Jour 717

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Le résultat est entre les deux.

Il n’y a rien qui se manifeste au rayon de mon inspiration aujourd’hui. Alors je vais y aller pour de petites choses. Peut-être que de ces petites choses, un thème émanera de lui-même. Peut-être aussi qu’aucun thème n’émanera. Ça existe, des journées sans thème, des journées égales, des journées qui se la coulent douce. Des journées où il serait sage de prendre de l’avance dans la préparation des cadeaux et du sapin et des tourtières, et au cours desquelles cependant rien de tout ça ne se concrétise.
Je commence avec l’homme de peau noire qui désirait acheter des branches de faux sapin dans le magasin de vêtements. Savait-il qu’il s’agissait de décorations de Noël ou pensait-il qu’il avait affaire à un type de décoration courant en Amérique ? Bonne question.
Juste avant l’épisode des vêtements, je suis allée me faire prendre en photo pour l’obtention de mon passeport. J’ai pris la démarche au sérieux et je me suis adressée à une photographe professionnelle. Je voulais que la photo –surtout que je demande un passeport valable dix ans–, soit sinon bonne, du moins acceptable. Le résultat est entre les deux. Curieusement, me voyant sortir ma brosse à cheveux de mon sac, la photographe s’est empressée de me dire d’aller m’installer sur le banc, sous le projecteur. J’ai interprété qu’elle désirait obtenir un résultat naturel, alors j’ai laissé faire le brossage, je me suis contentée de replacer en vitesse une mèche pendouillante qui me donnait un air fatigué. Je portais bien entendu du rouge à lèvres pour ne pas avoir l’air d’un fantôme, et un vêtement ni gris ni noir, mais bleu. Comme j’avais pris la démarche au sérieux et que je m’étais bien préparée, je savais déjà que j’allais esquisser un demi-sourire pour ne pas avoir l’air de vouloir en finir avec la vie. Je l’ai esquissé d’autant volontiers que la photographe m’a suggéré de prendre deux photos, une sans demi-sourire, et une avec. Le demi-sourire de la deuxième prise était probablement trop timide puisqu’elle y est allée pour une troisième prise. Et elle m’a donné trois photos de la troisième prise.
Pour prendre la photo de mes trois photos, j’ai déposé les trois photos sur le livre que Diane Dufresne appelle « la bible rouge », à savoir un catalogue grand format des toiles du Frère Jérôme dans lequel paraît aussi sa biographie. La couverture du catalogue, cela dit, n’est pas vraiment rouge, j’appelle cette couleur bourgogne, ou rouge vin. Habité par la peinture depuis très jeune, le frère Jérôme n’a commencé à peindre véritablement qu’à 87 ans. Il consacrait jusqu’alors tout son temps à l’enseignement et aux autres tâches qu’exigeait de lui sa communauté. Il a fait trois dépressions nerveuses. Les aurait-il faites avoir pu peindre avant ? Aussi bonne question que celle concernant l’homme de peau noire et les décorations de Noël.
À propos des questions : un thème, finalement, émane-t-il de mes élucubrations ? Bien sûr que oui :
– Vous êtes le personnage principal de vos textes, m’a déjà dit mon éditeur pour me faire comprendre que je devrais ratisser plus large, des fois de temps en temps…

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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Une réponse à Jour 717

  1. Jacques Richer dit :

    Très belle, simplement, naturellement belle.

    J’aime

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