Jour 635

28BrocheChiro

J’achète rarement les choses sur un coup de coeur, je les achète en me disant qu’elles sont « pas si pires », en ce sens que je ne sais jamais si elles sont ou ne sont pas belles. Voici une broche « pas si pire », que j’aime. 

Cette broche était épinglée en permanence sur la veste que je portais au travail. Je portais la veste quand je me rendais à mes rendez-vous chez le chiropraticien. C’était une femme, en fait, une chiropraticienne, dont je n’aimais pas la personnalité. J’avais de plus en plus souvent un point dans le dos, à la hauteur de l’omoplate droite. Un collègue m’avait suggéré la chiropratique.
Après deux ou trois séances de soins qui me semblaient bâclés et qui consistaient essentiellement à me faire craquer la colonne, j’ai voulu me tourner vers un autre chiro. La jeune femme dont je n’aimais pas la personnalité pratiquait dans une maison de soins alternatifs, si on peut dire ça, qui réunit des ostéopathes, des naturopathes, des massothérapeutes et plusieurs chiros. J’avais facilement obtenu un rendez-vous avec un chiro homme qui, lui, ne réussissait pas à faire craquer la colonne. C’était tellement improbable que cela m’avait presque plu ! Ne réussissant pas à faire craquer la colonne, cet homme, lui aussi plutôt jeune, se tournait vers d’autres pratiques, peut-être le reïki, qui avaient l’avantage de me garder longtemps dans son bureau. J’avais ainsi l’impression d’en avoir plus pour mon argent. Assez rapidement, la jeune femme que j’avais délaissée s’était rendu compte que je lui préférais un confrère. Elle avait presque exigé que je lui rende des comptes. Ne sachant comment me sortir du pétrin, j’avais décidé de ne plus aller voir les spécialistes de la chiropratique, mais plutôt les massothérapeutes de la même maison.
C’est ainsi que je suis tombée sur une femme qui m’a semblé compétente et dont j’aimais le caractère. Notre collaboration, encore une fois si on peut dire ça dans la mesure où je ne faisais absolument rien lors de mes soins sinon me tourner quand elle me le demandait, a duré des années. Ce que j’ai aimé le plus de nos rencontres, c’est qu’elles se déroulaient dans le sous-sol de cette grande maison de la rue St-Denis, un sous-sol en bonne condition qui ne dégage pas de relents d’humidité. La petite pièce dans laquelle travaillait la massothérapeute donnait directement sur la rue, et sur la circulation. Je pouvais mesurer l’importante superficie de la maison parce que pour descendre au sous-sol il fallait emprunter un escalier situé à l’arrière du rez-de-chaussée, donc côté ruelle, et une fois au sous-sol on traversait tout l’espace pour se rendre à l’avant, côté rue. Une petite fenêtre, quand même plus grande qu’un soupirail, laissait entrer un peu de lumière. On entendait les grondements des moteurs des camions, atténués par l’épaisseur du béton et la proximité de la terre qui entourait le béton. Je me sentais en sécurité. Je me sentais comme dans le film Le dernier métro parce que dans ce film de François Truffaut, qui se déroule pendant les années du nazisme, un des personnages principaux, juif, se cache dans le sous-sol du théâtre qu’il dirige.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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