Jour 794

J’avais savouré la même expression à propos d’un chat, du temps que papa était en forme et que j’allais régulièrement le voir au lac Noir :
– Un chat, avait-il dit, parce qu’il gardait à ce moment-là le chat tigré de ma cousine, ça écoute ben juste quand ç’a du temps de reste !
Le chat miaulait parce que papa sans s’en rendre compte l’avait enfermé dans un garde-robe !
J’aurais dû consigner les expressions de papa pour pouvoir m’en rappeler. Comme j’aurais dû consigner celles de chouchou qui nous offrait des perles tous les jours quand elle était petite. La seule que j’ai retenue est la suivante, que j’ai certainement déjà rapportée dans ces textes, je me répète, je sais. Jacques-Yvan était en train de peindre les murs de la salle de séjour. C’était dans les premiers temps de notre vie à Notre-Dame-de-Grâce. Chouchou, à ma demande, était allée chercher Jacques-Yvan pour qu’il vienne manger. Il lui avait répondu qu’il sautait son tour et se contenterait de manger sur le pouce. Elle s’était étonnée et lui avait dit :
– Bien, papa, ton assiette va tomber !
Ce matin dimanche, un ami nous a téléphoné pour nous inviter à faire du ponton sur le lac Noir. Nous avions prévu faire de menus travaux à notre maison négligée. Nous avions prévu faire de menus travaux sans en avoir forcément envie. Alors bien entendu nous avons honoré l’offre de notre ami pour profiter d’une des belles journées de l’été. J’y suis allée d’autant plus volontiers que la promenade allait me rappeler celles que j’y ai faites, de nombreuses fois, avec papa. La version promenade en ponton de ma nouvelle vie de résidente à St-Jean-de-Matha sur l’embarcation d’un ami de mon mari était nettement plus olé olé que la version très sage que nous offrait autrefois papa. Celle d’aujourd’hui s’est faite au son des chansons de Jerry Boulet chantées par Martin Deschamps, en compagnie de quelques glacières contenant des cannettes de bière. À la fin, parce que le CD a joué plusieurs fois les mêmes chansons en boucle, tout le monde chantait, moi la première : Où l’homme que je suis Quoiqu’il en pense N’a pas accès Ni de près ni de loin. Mon frère Pattes d’ours doit connaître cette chanson par cœur –Jerry Boulet étant son idole– alors que je l’entendais pour la première fois. Je me demande par moments sur quelle planète j’ai vécu avant aujourd’hui. La chanson s’intitule fort à propos Promenade sur Mars.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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