
De grandes fresques sur des murs dans une immense maison richissime qui me faisaient penser aux toiles de Joan Miro.
Je me suis couchée en demandant à mon inconscient de me faire signe en rêve pour que je sache si mon projet de recueil allait se concrétiser.
Juste une parenthèse ici, sans intérêt, avant la suite : je me suis couchée après avoir écouté le tiers d’un film américain qui se déroulait dans un lieu équivalent en beauté et en richesse aux résidences prestigieuses de Martha’s Vineyard. J’aurais aimé figer l’image du film sur des fresques qui semblaient peintes directement sur les murs, dans une grande pièce qui servait de salle à manger. Les sujets représentés, peut-être abstraits, me faisaient penser aux toiles de Joan Miro. Une fois couchée, j’ai lu pendant que Denauzier faisait dodo. J’ai fini mon Harlequin un peu avant minuit. Il ne me reste donc que deux livres à lire en même temps, Ernest Hemingway et Michel Tremblay.
Je me suis dit que j’allais peut-être voir en rêve un personnage tenir un livre à la main et que ce serait le signe que le projet tient la route, que j’en suis capable, que je vais surmonter les obstacles pour y arriver. Or, j’ai rêvé, ce n’est pas tellement bon signe, à deux personnes avec lesquelles mes relations n’ont jamais été faciles. J’ai d’abord rêvé à une collègue mesquine que je fuyais de toutes mes forces dans la vraie vie quand j’étais au travail. Je n’étais pas capable de supporter sa manière de susurrer les s avec délectation parce qu’elle s’écoutait parler. Je pouvais changer de corridor quand je l’apercevais qui marchait en sens inverse au mien. Quand nous avions des réunions, je m’assoyais du côté de la table où elle était déjà assise, pour qu’elle ne fasse pas partie de mon champ de vision. Quand la patronne m’a demandé si je voulais qu’on célèbre mon départ à la retraite au sein de mon service, j’ai décliné son offre, des fois que la collègue mesquine aurait décidé de participer –les salades et les sandwiches du traiteur étant à eux seuls une raison de vouloir participer !
Elle était donc assise sur un muret de pierres, dans mon rêve et non dans une réunion, et même si j’étais debout, je devais lever la tête vers elle quand elle me parlait, d’où il ressort que j’étais en situation d’infériorité, et elle de supériorité. Elle me regardait de haut au sens propre comme au sens figuré. Des gens debout, en groupe, comme autant de petits soldats, attendaient que nous ayons terminé notre conversation pour effectuer une action qui dépendait de la conclusion à laquelle nous allions arriver elle et moi. Or ma collègue bien-aimée se moquait de moi en faisant comme si nous échangions sur le plan professionnel. Je la laissais aller et j’attendais qu’elle termine ses propos méchants qui me dénigraient, mais elle en rajoutait et sa sauce s’étirait trop longtemps. Je lui suggérais donc de se moquer de moi, puisqu’il lui semblait absolument nécessaire de le faire, mais de se moquer moins longtemps car des gens –innocents– perdaient du temps à cause de nous. Bien entendu, j’attendais que la décision sorte de sa bouche car il m’était impossible d’échanger avec elle. Je me réduisais donc moi-même au rôle subalterne du messager.
Le seul côté positif de ce rêve serait, je dirais, que j’étais beaucoup moins affectée par sa mesquinerie dans mon rêve que dans la réalité.
Et je n’ai reçu aucune information à propos du recueil de nouvelles.