Jour 165

À force de me laisser porter, j’oublie qu’il me reste 165 textes à écrire. Je m’amuse avec cousine, elle m’a d’ailleurs teint les cheveux après que j’aie eu teint les siens, c’était mercredi dernier. Je jardine, à la grosse chaleur, portant casquette et traînant une bouteille d’eau. Nous avons reçu pendant quelques jours des membres de la famille de chéri, en nous assurant de ne pas dépasser le nombre fatidique de dix personnes, ainsi étions-nous neuf, nous ménageant la possibilité d’une visite d’une personne à l’improviste. J’ai cuisiné, bien sûr, en prévision de nourrir nos invités, une salade de patates et un plat de poulet au cari, notamment, qui étaient délicieux les deux. J’ai terminé la lecture d’Emma, de Jane Austen, un livre sage sur l’art d’apprendre à modeler son caractère. Nous avons accepté une invitation à souper, hier soir. Plus tôt le même jour, j’ai passé un peu de temps avec les amis du haut de la côte que je n’avais pas vus, à force de séjourner dans le bois, depuis près d’un mois. Etc.
J’oublie qu’il n’y a pas si longtemps, j’avais un rendez-vous quotidien avec mon écran blanc.
J’ai perdu beaucoup d’intérêt pour les informations, sur mon téléphone, concernant les changements climatiques, la pandémie, les entourloupettes politiques, les dénonciations, le racisme… Je suis faite comme ça. Pendant un certain temps je me fais du souci puis, constatant que mes craintes, quoique nourries en masse par les comportements erratiques de nous tous, humains, ne mènent guère à des changements d’attitude pour corriger le tir, je me désintéresse, je me dis Bof dans un haussement d’épaules.
Je retourne alors à mes plantes, en me cassant la tête : laquelle devrait séjourner dehors à l’ombre sur le bord de la fenêtre, laquelle préférerait la chaleur et la lumière de la véranda, laquelle doit demeurer à l’intérieur car ne supportant pas les écarts de température, sachant que les nuits sont fraîches…
Après m’être cassé la tête à l’intérieur, je me rends la casser dehors en parcourant mes plates-bandes. Je dois reconnaître que je me la casse moins à propos des plantes extérieures. Elles sont faites fortes et ne m’inspirent pas les mêmes craintes. Si une tige s’incline d’un plant extérieur, je vais penser qu’il a venté, ou plu, ou qu’un animal est passé par là. Si une tige s’incline d’un plant intérieur, comme c’est le cas de ma petite plante Panda, je vais presque souffrir de l’avoir mal traitée. L’ai-je trop arrosée ou pas assez ? Comment ça se fait qu’encore hier elle allait bien et que je n’ai rien vu arriver ? Cela fait en sorte que la gestion des plates-bandes éprouve moins ma sensibilité. Tout au plus, passant de l’une à l’autre, constaté-je que je vais avoir beaucoup de travail cet automne afin de séparer les masses qui dans certains cas se chevauchent, alors qu’il est visuellement préférable qu’elles se côtoient sans se faire ombrage. C’est comme ça dans la nature, il y en a toujours un qui essaie d’avoir le dessus sur l’autre.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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