Jour 446

3ans4mois

L’enfance comme un bouclier contre l’adversité.

Je pourrais profiter des quelques textes qu’il me reste à écrire avant d’atteindre le Jour 440, qui sonnera la fin de ma huitième année d’écriture et le début de la neuvième, pour faire le point sur ma vie, à la veille de mon entrée, le 6 avril prochain, dans la soixantaine.
D’entrée de jeu, j’annonce que je connais mieux qu’avant le phénomène des cochenilles farineuses ! Les maudites ! C’est la première pensée qui me vient parce que je suis entourée de plantes dans mon bureau. Quand j’en ai vu apparaître cet hiver sur les feuilles de mon poinsettia et sur mon dragonnier, j’ai coupé les branches du poinsettia, rien de moins. Pour ce qui est du dragonnier, je l’ai mis en quarantaine dans l’espace restreint de la douche du rez-de-chaussée.
Cela a beaucoup intrigué la petite, qu’il y ait une plante dans la douche ! À chacune de nos visites dans la salle de bain, où je devais l’accompagner pour installer le siège d’appoint sur le siège de la cuvette, elle me demandait si c’était parce qu’il y avait des bibittes que la plante était ainsi placée derrière la porte vitrée. Je répondais que oui, la plante était malade parce qu’il y avait des bibittes sur les feuilles. Parfois je variais un peu ma réponse, pour la familiariser avec de nouveaux mots : la plante a reçu un traitement, j’ai désinfecté les feuilles et la tige, j’ai vaporisé les œufs d’insectes avec un produit, je lui montrais alors la bouteille à vaporiser qui contenait le produit, etc. Les œufs d’insectes, j’avoue que c’est difficile à imaginer, d’autant qu’elle ne dit pas des œufs, quand elle veut en manger, mais des cocos ! Bof. L’important, ai-je déjà lu, du temps qu’Emma était jeune, est d’exposer l’enfant à un éventail de nouveautés, quitte à ce que cela s’avère un peu complexe au début. C’est ce qui fait que lorsque Emma était petite, peut-être deux ans, je lui disais de bien tenir le drap par l’extrémité, lorsqu’elle m’aidait à faire le lit.
À ma connaissance je ne suis pas malade. Et ce matin j’ai fait des exercices sur mon tapis de yoga. Il suffirait d’un peu de volonté et j’en ferais régulièrement.
Cette dernière phrase témoigne à elle seule du grand progrès qui s’est mis en place, mine de rien, dans mon schème de pensée : je n’ai plus tendance à penser que les événements arrivent comme par magie –à ceux qui les méritent–, je suis davantage consciente qu’il faut agir pour les susciter.
Je n’aurai pas écrit grand-chose d’intéressant ces huit dernières années sur mon blogue, je ne sais toujours pas à quoi m’aura servi cette pratique régulière d’écriture, sinon à me maintenir la tête hors de l’eau lors d’épisodes difficiles ou, au mieux, à me permettre de me sentir vivante. Peut-être, encore l’orgueil, mon blogue m’aura-t-il servi à me distinguer des autres, à entretenir, comme une réminiscence, une flamme très très vacillante, toute petite, qui témoigne que je suis titulaire, difficile à croire mais vrai, d’un diplôme d’études de troisième cycle en littérature française.
Sur le plan de mes peintures, je me sens quand même moins néophyte qu’il y a treize ans, lorsque j’ai commencé mon certificat en arts plastiques à l’UQÀM en 2006.
Dans son ensemble, et comme l’exprime très justement le paragraphe qui a trait à mon blogue, je continue de me juger sévèrement, de me trouver assez peu de talent en toute chose. Un élément cependant s’avère présent dans ma personne auquel je suis plus attachée qu’autrefois, parce que j’ai pris conscience, au fil du temps, à quel point il est précieux : il s’agit de mon indéfectible enthousiasme enfantin. L’enfance comme un bouclier contre l’adversité.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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Une réponse à Jour 446

  1. Jacques Richer dit :

    C’est notre source de vitalité. Tu as bien raison. Si on commence à vieillir, ou à mourir, quand on perd son esprit d’enfant, alors pourquoi dit-on quel les vieux retournent à l’enfance? Parce que ce serait la dernière chose qui meurt en eux? La vieillesse, c’est vraiment la vie à reculons?

    Aimé par 1 personne

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