Jour 1 001

Un événement est à l’origine de ma capacité nouvelle de profiter de la vie sans ressentir le besoin de me démarquer absolument d’autrui par des défis impossibles. Un événement de rien du tout. Nous étions avec la fille de Denauzier qui a glissé dans la conversation, à propos de je ne sais quoi, que telle entreprise, située à 8 km de chez nous, cherchait une personne à tout faire, à temps partiel.
– Si jamais je travaille un jour, ai-je déjà dit à Denauzier, je ne voudrais pas faire la route jusqu’à Joliette, il faudrait que ce soit dans les environs.
– Il faudrait aussi que ce soit à temps partiel, avait ajouté mon chéri, parce que si tu passes tous les jours de la semaine au travail, je vais bien trop m’ennuyer !
Donc, l’emploi dont il était question tombait en plein dans le mille.
– Allons voir l’entreprise, ai-je suggéré à mon mari, alors que nous étions sur la route, de retour de chez sa fille. On y verra peut-être une affichette qui annonce que l’entreprise embauche, avec des détails sur le nombre d’heures, les horaires, ce genre de chose ?
Nous y sommes allés, le samedi vers 18 heures, alors que le commerce était fermé. Nous y sommes allés en moto, une grosse moto pétaradante qui a attiré l’attention de la personne, à l’autre bout du terrain, qui marchait en direction de sa maison quand nous sommes arrivés. Cette personne a rebroussé chemin pour venir vers nous.
– Nous allons être obligés d’acheter quelque chose, ai-je dit à mon mari. L’employé prend la peine de venir nous servir.
– Que puis-je faire pour vous ?, a-t-il demandé avec un grand sourire en sortant le trousseau de clef de ses poches pour nous ouvrir son magasin.
En me rappelant à quel point je trouvais détestables les entrevues que j’ai passées à l’université en vue d’obtenir de meilleurs postes, auprès des conseillères en ressources humaines toujours impeccablement maquillées, coiffées et habillées, je me suis présentée avec plaisir à cet homme jeune, portant la casquette, qui se situait à l’opposé des professionnelles guindées de mon ancien milieu de travail.
– J’ai entendu dire, ai-je commencé, que vous cherchez peut-être quelqu’un pour donner un coup de main à l’occasion ? Je serais intéressée, si oui, à vous donner mon nom.
J’ai failli dire « à postuler », mais je trouvais que ça faisait trop institutionnel alors que je visais la simplicité.
Pendant que je discutais avec l’employé qui était nul autre que le patron, Denauzier faisait le tour des comptoirs pour sélectionner des produits à acheter. Au terme de notre petite conversation, l’homme patron m’a demandé quand est-ce que je serais prête à commencer. Après quelques secondes d’hésitation, causées par le fait que ma première semaine d’octobre est déjà toute organisée et que je la passe à Montréal pendant l’absence de mon mari qui sera à la chasse, après quelques secondes d’hésitation au cours desquelles je me demandais si c’était bien important d’aller passer la semaine à Montréal, j’ai répondu que j’étais prête à travailler dès le prochain lundi, dans moins de 48 heures par rapport au moment de notre rencontre, autrement dit.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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