Jour 259

mains

Avant les taches brunes sur les mains, et après.  Elles ne paraissent pas tellement sur cette photo prise à Strasbourg, lors d’une séance de manucure avec chouchou. Photo qui me fait un peu penser à Benoite, à son journal à quatre mains, écrit avec sa soeur Flora, bien qu’ici il n’y ait que trois mains. Le vernis semble noir mais il est vert foncé. Chouchou tente de gratter le vernis qui a débordé. À son âge, ses mains sont encore blanches comme le lait. Quand je lui conseille de protéger sa peau du visage et des mains avec de la crème, je pense que mes mots entrent par une oreille et ressortent aussi vite par l’autre.

Je veux couvrir la période de mon adolescence, dans mon nouveau projet d’écriture. J’imagine que je vais néanmoins survoler des pans antérieurs de ma vie, du temps de l’école primaire, notamment, au pensionnat Les Mélèzes en sixième et en septième années, et à l’école Marie-Charlotte pour les cinq premières années.
Je me demandais hier, encore une fois au lit avant de m’endormir, après avoir lu L’aube à Birkenau que j’espérais finir mais que je n’ai pas fini, jusqu’à quel moment de ma vie je veux me rendre dans ce récit. Il me semble que le moment naturel serait le début de ma trentaine, quand j’ai entamé une psychanalyse. Je couvrirais ainsi le récit de ma première moitié de vie. À maintenant soixante ans, je considère en effet que ma vie se divise assez bien en deux parties égales. Avant la thérapie, et après. Avant une relation passionnée avec Jacques-Yvan, et après. Avant Emmanuelle, et après. Ah mon Dieu, il y a tellement d’avant et d’après. Avant d’assumer le rôle de belle-maman, et après. Avant le monde du travail, et après. J’ai commencé tard à travailler, surtout aux yeux des gens de mon nouveau milieu de vie, ici, qui ont pour la plupart commencé tôt, dès le D.E.P. ou le D.E.C. en poche. Quand Emmanuelle me demande, à cet égard, ce que je pense de son désir d’entamer des études supérieures, je lui réponds que ce n’est pas pressant d’accéder au milieu du travail. Je vais essayer de lui répondre plus positivement à partir de maintenant !
Avant mon certificat en arts plastiques, qui a eu une importance considérable sur ma manière de penser, et après. C’est un domaine que je néglige, il n’y a pas de doute, à tant écrire ces temps-ci je ne peins guère.
Avant les cheveux gris, et après. Mais en réalité, ils sont apparus dans les dernières années de ma vingtaine. Ç’a commencé par une mèche à l’avant, qui taquinait ma frange, quand j’habitais en résidence universitaire à Aix-en-Provence. Avant la teinture, tant qu’à y être, et après. J’ai commencé la teinture en entrant sur le marché du travail, comme ça, par hasard. Je m’étais fait moi-même des mèches blondes à partir d’un kit qu’on achète dans une boîte.
– Ça te va bien, le blond, avait commenté Jacques-Yvan, qui n’était à ce moment-là qu’un ancien collègue dans ma vie puisque je venais de quitter l’UQÀM, où il était, pour l’UdeM, où j’arrivais.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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