Jour 1 131

Finalement, je n’irai pas vers le repassage de mon panneau de toile, ou si jamais je le repasse ce sera plus tard, quand le projet sera terminé. J’ai plutôt choisi de couper le panneau de huit pieds de long en deux panneaux de quatre pieds de long. J’obtiens un diptyque. Je vais peut-être tâter l’idée de réunir les deux toiles au moyen d’une fermeture éclair installée dans le sens de la longueur de quatre pieds. Je demanderais pour cela l’aide de la couturière du village, qui a ajusté mes pantalons trop grands l’automne dernier et qui sont trop petits depuis ! Mais peut-être aussi que la fermeture éclair, grise ou noire, est une idée saugrenue et qu’elle ne tiendra plus la route dès demain.
Pour l’instant, je réfléchis quant à la couleur dont je désire couvrir mes échassiers. En versant de l’eau dans la cafetière ce matin, j’ai vu deux geais bleus se courir après, à travers la fenêtre. Leur couleur bleue était attrayante et ajoutait une touche de vie par rapport à la couleur terre de la terre et à la couleur gris des troncs dénudés qui poussent dans la terre. Donc, je vais peut-être me laisser tenter par le bleu, moi qui ai de la difficulté à travailler avec cette couleur, j’opte toujours pour les tons chauds orangé, brun, rouge, ocre…
À propos des oiseaux, hier j’ai entendu le mouvement des ailes de deux corneilles qui se couraient après elles aussi. Elles sont passées au-dessus de ma tête, assez proche pour que j’entende ledit mouvement. Il faut dire que mon environnement est assez tranquille et se prête bien à la captation de ce genre de son qui m’échapperait en ville, quoique la reprise des activités de la scierie, pas très loin d’ici, génère un bruit de fond qui se rend jusqu’à nous. On entend aussi la circulation automobile sur la route 343 parce qu’il y a peu d’arbres ou d’obstacles qui bloquent le vent, et le bruit que transporte le vent. J’étais assise hier, m’accordant un peu de repos après avoir cordé des bûches dans notre nouvel abri, lorsque les corneilles sont venues me distraire. J’étais assise au repos et merveilleusement bien au soleil. J’avais placé mes mitaines à mes pieds pour les faire sécher. La veille, j’avais cordé en utilisant des gants de travail de cuir qui s’étaient mouillés assez vite. Je sais depuis hier que les mitaines, de polar, ne se comportent guère mieux, mais elles sèchent plus vite ! Je suis donc retournée corder une fois mes mitaines séchées, en ayant l’intention de ne pas corder plus d’une demi-heure pour ne pas m’éreinter et avoir, aujourd’hui, du mal à marcher. Au terme de la demi-heure, Denauzier est venu me rejoindre, nous nous sommes assis et nous avons profité de la vie, toujours au soleil, en buvant à même la bouteille de l’eau gazéifiée Eska. Quand la bouteille s’est trouvée vide, nous avons décidé de continuer encore un peu, moi à corder, lui à fendre les morceaux de troncs qui jonchent le sol et qui proviennent d’arbres qu’il a lui-même coupés l’automne dernier. Nous avons continué tant et si bien que j’ai cordé tout ce qu’il y avait à corder. Les morceaux de tronc qui n’ont pas été fendus par Denauzier, quant à eux, sont encore prisonniers de la glace. Nous sommes donc en chômage technique aujourd’hui jeudi, mais, compte tenu de la température presque estivale qui prévaut en ce moment, nous pensons poursuivre notre activité demain.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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