Jour 403

PrintIl commence à y avoir plus de nuages que ce matin dans le ciel de St-Jean-de-Matha et je ne suis toujours pas dehors pour nettoyer le terrain qui est immense. Au moins je suis habillée en conséquence, il ne me reste qu’à enfiler mes bottes et mes gants. Et à attraper une casquette en sortant. J’ai passé la matinée en tenue d’intérieur à pratiquer mon exercice à venir de lecture publique. Mes cordes vocales se fatiguent très vite, et ce depuis toujours. Dans ma belle-famille, les gens parlent et rient très fort et je me demande vraiment comment ils peuvent réussir cet exploit. De leur côté, ils doivent bien se demander comment ça se fait que je parle si faiblement.
Étant donné que j’ai la maison pour moi toute seule, je ne risque pas de me faire prendre en flagrant délit de répétition. Je me lâche lousse, et avant d’entamer la lecture de mes textes en tant que telle, j’y vais pour une tentative d’introduction :
– Permettez-moi de vous situer avant de commencer ma lecture.
– Je pense qu’il serait préférable que je vous explique un peu le contexte dans lequel j’ai décidé de créer mon blogue.
– J’écris depuis plus de huit ans un texte par jour travaillé, bien que je ne travaille plus.
– Lorsque mon compagnon est décédé, en 2011, j’ai voulu rendre mes journées plus riches et j’ai pensé qu’écrire un texte par jour travaillé, du lundi au vendredi, rendrait mes journées plus riches.
Je m’écoute parler, je ne suis pas du tout satisfaite de ce que j’entends, mais je persiste. Je persiste en revenant sur ce que je viens de dire pour apporter des précisions.
– J’avais obtenu un congé de mon employeur pour accompagner mon mari pendant ses traitements. Lorsqu’il m’a fallu retourner au travail, je me suis demandé comment je pourrais faire pour que mes journées soient plus riches. Parce que travailler, tel qu’on entend travailler dans un milieu professionnel, n’a jamais été pour moi une manière de rendre mes journées riches.
Je sais que je ne défilerai jamais les phrases que je m’entends prononcer, mais je poursuis, à la recherche d’un filon d’introduction qui va se manifester de lui-même, indépendamment de mes essais maladroits.
– Lorsqu’est arrivé le moment de retourner dans ce milieu qui me fige, qui m’éteint, qui me tue, je me suis demandé comment je pourrais améliorer mon sort.
– Je dois préciser que lorsque je suis retournée au travail, mon compagnon était au plus mal, à l’hôpital, et que j’ai passé les trois premières semaines de ce retour –forcé– sous forme de triangle : mon bureau, l’hôpital, la maison. Heureusement, les trois angles de mon triangle n’étaient pas trop éloignés les uns des autres.
– Je n’écris pas les fins de semaine, puisque la fin de semaine je ne suis pas dans ce milieu qui me fige, j’écris seulement du lundi au vendredi. J’ai évalué que si je soustrayais de 365 le nombre de jours que représentent les weeks-ends, les jours fériés et les vacances, j’arrivais à un total de plus ou moins 220 jours d’écriture.
J’y vais alors de ma formule mathématique :
– 220 jours X 10 ans = 2 200 textes
– Je me rends compte que j’ai oublié de mentionner que je me suis fixé le défi d’écrire pendant dix ans. Pourquoi dix ans ? Parce que cela m’amenait à l’âge de la retraite. Mais j’ai pris ma retraite bien avant. Et j’écris toujours. Et j’ai numéroté mes textes comme un compte à rebours, en commençant par 2 200. Et je suis rendue à 403. Pas trop mal, hein ? Et facile à comprendre !?

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
Cette entrée a été publiée dans 2 200 textes en 10 ans. Mettre ce permalien en signet.

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