Jour 444

AfriqueAustrale

Au Mozambique. Photo provenant du site Slate Afrique le 19 mars 2019.

La prochaine fois que je me rends à Montréal, je m’achète une carte plastifiée du continent de l’Afrique au magasin des Quatre points cardinaux, angle Ontario et St-Hubert. Ça fait des années que j’y pense. Lors de mon récent séjour, d’ailleurs, j’y ai encore pensé, mais je me suis empêchée de le faire parce que j’ai beaucoup dépensé en mangeant presque tous mes repas dans les restaurants. Pour ma soixantaine, c’est décidé, je m’offre ce luxe qui me coûtera autour de 30$.
Je vais devoir épingler la carte, qui fait près d’un mètre carré, sur un des murs de mon bureau. Curieusement, ce dernier est l’endroit de la maison où il y a le moins de choses aux murs –toiles, photos, tableaux–, parce que mon frère les Pattes les a repeints. Ils sont tellement beaux que je ne désire pas les percer de trous de punaises ou de clous, et encore moins les tacher avec de la gommette bleue. J’évolue dans un bureau aux murs vierges et aux allures de forêt vierge à cause des vingt-sept plantes qui s’y trouvent !
Une forêt vierge, à bien y penser, ça ne doit plus exister sur la planète.
Si j’avais la carte en ma possession, je pourrais la consulter pour savoir où a eu lieu le cyclone Idai qui a ravagé le centre du Mozambique et l’est du Zimbabwe. Je lis sur Slate Afrique que la deuxième ville en importance du Mozambique, Beira, a été détruite à 90%. Des gens se sont réfugiés dans les hauteurs des arbres, où ils doivent se méfier des animaux, des serpents, des insectes. Des corps flottent sur les eaux qui couvrent une surface d’un rayon de 100 km. Terres et villages sont inondés; routes, ponts, hôpitaux, écoles, réseaux de communications sont détruits. Lu dans un article de La Presse : « …les tôles en s’envolant ont décapité des gens. » Les barrages risquent en outre de céder, ou s’ils ne cèdent pas, c’est que les vannes auront été ouvertes pour éviter qu’ils cèdent, inondant ainsi encore plus les terres submergées.
La misère noire –pendant que je m’extasie devant mes tubes de crème ! Une manifestation supplémentaire des changements climatiques –pendant qu’on continue de discourir quant à savoir s’ils existent bel et bien !
Cette tragédie me fait penser à ma voisine de train, lors de mon séjour à Toronto l’automne dernier. Je pense que je venais de voir le film de Hubert Reeves, La terre vue du cœur. J’avais la tête encore pleine d’images associées au thème de l’extinction de l’espèce humaine. Probablement que c’est moi qui avais introduit ce sujet dans notre conversation. Selon ma voisine, une catholique pratiquante, pour solutionner le problème du surpeuplement planétaire, le problème encore de l’exploitation excessive des ressources, pour créer un bon nettoyage, pour rebâtir sur des bases nouvelles, elle évoquait la possibilité d’une « grosse épidémie ».
Une grosse épidémie dans les récits bibliques, ou un gros cyclone de nos jours, c’est pas mal pareil. Mais les bienfaits se font toujours attendre.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
Cette entrée, publiée dans 2 200 textes en 10 ans, est marquée , , , , , , , , , , , . Mettre ce permalien en signet.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s