Jour 186

Ce sera difficile cette semaine de jardiner, de nettoyer les plates-bandes, d’embellir le terrain car la température clémente n’est pas au rendez-vous. Il fait froid et des masses de pluie colorent les images radars, si je me fie aux prévisions de la météo. Je vais quand même devoir m’y mettre tellement je suis en retard. L’idéal serait qu’on ne passe pas notre temps comme on le fait, Denauzier et moi, entre deux propriétés. Je disposerais alors de tous les jours à la suite pour en venir à bout.
J’hésite entre désherber les deux plates-bandes qui bordent la route, ou désherber celle, imposante dans son format, très encombrée de vilains pissenlits, qui borde le caragana géant. Autrement dit, qu’il fasse beau ou pas beau, que mes activités, par conséquent, se tiennent à l’extérieur ou à l’intérieur, je vais être confrontée cette semaine à plus grand que moi avec soit le caragana, soit le mandala, pour ceux qui se rappellent qu’il est lui aussi de format géant.
Désherber les plates-bandes qui longent le chemin serait un choix orgueilleux, basé sur l’appréciation d’autrui, en ce sens que les quelques marcheurs des environs poseraient le regard sur des plates-bandes moins mal en point qu’elles ne le sont actuellement. Ces marcheurs pourraient constater que les plates-bandes, tout d’un coup et pour faire changement, caressent le regard.
– Il était temps, se diront-ils probablement, dans leur tête.
Désherber la plate-bande très mal en point du haut, près de la maison, serait me délester d’un poids. J’aime me délester d’un poids parce qu’après la charge qui reste, même si elle est lourde, me semble légère. Si je désherbe la plate-bande mal en point, je vais m’attaquer ensuite avec entrain au nettoyage des deux plus petites, le long du chemin. Mais commencer par la mal en point requiert du courage et nécessite peut-être une mise en train, laquelle m’entraînera alors vers les mêmes deux petites. On le voit, la prise de décision n’est pas facile –et me tue tout autant que le choix de couleur de mes crayons lors du coloriage de mes mandalas.
Souvent, ce qui arrive, c’est que je sors, la tête embrouillée d’incertitudes anticipées, couverte des orteils aux oreilles pour me protéger des bibittes, et ce sont mes pas qui décident à ma place. Ils me conduisent à une plate-bande, la dernière à laquelle j’aurais pensé, et me découvrant déjà à genoux, désherbant, arrachant des racines, je me dis :
– Tiens, c’est une bonne idée de commencer par cette zone-ci du terrain.
Heureusement, donc, qu’il y a mes pas pour me sauver.
Je ne peux pas me lancer dans cette corvée saisonnière ce matin car nous devons nous rendre à Joliette afin de rayer tous les éléments de notre liste de choses à y faire et à y acheter. À notre retour, il sera probablement l’heure de parler à chouchou, nous faisons cela autour de 13:30, et ensuite, avec un peu de courage, et s’il ne pleut pas, et une fois que nous nous serons sustentés, je pourrai me lancer dans l’aventure physique du travail de la terre.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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