Jour 184

gazania

Voici les amies gazanias qui parent ici et là le terrain, à la maison, mais il faudrait qu’elles prennent un peu de hauteur pour parer mieux, elles poussent à ras de terre !

Finalement, je ne me comporte pas mieux qu’une entreprise. En ce sens que les entreprises, dans mon esprit, ont le grand tort d’exploiter toujours davantage les ressources limitées de la terre pour soi-disant répondre aux besoins des humains, mais aussi pour faire plus d’argent. L’homme conçoit puis construit des barrages hydroélectriques, par exemple, pour obtenir de l’électricité qui servira à chauffer nos maisons. Cette construction, veut veut pas, dérègle l’équilibre naturel des ressources en présence. Qu’un cours d’eau ne circule plus de manière fluide parce qu’un barrage le pare désormais de ses plus beaux atours relève d’une modification majeure qui a des impacts sur les écosystèmes. Je ne sais pas lesquels, car je n’ai rien lu à ce sujet, c’est mon instinct qui me fait écrire ce que j’écris à l’instant. J’approche tout par instinct, de toute façon. Il s’agit d’une énergie considérée propre, cela étant, plus propre que celle produite par le charbon, et moins dangereuse que celle produite par des centrales nucléaires.
Toujours est-il que je ne me comporte pas mieux qu’une entreprise parce que, moi aussi, je suis tendue par une pseudo nécessité de toujours produire davantage. Je ne produis pas de l’électricité, bien sûr, ou des meubles, ou des vêtements…, mais des projets que j’ose qualifier d’artistiques. Actuellement, j’en ai trois sur le feu : 1- mon installation murale –branches et racines sur fond de nuage jaune– à laquelle il manque des disques de laine que je dois tricoter avant de les punaiser sur le mur; 2- mon mandala géant au centre d’un cadre de 30" X 30" qui a besoin d’être accompagné de frères et sœurs de plus petits formats qu’il me reste à colorier au prix d’une douleur à la nuque, car je suis tendue comme une barre de fer quand j’applique la pointe pas assez fine de mes crayons gel sur les masses minuscules contenues entre les lignes du dessin, lignes sur lesquelles en outre je ne dois pas colorier –j’ajoute que je tiens une loupe assez lourde de la main gauche, pour ne rien arranger; 3- une série photographique qui rendra hommage au confinement, et plus particulièrement à toutes ces conversations quotidiennes qui m’auront unie à chouchou, car il s’agira de regrouper un nombre important de photos nous représentant toutes les deux lors de Facetimes. Ce troisième projet occupe mon esprit depuis quelque temps tout en n’ayant aucun début d’existence matérielle pour le moment, si ce n’est l’accumulation des photos numériques sur mon téléphone, or peut-on dire d’une photo numérique qu’elle est matérielle ?
Je me suis fait cette réflexion, que je n’étais guère mieux qu’une entreprise, lorsque coloriant hier un mandala j’ai entendu ces mots sortir de la bouche de Joël Le Bigot :
– Nous allons tous nulle part, à quoi ça sert de se dépêcher ?
Il taquinait Ève Christian qui disait avoir été obligée de parler vite, ayant manqué de temps, quelque chose du genre…
– C’est bien trop vrai, me suis-je dit, ayant attrapé ses paroles au vol. On va tous nulle part, on meurt tous… ! Alors pourquoi créer dans une telle frénésie ?

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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