Jour 761

Toilette3

Toilette de chantier

À propos des pulsions brutes dans mon texte d’hier. Je me suis fait drôlement rattraper cette nuit, rattraper de l’ennui que génère ma vie sur terre pour me comporter de manière trop égale en tout temps.
J’étais dans un lieu public et une personne en situation d’autorité me donnait un truc tout plat dans un sachet opaque à installer dans ma culotte. Je portais une robe qu’il me faudrait relever, des bas collants qu’il me faudrait baisser, tout cela difficilement tellement robe et collants étaient ajustés. Je me dirigeais à contrecœur vers les toilettes, me dandinant sur mes talons hauts, des toilettes sombres et exiguës, comme celles qu’on trouve, pas toujours installées de niveau, sur les chantiers de construction. Mi robe relevée mi collants baissés, j’essayais d’y comprendre quelque chose d’une languette épaisse, coussinée, que je tenais dans ma main. Une femme soudainement, plus vieille que moi, une femme que j’ai connue au travail autrefois, s’agenouillait entre mes jambes péniblement écartées à cause des collants serrés. En extase, humant la languette déposée dans le fond de ma culotte –que j’avais eu le temps de relever–, cette femme qui n’a probablement jamais embrassé un homme ou une femme de sa vie, se mettait à genoux pour fourrager avec fougue dans mes parties génitales. N’y tenant plus après une ou deux inspirations profondes, son nez dans ma fourrure, elle réussissait à me débarrasser de ma culotte et se ruait sur mon sexe pour le lécher. Nous étions plutôt mal installées, elle à genoux et dont les mouvements du corps donnaient des coups sur la porte, moi debout et me retenant de mes bras tendus aux cloisons pour me maintenir en équilibre.
Toujours d’humeur aussi égale cependant, ma raison prenait le dessus sur mes instincts.
– C’est donc maintenant que je découvre la vraie nature d’Irène, me disais-je, n’y croyant pas qu’elle soit en train de faire ce qu’elle faisait avec volupté.
– Il faudrait que je participe un peu, me disais-je encore, pour essayer de tirer profit de cette situation inusitée.
– Mais quand même, j’aurais préféré m’en passer.
– Je vais essayer comme Irène, tiens, d’émettre des sons d’excitation. Cela lui fera plaisir.
– Peut-être, d’ailleurs, que je pourrais jouir, si elle dirigeait sa langue un peu plus bas. Mais devoir me concentrer pour jouir est la dernière chose dont j’ai envie, me disais-je encore.
– Jouir et en finir.
Autrement dit, et comme d’habitude, je baignais en pleines contradictions !
Je choisissais finalement d’émettre quelques sons langoureux. Au même instant, la porte de notre abri s’ouvrait, cédant aux coups de mon assaillante aimante. Comme lorsqu’à l’école on est sauvé d’une question du professeur par la cloche qui sonne pour annoncer la fin du cours ! La porte s’ouvrait et donnait sur la terrasse d’un restaurant, regorgeant de lumière, où étaient assis à la première table les enfants dont s’occupait Irène en tant que nourrice. Sauvée par la cloche, sauvée par la porte, sauvée par les enfants, m’exclamais-je intérieurement, sans une once d’empathie pour Irène qui se trouvait découverte à quatre pattes, dans de beaux draps !
À propos des pulsions brutes ? Il ne m’en est venu aucune dans ce rêve, finalement. Est-ce affaire de vieillissement ou affaire de tempérament ? Tempérament bien mou, bien fuyant, tempérament lâche, trop peu affirmé pour exprimer les mots qui traduisaient ma pensée.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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