Jour 485

manteauHippie

C’était en plein ce genre de manteau que portaient les femmes de mon rêve.

J’étais en escapade à New York avec mon groupe d’ex-collègues, ceux que j’ai rencontrés vendredi dernier. Il y régnait une atmosphère de fin du monde. La plus jeune des collègues, qui est celle, dans la vraie vie, ayant le plus de leadership, décidait des endroits où nous irions. Ainsi, après avoir copieusement mangé dans un restaurant chinois de son choix, qui me donnait l’impression d’être aussi grand qu’une ville, elle nous annonçait que nous irions poursuivre la soirée dans une discothèque. En entendant le mot discothèque, j’étais soulagée, je savais que j’allais m’éclipser et me promener tranquille, laissant les plus jeunes swinger tout leur saoul. J’annonçais donc à mon groupe que je préférais visiter les environs en les attendant, et nous nous séparions sans nous entendre au préalable sur un lieu de rencontre. Je ne savais pas où j’étais, je n’avais aucun repère, mais cela ne me dérangeait pas. À peine avais-je commencé ma flânerie solitaire que la nuit était déjà finie, et les rues se retrouvaient bondées de gens dans la vingtaine et trentaine, assis par terre dans la rue pourtant couverte d’un épais tapis de neige. Ils se remettaient plus ou moins de la nuit qu’ils venaient de passer. Ils étaient pour la plupart sous l’effet des drogues et de l’alcool, comme en témoignait leur regard hagard. Heureusement, ils portaient de longs manteaux ou encore des capes faites de peaux de mouton et cela les tenait au chaud. Les femmes avaient les cheveux très longs. Je me faisais la réflexion que c’était effectivement comme ça que se déroulaient les fins de nuit, à New York, dans cette faune hippie aussi désorganisée que colorée. Autrement dit, cela ne semblait pas être la première fois que je me frottais à ces attroupements tranquilles, pacifiques. C’était comme une marque de commerce de la ville, c’était en partie pour découvrir ce must see que les touristes choisissaient la destination de New York, comme on visite le quartier du Red Light quand on se rend à Amsterdam. Je marchais, j’observais, je m’imprégnais de cette atmosphère exotique, remerciant le ciel que personne ne soit malade car alors le plaisir de la promenade aurait été inexistant. Puis, de loin, j’entendais qu’on criait mon nom :
– Lynda !
Je me tournais et retrouvais mes ex-collègues fort éméchés, y compris Ludwika, à ma grande surprise, en ce sens que Ludwika fait partie des êtres que je ne peux imaginer saouls ou drogués.
– Tu as été dure à trouver !, s’exclamait une femme du groupe que je ne connaissais pas. Dis donc, où est-ce que tu étais allée te cacher ? Ça fait un sacré bout de temps qu’on te cherche !, etc.
Cela me réchauffait le cœur, on ne m’avait pas laissée seule, abandonnée à mon sort de promeneuse solitaire, on avait voulu me réintégrer au groupe. Notre prochaine destination était bien entendu notre chambre d’hôtel. Je me demandais, vaguement inquiète, si j’allais être capable de socialiser sans effort avec la personne qui occuperait l’autre lit de notre chambre à deux…

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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