Jour 792

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Stries de lumière sur herbe en devenir, dans le jardin arrière.

En après-midi je suis allée me promener dans le quartier. Toutes les rues ou presque sont bloquées en raison de travaux. Je me suis promenée en me permettant des haltes, une pour boire un café au salon de thé Gryfon de la rue Monkland, et l’autre pour fouiner au magasin d’aubaines de l’Armée du Salut, rue Sherbrooke. C’est ce qui fait que, contrairement à hier, je n’ai pas accumulé 21 000 pas, mais l’inverse des deux premiers chiffres, seulement 12 000. Arpentant ainsi les rues, je me suis rappelé à quel point j’étais stressée lorsque, Emmanuelle avait dix mois, nous nous sommes installés à Notre-Dame-de-Grâce. J’avais alors trente-huit ans. À quel point toute chose n’était qu’effleurée par manque de temps pour m’y consacrer vraiment. Par manque de temps et d’énergie. À quel point j’étais dérangée par un essaim de boutons qui me couvraient en permanence le menton. À quel point les jours étaient comptés avant le retour au travail –j’étais à la fin de mon congé de maternité– alors que je n’arrivais pas à trouver de place pour chouchou en garderie. Seigneur ! Ce n’est que maintenant, à bientôt soixante ans, que j’ai l’impression de vivre sainement –et que je n’ai plus de boutons !
En fin de journée, j’ai affronté le trafic pour me rendre chercher ma fille au Cégep St-Laurent.
– Et si on soupait au restaurant ?, m’a-t-elle demandé de retour à la maison.
– Tu m’as dit hier que tu voulais qu’on prépare des pâtes à la crème et au saumon pour ce soir…
– Oui mais je ne vais pas souvent au restaurant, a-t-elle répondu. Je ne vais pas souvent au restaurant avec ma maman…, a-t-elle ajouté d’une petite voix dont elle seule a la recette.
J’ai choisi la table d’hôte, salade verte et truite sur risotto, et Emma a mangé des moules et de la pizza. Nous sommes revenues avec les restes de nos assiettes trop généreuses. Emmanuelle a donc son lunch tout prêt pour sa journée de travail de demain, et moi j’aurai de quoi manger avant de faire la route vers la campagne. À chaque fois que je viens passer quelques jours à Montréal, je repars en me disant que je ne devrais pas tant espacer mes visites. À suivre…

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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