Jour 499

rideaux-ouverts-1On dirait qu’il est tombé une petite neige pendant que je dormais. Les traces du chien qui vient flairer tous les jours autour de la maison sont couvertes d’une couche de sucre granulé. J’ai dormi de minuit à dix heures ce matin, sans interruption aucune. Je ne me rappelle pas des rêves que j’ai pu avoir faits pendant mon sommeil. À mon réveil, la pièce principale où nous passons le plus clair de notre temps était plutôt fraîche, il n’y faisait que 17 degrés. C’est ça qui arrive quand on chauffe au bois, quand le mari est parti à Calgary et qu’il n’est donc pas là pour alimenter le feu aux petites heures du matin, car il se réveille tôt. Heureusement, il restait encore quelques braises et j’ai pu repartir le feu sans difficulté. Il fait d’ailleurs déjà vingt degrés et il est midi.
Nous avons une drôle de manière de chauffer la maison, cette année. Étant donné que nous avons vécu un deuxième dégât de suie causé par un mauvais fonctionnement de la fournaise à l’huile, nous ne chauffons plus à l’huile. Or, c’est l’huile qui fournit la chaleur à la nouvelle partie de la maison –où se situe la chambre à coucher–, construite il y a plus de dix ans, mais nouvelle quand même par rapport à la maison en tant que telle, construite il y a peut-être trente ans. Quand on est deux personnes sous les couvertures, il n’y a aucun problème. Mais pour m’assurer de ne pas avoir froid, étant seule, j’ai déposé une troisième couette sur le grand lit. Ça doit être pour ça que j’ai si bien dormi. Malgré que j’aie laissé les rideaux ouverts, il faisait sombre au-dessus de moi car trois couettes se faisaient compétition pour couvrir mes oreilles de même que mon champ de vision.
J’ai préparé mon environnement, hier en soirée, en prévision d’une journée intensive de peinture aujourd’hui. Je dispose de deux jours de solitude, qui seraient, dans le meilleur des mondes, deux jours de travail soutenu, mais demain est le jour J consacré à tantine. J’ai couvert la table de la salle à manger d’une nappe en plastique pour y travailler. Il fait en effet plus chaud dans la salle à manger que dans mon bureau. En ce moment, pinceaux et toile et couleurs attendent que je m’y mette. Je vais commencer par tracer des lignes brunes entre les masses jaunes de mon vase géant, pour ceux qui s’en souviennent. Ensuite, je ne sais pas ce vers quoi je vais me tourner.
Quand je travaillais à l’université, il m’arrivait de transformer mes week-ends en séances intensives de peinture. Je mangeais peu, puisque bougeant peu, et je m’en tenais au minimum pour les soins d’hygiène à apporter à ma personne. Comme si chaque minute consacrée à autre chose qu’à la pratique artistique –écriture et peinture– était une minute volée au génie créateur, comme si je ne désespérais pas d’être habitée un jour par un génie créateur de petite capacité.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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