Jour 1 086

Ce matin, en me rendant à la corde à linge étendre des vêtements, j’ai vu Ricardo à la télévision préparer des pommes caramélisées.
– Je peux en faire ce midi, si tu en as envie, ai-je dit à mon mari.
Il en avait envie. J’ai pris les trois dernières pommes qui se trouvaient –depuis trop longtemps– dans le tiroir à fruits du frigo. Je les ai fait sauter dans un peu de beurre. Avant que le beurre noircisse, j’ai ajouté de la cassonade. Avant que la mixture n’épaississe et ne colle, j’ai ajouté du jus de limette. Avant de mettre le couvercle pour laisser mijoter le tout, j’ai ajouté du kirsch. Avant de considérer que ma recette était terminée, j’ai parfumé ma mixture avec un peu de thym. J’ai laissé ramollir les fruits puis j’ai éteint le feu de la cuisinière et je suis venue m’occuper de petites choses dans mon bureau. J’ai essayé d’écrire mon texte du jour, sans succès. J’ai commencé à avoir faim vers midi et demi. Je suis partie à la recherche de mon mari. Il était en train de faire brûler les grosses branches des pins qu’il a coupées hier. Cela m’a donné envie d’aller chercher des chaises pliantes pour que nous nous installions devant le feu, même si par moments le vent nous soufflait la grosse fumée au visage. Le soleil sortait par intervalles de sous les gros nuages pour nous amortir de sa chaleur. Ça ne donnait pas envie de bouger de nos chaises. J’ai bougé quand même pour aller chercher le repas, de la salade de pommes de terre, que nous avons mangée devant le feu et dans la fumée. Je suis ensuite allée acheter des fleurs au village, des annuelles, pour garnir nos boîtes à fleurs. Je suis revenue et je me suis lancée dans le remplissage des boîtes et d’autres pots à fleurs qui traînaient ici et là. Denauzier, pendant ce temps, travaillait à l’extérieur, ébranchant, râtelant, ramassant et brûlant. Il devait être autour de seize heures lorsque nous avons pris une pause, sur les mêmes chaises, mais transportées ailleurs sur le terrain, à proximité de l’endroit où j’étais installée. D’une chose à l’autre, nous nous sommes mis à planter mes quatre poinsettias autour d’un grand caragana. Denauzier s’est aussi rappelé que près du rang, à la bordure du terrain, il y avait un plant d’hémérocalles. Nous sommes allés le chercher pour l’ajouter au nouvel aménagement paysager, qui n’attend que ça, de nouveaux arbustes, depuis que j’ai arraché la toile géotextile et un million de racines qui rendaient inutilisable ledit aménagement. Je me suis pour ma part rappelé que nous avions, cachés dans le garage, des bulbes de dahlias géants. Nous les avons déposés sous un peu de terre, pas très loin des hémérocalles. D’une chose à l’autre, j’ai terminé l’après-midi couverte de terre des orteils aux oreilles. J’ai pris ma douche et j’ai ensuite appliqué de la calamine sur mes nombreuses piqûres de moustiques. Où est-ce que je veux en venir ? Aux pommes, bien entendu. Quoique trop sucrées –la prochaine fois je mettrai moins de cassonade–, Denauzier les a beaucoup aimées.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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