Jour 1 074

Il est six heures et quart, du matin. Ça m’arrive rarement de dormir si mal. C’est la deuxième fois que je reviens de l’Abitibi malade. Comme je l’ai écrit précédemment, ces voyages de plusieurs heures de route, effectués en peu de jours, ont un effet non négligeable sur ma santé. Je suis enrhumée et j’ai mal à la tête. La première fois, c’était cet hiver, je suis revenue, idem, enrhumée avec un mal de tête. Ces petits ennuis se sont transformés en bronchite qui a nécessité une prise d’antibiotiques. J’espère ne pas me rendre jusque-là cette fois-ci.
Je suis chez Emma, qui était autrefois chez moi, à Montréal. Je suis venue aider au décapage de plinthes dans un contexte qui est explicité aux paragraphes ci-dessous. En plus du reniflage et du atchoumage, j’ai été victime cette nuit d’une attaque féline. Une Puce à clochette est arrivée sur mon lit à toute vitesse, est repartie, est revenue en m’accrochant quasiment une joue. Je ne la connais pas, la nouvelle colocataire animalière de ma fille, mais j’ai décrété que nous sommes en chicane.
Je suis donc en forme très moyenne mais au moins j’aurai écrit mon texte du jour –mes lamentations– avant même que ma fille soit levée !
Cela ne m’empêche pas, la forme moyenne, d’être aussi copropriétaire d’un duplex depuis bientôt vingt ans, duplex dont les locataires du rez-de-chaussée, qui viennent de quitter, ont habité treize ans le logement. Il est en bien mauvais état, il me semble, mais on dirait que je suis la seule, avec je dois le dire Denauzier, à le trouver dans un piètre état. Les fenêtres, très vieilles, laissent passer l’air froid l’hiver, à tel point que les anciens locataires les recouvraient de grandes feuilles de polythène. Je me répète, je sais, mais ça m’impressionne tellement, qu’on puisse vivre dans un tel environnement, que ça me fait radoter. Le plancher de la salle à manger était recouvert d’une moquette qui datait de l’époque de Mathusalem –nous sommes en voie de remettre le plancher sur le bois. Un certain nombre de planches des galeries sont pourries. Les fenêtres du sous-sol sont, toutes, de la taille d’un mouchoir de poche, le plafond y est bas et les planchers, à la grandeur, recouverts d’une moquette grise à poils ras de type commercial. Les plafonniers, aux deux étages, projettent une lumière crue de technologie LED qui donne envie de se cacher la tête sous un oreiller. Je ne critique pas les gens qui habitaient l’endroit auparavant, je dirais même, au contraire, que je les envie. Ils ne sont pas, comme le disait ma mère de moi, gesteux. J’ai donc accueilli l’annonce du départ des locataires avec un certain enthousiasme, au mois de mai dernier, en ce sens que nous allions enfin, me disais-je, améliorer un peu l’état des lieux.
Et bien non, améliorer n’est pas nécessaire, le logement s’est reloué sur un claquement de doigts ! Encore une fois, je me retrouve perplexe et la seule de mon bord à ne pas comprendre : comment ça se fait qu’on peut avoir envie d’habiter un lieu pareil et, en prime, de payer cher ? Tout le monde est content face à cette relocation facile, pas de problème de mensualités manquantes et de visites répétées à des heures qui ne conviennent pas tout le temps, tout le monde est content sauf moi ! J’aurais voulu demander à Bibi de venir nettoyer. J’aurais voulu changer les fenêtres du rez-de-chaussée. Refaire une galerie arrière en agrandissant sa surface car en ce moment elle est toute petite. Décaper les plinthes de la chambre à coucher principale –Emma, si travaillante, a commencé à le faire. Changer les luminaires. Installer des thermostats électroniques. Je me voyais même déposer une plante, sur le manteau de la cheminée, pour accueillir les nouveaux arrivants ! J’aurais voulu apporter mille embellissements.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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