Jour 601

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Napperon artistique pour le restaurant Bravo Pizzeria !

Incroyable ! Il suffirait d’affirmer sa faiblesse sans honte et sans sentiment d’infériorité pour qu’elle devienne force ? J’écrivais hier que dans le rêve qui me faisait réciter quelque chose sur scène, au lieu de réciter j’avouais mon incapacité d’acter, d’être à la hauteur des autres.
– Je suis celle qui n’est pas capable de parler, énonçais-je craintivement à la foule.
– Et arrêtez de me demander de le faire !, semblait vouloir crier mon inconscient, une fois pour toutes.
Je me délestais par cette seule affirmation, et sans m’en rendre compte, de la peur de me faire demander quelque chose que je ne suis pas capable de faire. Je me définissais par mes manques et cela me convenait. À l’avenir, en me croisant, les gens diraient :
– Ah !, elle, c’est celle qui ne peut pas parler en public, ou même pas parler tout court.
Et on me laisserait tranquille.
Or, dans le rêve que j’ai fait cette nuit, pendant qu’il pleuvait énormément, j’étais sélectionnée à mon insu pour jouer le rôle de l’héroïne principale dans un film. Faisant mes premières armes en tant qu’actrice, je me découvrais à l’aise et pas effarouchée. Du jamais vu ! J’exprimais même, au bout de quelques scènes filmées, que je me sentais capable d’aller plus loin que ce qui m’était demandé. Au début, les professionnelles autour de moi, toutes maquillées et manucurées, me donnaient des indications. Une me disait de ne pas bouger trop lentement. Je pouvais, si je le voulais, ouvrir la porte lentement, mais une fois en mouvement pour marcher, il me fallait marcher avec énergie et dynamisme. On me donnait un exemple que je suivais sans difficulté.
Je me demandais pourquoi on n’appliquait pas de mascara sur mes cils blonds et pourquoi on ne me fardait pas. Puis, je comprenais que l’actrice, dans ce film, se distinguait des autres par sa singularité.
En d’autres mots, une incapacité –et une singularité– ne seraient donc pas une faiblesse et c’est à bientôt soixante ans que je le comprends !
J’écrivais hier qu’en réponse à Denauzier qui me trouve folle de tant travailler sur mes petites masses, je répliquais lapidairement Je suis comme je suis. On pourrait penser que je lui répondais bêtement, or il n’en est rien. Ces derniers temps, nous répétons souvent lui et moi, à propos de certaines personnes dans certaines circonstances :
– Il est comme il est, on ne pourra pas le changer.
– Elle est faite comme ça, elle ne changera pas, mais elle pourrait évoluer.
Ma psychanalyste répétait souvent cela, en parlant de Jacques-Yvan. Elle disait, sans doute pour que je ne pense pas qu’elle exprimait la volonté de le diminuer :
– Monsieur est fabriqué comme ça, Mme Longpré, comprenons-nous bien. Nous ne pouvons pas le changer.
Je suis celle qui adore se pencher sur ses petites masses, même si le résultat n’est pas à la hauteur de toutes les heures investies. Je suis faite comme ça. Je ne porte pas en moi le souci du résultat, finalement, mais plutôt celui de l’aventure, de la recherche, de la découverte.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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