Jour 325

Huîtres

Nous n’avons pas eu l’occasion de couvrir un plateau, tel que ci-dessus, pour obtenir une belle présentation : nous les mangions au fur et à mesure. L’ami ayant oublié le citron, et moi n’en ayant pas, nous avons mangé les huîtres nature, la meilleure manière selon moi.

Ce que j’aime, lorsque mes amis viennent à la maison, celui qui apporte des huîtres et celle qui m’apporte, comme elle le dit, des fringues, c’est qu’ils sont très à l’aise, en ce sens qu’ils fouillent quand ils ne trouvent pas quelque chose dans les armoires, ils ne me demandent pas la permission de ceci, cela, ils sont chez eux, quoi ! Ils ont dû remarquer que je ne sais pas plus qu’eux où se trouvent tel ustensile ou telle casserole qu’ils me réclamaient autrefois, quand ils me connaissaient moins !
Nous avons donc mangé des huîtres, mais comme Denauzier n’était pas là pour me les ouvrir, et comme je ne voulais pas que notre fournisseur en mange plus que moi, parce que je suis gloutonne, il a fallu que je travaille fort pour ouvrir les miennes.
– Je ne connais pas beaucoup de femmes qui savent ouvrir les huîtres, m’a dit l’ami. Ni qui peuvent en manger autant que tu en manges.
– Je dirais que c’est parce que tu compares avec des gens de notre génération.
– Je ne pense pas… a répondu l’ami, qui s’est mis à énumérer ses connaissances plus jeunes, pour arriver au constat que ces personnes plus jeunes n’ouvrent et ne mangent pas vraiment d’huîtres.
– Dans la famille du père de ma fille, ai-je commencé, en essayant de me concentrer pour raconter mon histoire tout en continuant de manier le couteau sans me blesser, on sert des huîtres aux repas de Noël et de fin d’année.
– Alors tu vidais les plateaux dans ta belle-famille !, s’est exclamé l’ami.
J’ai fait la sourde oreille pour ne pas me laisser déconcentrer.
– On demandait aux enfants d’en goûter au moins une, année après année. Je me rappelle, une année, de la petite blondinette qui avait hésité de longues minutes avant de se décider à aspirer la substance. Quand elle s’était décidée, elle s’était fermé les yeux et n’avait pas respiré jusqu’à ce que la substance gélatineuse soit avalée ! Elle était mignonne. Elle s’était prêtée au jeu.
– Et ta fille, a demandé la compagne de l’ami.
– Maintenant, ma fille et cette blondinette en mangent volontiers.
Je me suis entendu répondre, sans être certaine de dire la vérité. Ma fille aime-t-elle les huîtres tant que ça ? Il va falloir que je le lui demande !
– Les sœurs du père de ma fille aiment les huîtres, ai-je poursuivi avec plus d’assurance parce que je les ai vues en manger à plusieurs occasions.
– Elles pourraient en manger autant que tu en manges ?, a demandé l’ami.
– Non, mais ce n’est peut-être pas tant parce qu’elles les aiment moins, que parce qu’elles ont reçu une meilleure éducation, étant jeunes !
Toujours est-il que nous avons mangé plus de cinquante huîtres, à deux. L’amie de mon ami ne les aime pas. Mais avec mes longues histoires de comment ça se passait aux fêtes de fin d’année dans ma belle-famille d’autrefois, je suis certaine que l’ami fournisseur en a mangé plus que moi parce qu’il ne parlait pas !

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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