Jour 948

Spaghettis multicolores entrelacés

Spaghettis multicolores entrelacés

J’ai passé la journée d’hier à tracer des lignes sur mon deuxième bandeau de format 5"X28". Je voulais sortir et aller corder du bois dans le garage. Deux chargements y ont été déposés par mon mari qui n’attendent que mes bras, mais c’était plus fort que moi, après une ligne j’en commençais une autre, puis une autre. Comme chaque ligne fait 28" de long et que cela représente pas mal d’entortillage de boucles et de lettres, d’autant que pour chaque ligne je suis passée deux sinon trois fois, j’y ai mis pas mal de temps. Le résultat, quoi qu’il en soit, n’est pas fameux. La photo ci-contre non plus.
J’ai tracé mes lignes en cherchant autant comme autant le nom de l’artiste dont j’ai acheté un livre dans un marché aux puces, il y a longtemps. L’artiste, je me rappelle que c’est un homme, couvre ses toiles de lignes dont on dirait des nouilles plates. Les lignes ont la même largeur que les nouilles plates aux œufs qu’il m’est arrivé de manger dans des restaurants chinois. Elles sont trop bien dessinées, il me semble, pour avoir été tracées à main levée. D’une toile à l’autre, ou plus précisément d’une page à l’autre, dans le livre que j’ai acheté, les couleurs varient légèrement, la position des nouilles aussi. C’est tout. Les nouilles se touchent mais ne se superposent pas. Cela semble simpliste, mais je suis convaincue que les toiles de cet artiste requièrent de la maîtrise, du talent, de la technique.
Je traçais mes lignes et je me demandais quel serait le thème que j’exploiterais si je devais réunir moi aussi disons une quarantaine de toiles, pour une quarantaine de pages. Quel serait le thème dont je ne me lasserais pas ? Je ne me lasserais d’aucun thème, à moins qu’il s’agisse d’un thème qui nécessiterait une maîtrise technique que je n’ai pas, auquel cas je m’arrêterais après la première toile, découragée. Ici, les spaghettis ne nécessitent aucune maîtrise particulière, je prends mon pinceau à poils courts et peu nombreux, je trace des lignes avec application. Je constate que le résultat n’est pas excitant et, c’est ici que j’ai de la difficulté à me comprendre moi-même, cela ne me dérange pas que le résultat soit fade, plat, sans vigueur, sans surprise, sans énergie. Je passe du temps à tracer des lignes en cherchant le nom d’un artiste. Je n’en demande pas plus. Je ne sais pas si je dois interpréter mon attitude de manière positive –je suis zen– ou négative –je suis trop déprimée pour espérer un résultat excitant.
Cela étant, j’ai montré à Denauzier, ce soir, le résultat des deux bandeaux, placés un à côté de l’autre. Et je me suis surprise à aimer l’effet. Je vais essayer de trouver un titre pour ce nouveau diptyque.
Demain, je ne peindrai pas. Je vais assister avec tantine et Bibi à la séance du ciné-répertoire, à Joliette, en après-midi. Ce sera le film La haute société, de Woody Allen, que j’ai vu au ciné-répertoire de l’UdeM en octobre dernier. Cela devrait me procurer plus de surprise, d’énergie, de vigueur que le traçage de mes lignes.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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