Jour 664

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Exemple de maquillage qui prévalait chez les humains détoxiqués de mon rêve.

– Ils sont tous bons, concluait mon complice, mon allié dans mon rêve, un jeune homme dans la fin vingtaine.
Nous avions abouti lui et moi dans un univers dont les manières médiévales nous semblaient rustres, voire dangereuses et cruelles. Ça y allait par là à grands coups d’épées et de couperets.
Pendant qu’il affirmait que les êtres autour de nous étaient tous bons, et non méchants comme nous l’avions craint, je constatais que le physique de mon ami, si on peut appeler ami un individu qu’on ne connaît pas, avait changé en quelques jours seulement que nous étions dans cet environnement. Ses cheveux étaient plus longs, plus blonds, et ses yeux plus bleus. Sa peau plus claire, ses membres plus modelés sans être pour autant gros ou musclés. Ce ne sont pas tant ces aspects strictement physiques qui avaient changé chez mon allié, que l’allure générale de sa personne. Son apparence l’éloignait de l’humain belliqueux et orgueilleux que nous rencontrons trop souvent, et cédait la place à un être artistique, idéaliste, créatif, inventif.
Notre conversation s’arrêtait là car une voix se faisait entendre qui disait ceci :
– Nous allons vous appeler par votre nom. Vous devrez alors vous lever pour aller choisir vos armes et votre tenue.
Rendu mon tour de me lever et de choisir, je n’avais qu’un canif mou, en caoutchouc, pour toute arme. L’homme qui me faisait face de l’autre côté de la table où étaient étalées les armes, me mettait entre les mains un couteau plus résistant, plus efficace, qui allait me permettre de me défendre mieux.
– Je ne serai pas capable de l’utiliser de toute façon, me disais-je dans mon for intérieur, tout en remerciant l’homme d’un sourire timide, car il avait de quoi intimider avec son physique de géant et sa mine peu avenante.
Je me rendais compte, en essayant de m’installer une cape sur les épaules, que les gens autour de moi étaient maquillés comme s’ils voulaient ressembler à des toiles de facture abstraite : une grosse tache bleue sur un menton, des cheveux en broussaille, un œil de maquillé, pas les deux, beaucoup de couleurs qui créaient une énergie dans laquelle on avait presque envie de mordre.
– Les gens ont découvert une nouvelle manière de se mettre en valeur, me disais-je, d’exprimer leur ouverture et leur adhésion à cette humanité améliorée qui vient de prendre forme. Ils deviennent enfin eux-mêmes, délestés des principes –comme autant de castrations– qui ont enlaidi nos sociétés pendant toutes ces années. Finis l’orgueil, l’arrogance, le pouvoir, la performance à tout prix, l’appât du gain. Place à la solidarité, au travail d’équipe, à l’entraide, à l’amour pour autrui dans la justice et l’équité.
– Ils sont tous bons, répétait alors mon allié.
Sa constatation m’incitait à remarquer que les actions des pseudo guerriers autour de nous, pour extrêmes qu’elles semblaient, à la limite du tranchage de têtes sur un fond de cris gutturaux, n’étaient en fait qu’une manière déguisée de faire du bien, de chatouiller, de caresser. Quand on prêtait l’oreille, d’ailleurs, on entendait des rires étouffés et des exclamations joyeuses.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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3 réponses à Jour 664

  1. Jacques Richer dit :

    Tes nuits ne semblent pas très reposantes.

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