Jour 1 138

Mince ! J’ai perdu mon texte ! Ça faisait une bonne heure que je peinais, que je peinais vraiment sur un début de texte, et je l’ai perdu ! J’ai l’impression qu’en essayant d’insérer une image à la une j’ai fait une mauvaise manœuvre. C’est la première fois que ça m’arrive. L’image devait comporter un code qui n’est pas compatible avec mon éditeur. Il s’agissait de la photo de l’acteur Matthew Macfadyen qui interprète Mr Darcy dans Pride & Prejudice, au moment où il dit à Elizabeth : My good opinion, once lost, is lost for ever.
Je voulais aborder aujourd’hui le thème de mon attitude draconienne en certaines circonstances.
Je choisis d’interpréter l’incident comme étant le signe que le texte, dans lequel je me dénigrais, ne méritait pas d’être mis en ligne. Alors maintenant il ne me reste qu’à trouver autre chose à écrire !
Juste un mot, c’est plus fort que moi –et ça me fait quelque chose à écrire !–, sur le dénigrement qui était au centre du texte perdu. Je réfléchissais, en lien avec Le nid de pierres, au phénomène selon lequel, quand une chose m’échappe, je n’ai pas le réflexe de penser qu’elle pourrait ne pas échapper aux autres. Si une chose m’échappe, elle échappe à tout le monde. Point final.
Ça doit être ça, le phénomène de la projection, en psychologie ? N’ayant pas compris l’histoire et la structure du roman, je projette cette incompréhension chez les autres, toutes origines confondues, privant Tristan Malavoy d’un important bassin de lecteurs qui a adoré son texte, dont Bibi.
Est-ce que cela revient à dire que la projection sert à me protéger ? Je n’ai pas compris le roman, donc personne l’a compris, donc il n’y a rien à comprendre, donc je ne suis pas déstabilisée par le choc qui me secoue quand il appert qu’avec des explications (de ma sœur) je découvre ma propre infériorité intellectuelle (je n’ai pas compris le roman) et créatrice (je suis incapable d’écrire aussi bien). Au secours !
Tristan est maintenant, en moins d’un an, avec son premier roman, un auteur reconnu, lu par des milliers de gens, et finaliste à des concours littéraires, je pense notamment au prix France-Québec. Pour ma part, je demeure inconnue alors que mon blogue a cinq ans, et si, certains jours, j’atteins quelque soixante, soixante-dix accès sur mon site, je suis bouleversée, je me demande si la pression ne me rendra pas incapable d’écrire le lendemain !
Or, quand je me relis, car il m’arrive, pour me mettre en train, de lire le matin le texte que j’ai écrit la veille, j’adore mon style, je me trouve super bonne, et je me demande, c’est la question de ma vie, comment ça se fait. Comment ça se fait que mon talent grandiose demeure inaperçu ? Je me gargarise avec mon style, mes tournures, mes inventions, dans un mélange de bonheur pour être née si talentueuse, et d’affliction pour être rejetée, encore et toujours, par le public, voire l’humanité.
Merci, Tristan, quoi qu’il en soit, d’alimenter ainsi mes pensées et mes textes.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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