Jour 1 116

Un passager monte dans un autobus, à Paris...

Un passager monte dans un autobus, à Paris. Il porte un drôle de chapeau mou.

Où en suis-je aujourd’hui de mon projet de recueil de nouvelles ? Il tient la route, et certaines inquiétudes se sont déjà installées : serai-je capable sur le plan de mon talent littéraire d’écrire des pages qui me plairont ? aurai-je le souffle nécessaire sur le plan de mon endurance, de ma persévérance ? serai-je capable de ne pas m’empêtrer dans des complications structurales inutiles ? où trouverai-je le temps, la solitude et la concentration nécessaires pour écrire ? deviendrai-je millionnaire avec mes droits d’auteure ?
C’est sûr que je m’inspire un peu des Exercices de style de Raymond Queneau, que je n’ai jamais réussi à lire jusqu’à la fin, me lassant en cours de route. Ça commence bien ! Alors que Queneau raconte 99 fois la même histoire, de 99 manières différentes, je désire raconter 26 histoires différentes, qui s’appuient toutefois sur les mêmes actions de base, à savoir : 1) une personne se prépare à rencontrer une personne inconnue pour effectuer une transaction quelconque; 2) les deux personnes se rencontrent et l’avenir me dira ce qu’il se passera entre elles.
Chaque texte aurait autour de six pages, pour un total de 156 pages le recueil, à raison de vingt-six nouvelles, puisqu’il y a vingt-six lettres de l’alphabet, pour ceux qui m’ont lue hier. Six pages, c’est quand même assez long pour mes capacités. Il pourrait y avoir deux pages sur la préparation de la personne, prise dans son environnement –sa chambre à coucher, admettons, si je décris le moment de son habillement, ou la salle de bain si je décris sa mise en beauté par le maquillage. La personne pourrait être seule, pendant cette étape pré-rencontre, et je pourrais alors rendre compte de son monologue intérieur. Si la personne est en compagnie d’une autre personne, je transmets alors leur dialogue. Un mari, par exemple, demande à sa femme où est-ce qu’elle s’en va, inquiet de la voir se maquiller avec soin. Ça, c’est l’fun, les dialogues, ça remplit vite une page. Je peux d’ailleurs me dire que s’il y a beaucoup de dialogues dans une nouvelle, cette dernière pourrait contenir une ou deux pages de plus.
Quand on se rend rencontrer une personne dont on ne sait rien au départ, on peut être habité par une certaine appréhension. Il pourrait y avoir un ou deux paragraphes là-dessus. Le déplacement de la personne qui quitte son point A de départ –en voiture, à pied, en transport en commun– pour se rendre au point B de rencontre, pourrait être consacré à l’anticipation, aux images qui s’installent d’elles-mêmes quand on donne libre cours à l’imagination. Mais en même temps quand on se déplace on observe mille choses, lesquelles pourraient fort bien avoir leur place dans le récit.
Le moment de la rencontre en tant que telle, qui ne prend que quelques secondes en temps réel, pourrait être le point de départ de l’inventivité. À partir du moment où les deux personnages sont en interaction, que se passe-t-il ? Une simple transaction ? Celle-ci sera-t-elle facile ou nécessitera-t-elle des négociations difficiles ? Qu’est-ce qui me dit que les deux personnages ne se sont jamais rencontrés ? N’ont-ils pas l’habitude, au contraire, de se rencontrer dans des contextes changeants, des mises en scène qu’ils inventent à deux, ou qui sont imposées par un des deux ?

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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2 réponses à Jour 1 116

  1. Jacques Richer dit :

    Un projet très original, mais certainement très exigeant! Pourquoi pas inclure aussi des cas « ratés », par exemple, la personne prend le métro pour aller à son rendez-vous, le métro tombe en panne, le rendez-vous n’a jamais lieu, et une suite alternative se met en place, peut-être plus dramatique, peut-être toute simple, comme un retour pénible à la maison, sous une tonne de fatigue causée par les conséquences du prolongement de la panne? Y a de la place pour tout, là-dedans. Même un meurtre. Ou deux! Ou un suicide.

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