Jour 825

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Mandala pour calmer les esprits tourmentés.

Quand je ne vais pas bien, parce que ces temps-ci je ne peux pas dire que je me sente bien, je me lance dans des excès. Je me crée une liste titanesque de choses à faire et je n’ai qu’un seul but, me rendre au bout de la liste en un temps record après en avoir barré chaque item. Ainsi, hier matin, je n’étais pas en train d’entourer le saule d’un pourtour de roches pour qu’il se sente moins seul sur le grand terrain, devant la maison. J’étais en train de régler le cas du saule, en attendant d’aller régler le cas de l’érable –en lui faisant subir le même sort d’un pourtour de roches–, et après l’érable ce serait le bouleau. Le bouleau sous sa lourde chevelure héberge autour de son tronc les hostas de feu tonton et des hémérocalles qui sont sur le point d’être engloutis par les mauvaises herbes. Autrement dit, le bouleau, c’est un chantier plus costaud. Advienne que pourra, j’allais lui faire la passe à lui aussi dans la seule journée d’hier. Après le bouleau, d’ailleurs, j’allais aussi commencer à passer au tamis le gravier qui s’est accumulé non loin de l’abris de bois et je me voyais ainsi travailler, sans boire ni manger, jusqu’à l’arrivée de la nuit. Malheureusement, les bibittes sont arrivées bien avant la nuit, annulant tout projet de poursuite de jardinage. J’ai pu jardiner deux heures seulement, pendant qu’il ventait. Et aujourd’hui il pleut.
Ce week-end, comme, encore là, je n’allais pas bien, c’est ma toile qui m’a servi d’exutoire. La pauvre, elle s’est fait bardasser. Je l’ai grattée avec la seule brosse que j’ai trouvée dans notre chalet, une brosse à poils de fer, mais au moins la brosse était petite. Le grattage avait pour but d’enlever les lignes de couleur de mes crayons gel et d’enlever aussi une couche de pigments secs qui avaient durci en formant des mottons qui gênaient le passage du crayon à plusieurs endroits. J’ai versé quelques gouttes d’eau sur la surface de la toile pendant le grattage, mais, très vite, j’ai trouvé qu’il n’y avait pas assez d’eau, alors je suis sortie du chalet pour me rendre, malgré les bibittes, jusqu’au lac où j’ai plongé, oui oui, plongé ma toile dans l’eau. Elle en est ressortie dégoulinante de jaune indien, la couleur des pigments. Comme je tenais ma toile en me maintenant les bras dans les airs, des dégoulinures de jaune se sont répandues jusqu’aux coudes, tachant les manches de ma veste, et quand j’ai baissé les bras pour inverser l’effet des dégoulinures, celles-ci sont tombées sur mes baskettes. J’ai alors voulu déposer ma toile sur le quai de bois, d’ailleurs je l’y ai déposée, mais bien entendu j’ai taché le quai. En d’autres mots, bien que tout soit allé de travers, j’étais incapable de lâcher prise. Il m’a fallu traverser toutes ces étapes, avec ma toile, avant de l’appuyer sur un tronc pour la laisser sécher tranquille. Et aujourd’hui, à défaut de pouvoir me défouler sur les aménagements de rocailles et de plates-bandes de notre propriété, je vais aller suer sur le tapis exerciseur pendant une heure.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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