Jour 680

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Stores dans un environnement moderne, propre et éclairé, tout le contraire du climat vétuste, sombre et négligé qui régnait dans mon rêve.

J’ai fait un rêve construit sur le modèle d’un scénario de film, en ce sens qu’il commençait par le dénouement, et venait ensuite l’histoire depuis le début nous permettant de comprendre ce dénouement. Un jeune homme marchait qu’on ne voyait que de dos, et une personne était à ses côtés mais on ne la voyait pas. Parce que ce jeune homme s’orientait vers la gauche, dans une sorte de halo de lumière bleue vaporeuse, il fallait comprendre qu’il était exclu de l’école ou quelque chose du genre, il venait de recevoir le verdict d’une mauvaise action qu’il n’avait pas commise.
– C’est injuste ! Voyons donc, c’est un bon, il n’est pas méchant !, étions-nous quelques-uns à nous insurger.
Nous entrions alors dans un appartement très vieux, laissé à l’abandon, sombre parce que nous étions la nuit, mais aussi parce que deux toiles recouvraient les grandes fenêtres, une toile opaque blanche comme on voyait autrefois partout, d’un blanc devenu jaune tirant même sur le brunâtre, et par-dessus la toile il y avait aussi des stores vénitiens en imitation de bois, dont les lamelles avaient mangé de la misère. Dans cette maison sombre et désordonnée, je devais dormir sous l’évier de la salle de bain, dans la petite vanité. Cela ne me dérangeait pas tellement puisque je me savais être dans une maison hors norme. J’étais séduite, d’ailleurs, par ce climat unique et mystérieux. Au bout d’un moment, lassée, quand même, d’être si mal placée sous l’évier et de manquer d’espace, je demandais à un jeune homme évanescent, existant à peine, aussi vaporeux que le halo lumineux du début, si je pouvais circuler dans la maison. Il m’en donnait l’autorisation d’une voix très douce. Je découvrais alors que les chambres étaient jonchées de matelas directement déposés sur le sol, sans literie les recouvrant, mais des individus étaient couchés dessus, dont une femme couverte des orteils aux oreilles par des couvertures de laine rouge. Le jeune homme à peine existant m’ayant informée que je pénétrais dans la chambre de la mère, j’en déduisais que sous les couvertures rouges se trouvait le corps –longiligne– d’une femme à la chevelure brune. Je me faisais d’elle l’idée d’une personne bohème et instable psychologiquement. L’instabilité, ici, allait de pair avec la vie de bohème, comme si c’était un mal nécessaire, qui allait de soi, alors je ne m’en formalisais pas. C’était le prix à payer, l’instabilité, pour évoluer dans ce climat unique qui m’attirait comme un aimant.
Puis, de vaporeux et cachés par des couvertures, les personnages de mon film prenaient forme humaine de chair et d’os. Deux hommes, très beaux, étaient assis sur un banc, peut-être dans un parc, et auprès d’eux une belle femme blonde aux longs cheveux ondulés, bohème aussi, fumait une cigarette. Tous les trois attendaient de se trouver un emploi, mais disons que la jeune femme attendait plutôt que les deux hommes aient trouvé un emploi, autrement dit son rôle était limité à l’attente nonchalante, décontractée, dans une douce mélancolie. Elle y avait chez elle un restant de mode hippie des années soixante. J’enviais cette femme, j’aurais voulu être à sa place et tenir compagnie aux deux hommes. L’un d’eux ensuite se trouvait en face de moi pour me dire que ce n’était pas parce qu’il était sans emploi qu’il méritait moins que les autres individus sur la planète.
– Si vous en avez l’occasion, ajoutait-il après m’avoir adressé quelques mots, essayez de faire passer le message que j’aimerais bien être professeur.
– De quelle matière ?, lui demandais-je.
– De physique, répondait-il en se bombant subtilement le torse.
À l’évocation de cette seule matière d’enseignement, je réalisais que j’avais devant moi–mais je n’en avais pas douté– un homme sérieux et intelligent qui voulait se construire une vie.
Je quittais ces personnages dont je me disais qu’il émanait d’eux le charme de leur culture européenne, pour entrer dans une pièce et me trouver assise à une table avec une dame âgée, aux cheveux gris coiffés en chignon bien lisse, ne portant aucun maquillage. Elle connaissait la musique du groupe Deep Forest et entreprenait d’ailleurs de chanter les paroles d’une de leur chanson, bien que dans la musique de Deep Forest, du moins celle que je connais, il n’y ait que des imitations de sons humains et pas de mots en tant que tels. J’étais ébahie qu’une dame de cet âge connaisse ce groupe au point d’en chanter les paroles. Une fois de plus, j’avais l’impression d’être en présence d’une femme hors de l’ordinaire.
Et je ne me rappelle plus, malheureusement, des circonstances qui nous auraient menés, ne pas les avoir oubliés, au dénouement présenté en début de ce récit !

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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