Jour 1090

Une histoire dans une histoire dans une histoire...

Une histoire, dans une histoire, dans une histoire…

Dans quelques heures je serai bien assise dans une loge de la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des arts pour voir et entendre l’opéra Les feluettes. Emmanuelle, où je suis en ce moment à Montréal, sans qu’elle y soit pour l’instant car elle est partie acheter de l’engrais avec sa tante Bibi sur la rue Monkland, Emmanuelle, donc, a vu la pièce le 21 mai dernier lors de la toute première représentation. Elle nous a expliqué l’histoire tout à l’heure pendant que nous jouions au Rummy. Par le procédé de la mise en abyme, on assiste dans l’œuvre à la présentation d’une autre œuvre. Nos professeurs de littérature nous donnaient immanquablement l’exemple de la Vache qui rit pour nous expliquer la mise en abyme, en ce sens que la vache qui apparaît imprimée sur le paquet de fromage porte des boucles-d’oreilles dans lesquelles apparaît la même vache. C’est une mise en abyme. La vache dans la vache. Les feluettes se veut au départ une pièce de théâtre qui a été adaptée par la suite en opéra. Dans cette pièce de théâtre initiale, on assiste à une pièce de théâtre. J’espère que je vais comprendre.
Hier nous avons soupé chez des amis. À la fin de la soirée, une des amies se trouvant fatiguée et ayant bu un peu trop de mousseux déplorait avoir à conduire sa voiture. Les hommes ont tout de suite décidé qu’untel allait conduire sa voiture à sa place et que tel autre allait ensuite déposer le untel, moyennant d’abord un arrêt dans un garage même s’il était rendu très tard. J’ai demandé aux hommes, n’ayant rien compris de qui conduirait quelle voiture, si j’avais quelque chose à faire et on m’a assurée que non. Fiou !
Au moment de servir le premier verre de mousseux, un collet de mousse a failli déborder de ma coupe parce que je ne l’avais pas inclinée, alors l’ami qui me servait m’a répété dans une sorte d’urgence :
– Vas-y ! Vas-y !
– Où est-ce que je dois aller ?, ai-je demandé.
– Vas-y, bois avant que ça déborde !, a-t-il été obligé de préciser.
Ou encore ceci : je lis sur Anne Hébert, je l’ai mentionné hier. Le biographe, Michel Gosselin, est atteint d’un cancer dans le récit et dispose de très peu de temps, peut-être six mois, pour mettre de l’ordre dans la documentation que lui a fournie Anne Hébert au fil des années.
– Il est mort ou pas ?, ai-je demandé ce matin en voiture à Bibi.
Il ne me viendrait pas à l’idée de me projeter dans un personnage qui est sur le point de mourir du cancer, ça c’est sûr. Par acquit de conscience, j’ai vérifié sur Wiki ce qu’il en est de Michel Gosselin. Mort ou vivant ? Vivant. Né en 1946, anniversaire en octobre, âgé de 65 ans.
Puis, rue Monkland où nous étions plus tôt en après-midi, Emma, Bibi et moi, je dis à ma sœur, à propos de la drôle de dame que nous venions de croiser, portant un petit chapeau de denim et des jeans trop courts, que c’était Monique Miller.
– Elle n’est pas morte ?, s’étonne Bibi.
Vérification faite, elle n’est pas morte, et je suis certaine que c’est elle que nous avons croisée. Née en 1933, anniversaire en décembre, âgée de 82 ans.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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