Jour 1 147

Bibi derrière mon foulard.

Bibi derrière mon foulard.

J’ai rêvé que Bibi, qui n’a jamais travaillé de sa vie dans le milieu de l’éducation, se voyait offrir dans ce domaine un emploi qu’elle jugeait ne pas être à la hauteur de ses compétences. Donc, elle se lamentait. Qui plus est, elle se lamentait sans raison, sans fondement, puisqu’elle ne connaît pas cet environnement de travail –dont les conditions, je trouve, se resserrent de plus en plus, et se prêtent donc, de moins en moins, à faire la fine bouche. Aux premières lamentations de ma grande sœur, par habitude, par automatisme, par lassitude aussi, en ce sens que c’est moins forçant de laisser une personne se plaindre que de l’encourager à ne pas se plaindre, pour toutes ces raisons, donc, j’étais sur le point de lui donner raison. Elle résumait ainsi sa situation :
– On me dit que mes études me qualifient pour faire de l’entrée de données. Je suis le contraire d’une personne apte à faire de l’entrée de données, voyons donc ! Ce n’est pas moi, ça ! On me connaît mal ! On ne reconnaît pas ma véritable nature, on veut presque rire de moi !
Je m’apprêtais donc à encourager sa presque humiliation, mais d’autres mots, à ma surprise, se sont manifestés à mon cerveau :
– Tu vas te retrouver au centre des activités de ton service, si tu acceptes. Tu vas devenir incontournable. Les collègues vont devoir passer par toi pour obtenir les informations nécessaires. Tu ne te rends pas compte à quel point cette offre peut t’ouvrir des portes. Tu aurais bien tort de refuser. Si j’étais toi j’accepterais. Faire de l’entrée de données n’a rien d’humiliant. Tout dépend de la manière dont tu t’y prends. Ça peut même devenir passionnant, si tu crées des liens entre les informations que tu dois entrer, etc.
Je ne tarissais plus d’idées pour l’amener à s’ouvrir alors qu’elle choisissait de se fermer.
Je ne me rappelle pas si Bibi acceptait ou non de se laisser convaincre. Mais je retiens ceci : c’est extrêmement rafraîchissant d’aborder les événements de manière positive, et c’est une presque mort de les aborder de manière négative. À la limite, que ma sœur accepte ou non de se laisser convaincre n’est pas important. Son choix lui appartient. Je ne peux que la conseiller de mon mieux. Ce qui est important, ce qui me rend vivante et m’importe vraiment, c’est de ne pas dire non quand on peut dire oui.
Cela me fait penser à un être cher, lors d’un petit événement de rien du tout qui a eu lieu il y a des siècles. Avec les membres de ma famille, nous devions nous rendre, à plusieurs voitures, à un restaurant dans les environs de Lavaltrie, si je me rappelle bien. Mon frère et mon beau-frère s’évertuaient à nous nommer les rues et l’enchaînement des rues qu’il nous faudrait emprunter pour nous rendre à destination sans nous tromper. L’être cher, mon ami de cœur, m’avait dit, alors que nous montions dans sa voiture, faisant fi des recommandations qui nous avaient été maintes fois répétées :
– Je pense qu’on peut s’y rendre en empruntant tel trajet.
Et, sans se soucier de se glisser dans le cortège, il avait démarré. Je me rappelle encore à quel point son choix d’opter pour une mini forme d’aventure m’avaient ragaillardie. Et je me rappelle que nous étions arrivés les premiers.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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