Jour 482

quadruTête2

Prisonnière de mon style.

J’ai peint une bonne partie de la journée. Ce matin j’ai écrit le texte du Jour 483, en buvant du café. Puis je me suis lancée dans la peinture, en mangeant des œufs durs. J’ai écrit dans mon bureau, mais j’ai peint dans la salle à manger. À 14:30, je suis sortie pour faire tester la vitesse de coagulation de mon sang. Je suis sortie en auto car ç’aurait été folie de vouloir me rendre à pied à la pharmacie sur la chaussée archi glacée.
Voici ci-contre où j’en suis rendue de mon quadrupède. J’y mets tout mon cœur, j’y déverse toutes mes aspirations, je m’investis à fond, mais. Mais je ne vais pas au-delà de mes petites capacités. Je ne sais pas comment je pourrais faire pour réussir à aller au-delà de mon style naïf.
Ce matin, le feuillage derrière l’animal était rouge. Le voilà vert, mais j’ai appliqué le vert de manière à ce que le rouge, en pourtour, soit encore visible. Je ne sais pas quelle sera la prochaine étape. J’ai uniformisé le fond en gris noir, derrière le feuillage, comme si l’animal se tenait devant un roc. Ou comme si c’était la nuit. Je trouve que les pattes sont gracieuses et qu’elles valent, à elles seules, tout le trouble que je me donne.
Je mets cette photo en ligne ce soir à l’attention particulière des lecteurs qui auraient pris la peine de lire mon texte du Jour 486 dans lequel je décrivais par quels détours les larges lignes brunes sur la toile –à ce moment-là composition abstraite– m’amenaient à voir ce bel animal.
Pendant que je peignais cet après-midi, il me revenait sans cesse à l’esprit le passage du film Coming Home, dans lequel Jane Fonda s’installe dans une petite maison sur le bord de l’océan. Elle sort des choses d’une voiture sport qu’elle vient d’acheter, elle exhibe je pense sa nouvelle coupe de cheveux, elle est vêtue légèrement parce que c’est l’été, peut-être des pantalons courts ? Il faudrait que je réécoute le film pour vérifier si on entend le ressac de l’océan, dans ce passage. Je dirais que non. C’est d’une importance nulle, qu’on entende ou non le son des vagues dans ce passage du film, qui se déroule en Californie mais je ne saurais dire dans quelle ville ?, pourtant c’est la question que je me suis posée pendant que je transformais mes masses rouges en masses vertes.
J’ai aussi plusieurs fois pensé à une conversation que j’ai eue récemment avec ma cousine et avec son compagnon. On parlait des gens qu’on trouve beaux. Quel est notre idéal de beauté ? Quel est notre type d’homme ? De femme ? Et je me suis rendu compte, en éliminant telle personne que je pensais trouver belle, puis telle autre, que la personne dont la beauté me touche le plus, c’est mon ami André, maintenant décédé. Bien entendu, je ne le lui ai jamais dit.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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