Jour 1 016

Manifestation anti Maduro le 1er septembre 2016 à Caracas.

Manifestation anti Nicolas Maduro le 1er septembre 2016 à Caracas.

Je reviens un peu plus en arrière, je reviens au samedi de la Fête du travail au cours duquel a eu lieu notre épluchette de fin d’été. L’événement regroupait la famille et quelques amis. Papa est resté assis dans ses vêtements noirs sur la terrasse en plein soleil pendant un bon deux heures sans se plaindre d’avoir trop chaud. Tantine est venue comme elle devra apprendre à le faire dorénavant, sans son mari. Un ami est venu –il est surtout l’ami de mon frère Pattes d’ours– qui m’offre à chaque fois des cadeaux d’hôtesse. Cette fois, ce furent des bleuets recouverts de chocolat, une spécialité des moines de Mistassini. J’ai eu la bonne idée de les partager avec le petit groupe d’invités qui est parti plus tard, et je dirais qu’au final j’en aurai mangé cinq. C’est parfait sur le strict plan de mon poids.
Mon amie mince et racée était parmi nous, pour ceux qui s’en souviennent, mon amie qui tient le coup avec seulement un épi de maïs et une saucisse sans pain. Ses parents vivent au Venezuela. Ce n’est pas tout à fait vrai puisque son père, 92 ans, vient de quitter la vie terrestre, à peu près au même moment que mon oncle, 80 ans. Nous avons parlé de son pays, plus précisément du manque généralisé de denrées dans son pays.
– Mon frère et ma mère ont maigri, m’a dit mon amie en déplorant la situation catastrophique.
Elle était en visite dans sa famille en juin dernier.
– Il faut faire la file pendant des heures pour acheter presque rien. Les tablettes sont vides dans les magasins…
– On se croirait sous l’occupation nazie en France à la deuxième guerre, ai-je commenté, encore imprégnée des mémoires de Simone De Beauvoir que je suis en train de lire.
Il y a un peu de cette réalité vénézuélienne dans le choix que j’ai fait de ne rien jeter des victuailles qui ont été servies pendant l’épluchette. Nous sommes donc partis pêcher en emportant, dans notre glacière, deux tranches de pain ciabatta un peu brûlées qui étaient destinées à un mangeur de hot-dog non rassasié alors qu’ils l’étaient tous. Nous avons mangé le pain, à la Manawan, sous forme de sandwich aux tomates, lesquelles m’ont été données par mon frère. À l’attention des convives aventuriers, j’avais préparé des poireaux vinaigrette le vendredi, pour en garnir les hot-dog, mais les trouvant trop fades je ne les ai pas servis. Ils ont fait le voyage en glacière et je les ai mangés sur le bateau lors de notre vaine tentative d’attraper des poissons au lac Moyre. J’avais aussi emballé les 12 épis de maïs cuits qui n’avaient pas trouvé preneur. Or, à la Manawan, nous ne les avons pas mangés. Alors ils ont fait le chemin du retour à la maison. Un pâté chinois cuit en ce moment dans le four qui contient les grains de quatre épis. Le jour même de l’épluchette, une autre amie nous a préparé les meilleurs Bloody Cesar. Au moment de rapporter dans la cuisine les verres qui traînaient ici et là, j’ai récolté les branches de céleri qui décoraient les verres et je les ai toutes mangées. On peut faire ça, mieux qu’avec le chocolat, car le céleri requiert plus d’énergie pour être digéré qu’il n’en apporte quand on l’ingère.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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