Jour 796

Je reprends ma routine –toujours changeante– après quatorze jours consécutifs de vie familiale elle aussi changeante. Nous avons d’abord reçu au chalet untel et unetelle, et ensuite deux fois untel et unetelle en même temps, donc avec Denauzier et moi nous étions six. Puis, au départ de l’un des couples, un autre couple est arrivé, de telle sorte que nous n’avons pas été seuls une minute, mon mari et moi. Je me suis laissée porter par l’énergie de tous ces gens pour mon plus grand plaisir. Ajouter à cela un week-end de réunion à grand déploiement qui nous amène à une bonne vingtaine de personnes.
Je reprends ma routine en remettant mon Fitbit à mon poignet –pourquoi l’ai-je enlevé pendant ces quatorze jours, je ne le sais pas vraiment–, en découvrant que seules quelques plantes à la maison de St-Jean-de-Matha ont manqué d’eau, en constatant qu’il faudrait consacrer quelques jours entiers de ménage à la maison pour la remettre d’aplomb, compte tenu du passage –un ouragan !– de la petite. Mon orchidée, belle surprise, commence à donner naissance à une nouvelle feuille, un bébé feuille.
Nous prévoyons, cela étant, repartir demain vendredi pour le bois, alors la mise à niveau de l’environnement d’ici devra attendre un peu, attendre même beaucoup puisque la semaine prochaine du 13 août je serai en séjour montréalais chez ma fille. La saison estivale se traduit par un enchaînement de visites et de déplacements plutôt nombreux cette année.
J’ai rêvé la nuit dernière que j’entendais jouer du clavecin. Le clavecin me semble être le symbole antithétique des jours que je viens de passer au lac Miroir. Le clavecin c’est la culture, le raffinement, les arts s’opposant au camping, à la pêche, à la bière, au sable voire à la boue. L’instrument était situé dans le salon d’un appartement fait en long, le type d’appartement d’autrefois conçu sur le modèle d’un corridor central, le long duquel se suivent les pièces jusqu’à aboutir à la cuisine. Il s’agissait peut-être de l’appartement dans lequel vivait tante Alice, il y a longtemps. Je ne me suis jamais sentie proche de tante Alice dans mon cœur, malgré tout l’attachement que j’avais pour elle, car elle portait en sa seule personne le condensé de la névrose familiale qui a rendu si difficile ma relation avec ma mère. Cette interprétation hautement psychologique n’engage que moi, bien entendu.
Le clavecin jouait tout seul, si on peut exprimer la chose ainsi. Il n’y avait nul musicien au clavier, les touches s’enfonçaient d’elles-mêmes. Le clavecin, encore, dans mon rêve, c’est Jacques-Yvan, puisqu’il en possède un qui trône majestueusement et effectivement dans son grand salon, à proximité d’un piano à queue, sur fond de mur rouge vénitien, c’est d’un très bel effet. Je me trouvais debout pas très loin du clavecin. Lorsqu’il s’est mis à jouer tout seul, mon cœur n’a fait qu’un tour. J’ai été figée par la peur. Au même moment que m’envahissait cette peur, une force mystérieuse m’immobilisait, comme deux bras invisibles autour de mon tronc qui m’enserraient. La force, ici, c’est Denauzier.
Malheureusement, je ne me rappelle pas de la suite de mon rêve.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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