Jour 1 082

Incroyable. Je tape Combinatoire II clouâtre dans Google et je tombe pile sur la toile de mon ami, dont le vrai titre est Combinatoire floue. S'il ne l'a pas vendue, j'aimerais l'acheter.

Incroyable l’efficacité des moteurs de recherche. Je tape Combinatoire II clouâtre et je tombe pile sur la toile de mon ami, dont le vrai titre est Combinatoire floue. S’il ne l’a pas vendue, j’aimerais l’acheter. Ça ne paraît pas sur la photo, mais un bord de la toile est pendouillant et effiloché, comme c’est le cas de mes toiles Éperviers.

Compte tenu des nombreux moments forts que j’ai connus ces dernières semaines, je ne sais par quoi commencer le texte d’aujourd’hui, en ce sens qu’il va un peu de soi que mes textes commentent les événements de ma vie. Pour mettre un peu d’ordre dans mon cerveau, pour descendre progressivement de ma lévitation et revenir me poser sur le plancher des vaches, je vais commencer par énumérer ces moments forts. Ce sera une manière de faire le point et de tenter de savoir où est-ce que j’en suis après avoir été nourrie de mille émotions qui ont toutes un point en commun : le partage.
Je remonte donc le temps jusqu’au 26 mai au soir, à Montréal, alors que j’ai assisté à l’opéra Les feluettes. Disons enfin les choses comme elles sont, car jusqu’ici je m’y suis prise d’une manière pas mal sibylline : le jeune Vallier, qui porte pour Simon un amour titanesque –admettons que l’on puisse mesurer l’amour en termes de taille et de force–, est le demi-frère d’Emma, ou encore le fils de Jacques-Yvan de son premier mariage, ou encore mon beau-fils, et enfin cet être que j’ai vu grandir et avec lequel j’ai partagé ma vie pendant plusieurs années. Je dirais que j’ai assisté à l’opéra en projetant ma propre histoire dans l’histoire qui se déroulait sous mes yeux, à savoir une histoire d’amour, transposée en ce qui me concerne auprès de Jacques-Yvan, de son fils, de ma fille, et je dirais même de moi-même. Je suis ressortie de l’opéra en larmes –douces et non amères– et les plusieurs kilomètres de marche que j’ai parcourus pour me rendre à la maison m’ont été bénéfiques en manière de décantation.
Le lendemain 27 mai j’ai mangé en compagnie d’un ami dans un restaurant végétarien du boulevard St-Laurent. Je ne me rappelle pas de ce que j’ai mangé, ni de ce que mon ami a mangé, mais je me rappelle que nous avons vidé nos assiettes. Et que nous avons partagé un morceau de gâteau, une assiette, deux fourchettes. Il est peintre et exposait ses toiles les quatre prochains jours dans une galerie située pas très loin. Je l’ai donc rencontré à la galerie et de là nous sommes allés au restau. J’avais encore le visage déformé d’avoir tant pleuré la veille mais comme nous sommes amis je n’étais pas gênée de me montrer telle que j’étais. Nous parlons peinture pour sa part essentiellement, je lui réponds écriture pour ma part, peinture encore pour sa part –le thème qui l’intéresse actuellement est celui de l’énumération–, écriture pour ma part avec le thème qui me rattrape tout le temps dans mes nouvelles, le thème sexuel. Nous avons tous les deux expérimenté la psychanalyse et cela transparaît dans nos manières d’approcher la vie. Nous partageons nos visions, nos émotions, nos motivations.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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