Jour 629

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Fond no 1. La tentation sera grande de remplir les espaces entre les lignes pour obtenir des masses de différentes couleurs. J’ai obtenu ces lignes en versant du vernis à ongles sur le papier. Il y a d’autres artistes qui remplissent des espaces entre les lignes. Je pourrais le faire aussi. Mais quand je le fais, je ne me confronte pas à mon défi premier qui serait d’apprendre à dessiner. À cause de ça, j’ai l’impression de choisir la facilité avec mes remplissages, de fuir, en quelque sorte.

Samedi nous étions au chalet. Lac Miroir, à proximité de la Manawan. De la bibitte en masse. J’avais beau m’être protégée avec un filet pour le visage, des manches longues aux jambes et aux bras, des bottes de marche et des chaussettes qui remontent sur les pantalons, et même j’avais beau m’être protégé les mains avec des gants légers, ce n’était pas agréable. Le viraillage des mouches à chevreuil autour de ma tête sans arrêt. Tout le long de ma promenade. Et les mouches noires qui trouvent le moyen de se faufiler sous le filet.
À mon retour, j’ai fait trois choses : boire car j’avais eu chaud et que donc j’avais soif, me changer pour une version vestimentaire allégée aux jambes et aux bras, donc sans manches, me passer les mains dans les cheveux pour en extraire les bibittes récalcitrantes. Plusieurs fois. Me rafraîchir avec une débarbouillette. Cela fait quatre choses. M’asseoir et me plonger dans Taqawan, cinquième chose.
J’ai lu le roman d’un coup. Presque. Je m’interrompais pour boire de l’eau, je regardais où en était mon mari dehors dans ses nombreuses tâches d’ouverture du chalet pour la saison –en se faisant manger. J’ai lu le roman d’un coup, donc. Parce que c’est un roman, dont certains chapitres sont très courts, un paragraphe. Tous les textes sont au service d’une même histoire. Pour les sept huitièmes de l’histoire, j’étais happée. Au dernier huitième, les morceaux de l’histoire convergent vers un dénouement dont le surréalisme m’a fait penser à mes lectures des romans Fantômette de la Bibliothèque rose. Malgré ça, la différence est énorme entre l’intérêt qu’a eu sur moi cette histoire basée sur des faits réels, et l’intérêt très égal, tranquille et sage, que génère la lecture –baby boomer à souhait– de L’Esprit vagabond, ou encore la lecture –queue du baby boom– des textes de ma plateforme badouzienne. J’arrête là les comparaisons.
Ensuite, je me suis mise à lire un peu, juste un peu, Marc Séguin. C’est pour faire comme lui que j’écris de manière elliptique. Un mot, une phrase. Saccadé. Fragmenté. Chaque mot/phrase comme une petite pelletée lancée qui fait de l’effet. Paf. Paf Paf. Pas de longues phrases à la recherche du mot juste et de la paraphrase nécessaire pour bien rendre compte du mécanisme, de la manière dont fonctionne tel bidule, comme-lorsque j’essaie-d’expliquer-que-mes-chemises-sont-dotées-de-languettes-qui-servent-à-remonter les-manches, Z Z Z Z Z Z Z Z Z Z Z…

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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