Jour 724

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Premier disque du groupe, 1992.

En faisant du ménage cet après-midi dans une boîte de carton qui traînait dans le fond d’un garde-robe, je suis tombée sur un CD du groupe français –mais il faut le savoir– Deep Forest. Ils sont deux, en fait, dans le groupe, deux Français donc. Leur premier disque a paru en 1992, et en 1992 je vivais seule, rue Garnier à Montréal. Je me rappelle qu’en entendant la musique du groupe à la radio, dans un état de demi-sommeil car l’émission de radio me servait de réveille-matin, je m’étais dit que j’achèterais le disque, et comme de fait, dans les jours qui avaient suivi cette décision unilatérale, je l’avais acheté et quand même pas mal écouté par la suite. Je m’étais aussi demandé pourquoi est-ce que cette décision d’acheter le disque s’était présentée dans mon esprit de manière aussi péremptoire. Je n’ai pas vraiment trouvé réponse à cette question.
De la même manière, en traînant dans les rues de Québec il y a très longtemps avec une amie qui est encore mon amie mais que je ne vois jamais, un livre à saveur féministe, dont la couverture rouge me faisait des clins d’œil dans la vitrine de la librairie, avait fait lui aussi l’objet d’un désir d’acquisition immédiate. Alors j’étais entrée dans la librairie avec mon amie et avais acheté ledit livre, dont je ne me rappelle ni l’auteure –j’imagine que c’était une femme auteure– ni le titre. J’avais mis un peu plus de temps que pour le CD à consommer mon achat, mais j’avais fini par le lire, sans trop d’enthousiasme cependant.
Dans une galerie de Parry Sound il y a quelques années, je suis ainsi tombée sous le charme d’une toile de la peintre maintenant décédée Fran Rutke. L’artiste est originaire de cette région de la baie georgienne. De mémoire, on voyait sur la toile un personnage autochtone, autrefois on disait un esquimau et maintenant on dit plutôt un inuit. Le personnage portait un manteau de peau avec un capuchon de poils, et sur les épaules du manteau était déposée une cape elle aussi de peau, en protection supplémentaire contre le froid. Le personnage se trouvait au centre d’un cercle de glace, et tenait dans ses mains un cercle qui pouvait faire penser soit à la glace, soit à la cape. J’étais restée figée d’émotion devant la toile et m’étais dit, ici aussi, que j’allais l’acheter sur le champ.
– Combien pour cette toile ?, avais-je demandé à l’artiste.
– 2000$, avait-elle répondu d’un air qui ne me semblait pas ouvrir la voie à la négociation.
La déception devait se lire sur mon visage parce qu’elle avait ajouté que je pouvais payer en plusieurs versements. Je n’avais pas les moyens de me permettre une telle dépense à cette époque de ma vie. Mais je continue de penser que j’aurais dû l’acheter.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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