Jour 118

Après avoir donné pendant sept ans un montant de 16$ par mois à Médecins sans frontières, j’ai décidé qu’il était temps d’arrêter. Je voulais arrêter bien avant, mais mon sens de la débrouillardise extrêmement restreint m’empêchait de concrétiser ce souhait. Voilà, c’est fait. J’ai consulté le site web de MSF, j’ai composé le numéro de téléphone 1 800 qui y apparaissait, et au terme de quelques informations minimales, essentiellement mon code postal, la personne au téléphone a retrouvé mes coordonnées et annulé mon don.
– C’est tout ?, ai-je voulu vérifier lorsque la jeune fille a confirmé que la transaction était terminée.
– C’est tout, a-t-elle répondu de sa voix enjouée.
Je désirais cesser ce don pour investir un montant équivalent dans un autre projet, à savoir un abonnement, au montant de 17$ par mois, au journal Le Devoir.
Si je n’avais pas eu l’idée d’investir le même montant autrement, je me serais contentée d’aller consulter le site de MSF, de cliquer ici et là sans conviction à la recherche d’un lien Se désabonner et je me serais vite lassée, ne le trouvant pas. D’où il ressort que pour être efficace, il faut que je sois motivée.
Cela fait donc quelques matins que je bois mon café en parcourant le journal. Je n’en reviens pas à quel point c’est bien fait. Je me suis déjà défini une routine quant à ma manière de le parcourir. Il faut savoir que le journal apparaît à l’écran de mon téléphone dans le visuel de son montage papier. Je balaie les pages pour découvrir les grands titres, et quand j’arrive à la dernière page je balaie en sens inverse pour revenir au début. Parcourant en sens inverse, je m’attarde aux détails, comme le nom de la rubrique, en en-tête de la page, dans laquelle apparaît un article. Un texte sur Trump, par exemple, apparaissait ce matin dans la rubrique des Actualités, et un autre apparaissait dans la rubrique du Monde.
Je me laisse séduire en cours de balayage par la couleur des photos dont le sujet m’échappe parce que l’image est réduite et qu’il y manque beaucoup de détails. Une fois revenue à la page 1, je rebalaie cette fois pour mieux observer les photos en les agrandissant. Je me permets aussi d’agrandir de très courts articles, dont les deux recommandations d’émissions à surveiller à la télévision qui apparaissent à côté de la grille horaire de la journée. J’y vais, on le comprend, progressivement : je commence petit, avant d’envisager plus gros.
Après avoir parcouru quelques lignes ici et là, je change de mode de consultation et je demande un affichage texte d’un article en particulier. Je le lis comme il faut. On dispose d’une deuxième grosseur de caractères si on trouve que la première grosseur est trop petite. Admettons que je me trouverais dans un endroit mal éclairé, je pourrais aussi demander que l’article qui m’intéresse me soit lu. J’ai testé l’option audio et j’ai reçu à mes oreilles une voix féminine qui lisait juste à la bonne vitesse, ni trop lentement ni trop vite. J’en ai eu pour une heure et demie de plaisir ce matin. Je n’ai pas hâte à la parution du journal du week-end prochain, qui peut avoir une soixantaine de pages…

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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