Jour 224

fritosJe découvre que moins j’en fais, moins je veux en faire. À l’inverse, plus j’en fais et plus je veux en faire, mais à ce moment-là tout va vite et j’effleure beaucoup trop à mon goût.
Moins j’en fais et plus je désire bien faire ce que je fais. Donc je m’applique. J’ai accumulé 91 pages pour mon projet autobiographique. C’est ma pâte à pain, la pâte que je pétris, que je laisse gonfler, dans laquelle j’insuffle de la légèreté, de l’air, du souffle, au moyen de quelques précisions, une phrase par-ci, une autre par-là, pour rendre mon récit plus réaliste, plus coloré, plus savoureux. Il me reste deux ou trois épisodes à écrire, et j’aurai terminé l’écriture du matériau brut, j’entrerai dans l’étape de l’amélioration. J’aime cette manière rythmée selon laquelle je vis depuis que j’écris à temps plein. J’aime ne pratiquement pas utiliser mon auto, ne pas courir partout, ne pas passer mon temps à parler pour dire des choses qui m’intéressent peu le trois-quarts du temps. J’aime vivre avec les mots à l’intérieur de moi et construire des phrases qui s’envolent au fur et à mesure, qui reviennent, que je note, que je ne note pas parce que je sais que l’idée ne tiendra pas la route, etc. J’aurais eu une vie parfaitement à mon goût si j’avais été écrivaine, si j’avais choisi de gagner ma vie par le biais de l’écriture. Je ne reviendrai pas là-dessus, d’autant qu’au moment où il aurait fallu que je fasse ce choix, après mes études, admettons, je ne me rendais pas compte que j’avais une orientation de vie à choisir, et m’en être rendu compte j’aurais paniqué parce que je n’aurais pas su comment m’y prendre.
Parfois, chatonne arrive par-derrière moi, je suis assise et je tape, elle monte sur le bureau, marche sur mon clavier, réclame des caresses, répand son poil partout. Ronronne. Parfois encore, c’est mon mari qui me demande quelque chose, relire un courriel qu’il écrit pour un client et vérifier s’il y a des fautes, alors je me lève, je vais relire son texte, j’en profite pour prendre une tasse de thé, froid ou chaud cela m’importe peu. Je reviens travailler. Je suis au paradis.
Il se produit un drôle de phénomène, au cours de ce mois de février qui me voit m’occuper le moins possible de ce qui pourrait m’éloigner de l’écriture : je retombe en enfance. J’achète des produits déjà préparés à l’épicerie, de la sauce aux tomates pour des pâtes, par exemple, que normalement je me fais un devoir de préparer moi-même mais que ma mère, en revanche, achetait vu qu’elle n’aimait pas cuisiner. J’ai acheté tout à l’heure, je n’en reviens pas moi-même, un sac de croustilles Fritos, à saveur originale, que je mangeais quand j’étais jeune et que je n’ai plus mangé depuis !
Ce matin j’ai relu les 50 premières pages de ma pâte à pain et elles me plaisent. Le plus gros reste à venir, je vais devoir m’attaquer peut-être dès demain à du texte mal écrit, mal structuré, tapé sur mon écran juste pour dire que je ne perds pas le filon qui s’est présenté à mon esprit. De type Sujet, verbe, complément, et tout s’enchaînant au moyen de la conjonction de coordination « et ». Ça me fait un peu peur, j’espère ne pas m’enfoncer dans le gouffre de l’incertitude et de l’insatisfaction… J’espère réussir.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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