avons donc décidé, aujourd’hui, de régler ce problème qui n’en est pas un, comparativement à tous les problèmes réels qui sévissent sur la planète.

Comme je m’apprêtais à entrer dans le commerce, mon mari ne me suivant pas parce qu’il réglait quelque difficulté au téléphone en lien avec son travail, demeurant pour ce faire assis dans la voiture, un homme s’est dirigé vers moi. Pas mal plus vieux que moi.
– Auriez-vous un masque à me vendre, madame ?, m’a-t-il demandé. J’ai oublié le mien à la maison, or je suis venu à pied et ça m’a pris une heure. Je ne voudrais pas être venu ici pour rien.
– Euh…, fut ma réponse, attendez voir…, ai-je articulé tout en tripotant les poches de mon manteau, des fois qu’il y aurait eu un masque dans une des deux.
Je savais cependant que j’avais deux ou trois masques, et mes lecteurs le savent aussi qui m’ont lue hier, dans mon sac de cuir Marius qui était resté dans l’auto.
– Je reviens tout de suite, ai-je dit en me dirigeant vers ma voiture au pas de course.
J’ai trouvé facilement un masque, mais il portait une trace de rouge à lèvres. Il s’agissait d’un masque de papier, je ne voulais pas donner ceux que j’ai reçus en cadeau de ma fille (Polytechnique) et de ma voisine de chalet (dominance de vert).
– Vous n’en voudrez pas, ai-je alors dit au monsieur, qui s’était finalement rendu jusqu’à ma voiture aussi, il est taché de rouge à lèvres, regardez.
Il n’a pas même regardé la tache et s’est empressé de prendre le masque avant que je le lui tende vraiment pour en installer les élastiques derrière les oreilles.
Il n’est pas dédaigneux, me suis-je dit.
– Je suis en parfaite santé, lui ai-je dit en taisant ma première pensée, comme s’il était nécessaire que je dise quelque chose et que je fasse en outre la promotion de mon absence de microbes –bien que les traces de rouge à lèvres devaient en être farcies !

Ça, c’était la petite chose qui s’est produite au magasin ProNature, et je me rends compte que j’ai presque atteint les 500 mots de mon défi quotidien. Et je suis fatiguée, et je ne pense qu’à une chose, aller relaxer sur le canapé, à côté de mon mari qui y est déjà. Alors j’y vais, et on verra demain si l’anecdote du deuxième magasin tient toujours la route comme micro-événement qui pourrait constituer la trame narrative du Jour 87.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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