Ce matin je comprends une chose et ce matin je me sens dans un cul-de-sac : au lieu d’apprendre à dessiner, je préfère commenter mes maladresses et ainsi alimenter mon blogue à peu de frais. Comme je ne dispose pas d’un bassin infini de maladresses, je commence à me répéter, tant sur la toile qu’à l’écrit. En l’absence de Denauzier qui est parti à Calgary cette semaine, je travaille intensément sur un grand format de 65" x 40". Hier j’ai peint en écoutant sur YouTube Les parapluies de Cherbourg. J’adore les passages guillerets et enjoués comme seul Michel Legrand sait les composer. J’ai interrompu le film avant la fin, cependant, parce que c’est trop triste quand, une fois mariée et revenant pour les funérailles de sa mère dans la ville qui l’a vue grandir, Geneviève rencontre Guy. Elle est malheureuse ne l’ayant pas oublié, il est heureux avec Madeleine et leur enfant. Je ne trouve pas tant que c’est triste pour Geneviève, mais surtout pour l’homme qui l’a épousée. J’ai quitté Michel Legrand en cliquant au hasard sur une proposition de YouTube qui m’offrait les 25 meilleures chansons françaises. J’ai ainsi pu entendre La javanaise de Gainsbourg, Syracuse d’Henri Salvador et aussi Nougaro, entre autres, qui ont remis de l’optimisme sur les rails. Je reviens à ma maladresse en cours. J’ai d’abord étendu la toile sur la table, il y a plusieurs jours, dans mon atelier. J’y ai versé un restant d’acrylique Terre d’ombre brûlée, j’adore cette couleur, que j’avais diluée avec de l’eau. Le mouvement de mon bras quand j’ai laissé couler le liquide a créé une belle courbe –que j’ai conservée– qui traverse presque toute la largeur de la toile. Dans la partie inférieure de la courbe, j’ai vu la forme d’une jupe. Je suis partie de là. J’ai tracé au crayon un personnage féminin, en commençant par le bas et en montant jusqu’au crâne –j’ai déploré ne pas avoir la main d’Yves Saint-Laurent pour ce faire! La femme est vêtue d’une jupe et d’une chemisette de coton à manches courtes et bouffantes, retenue la chemisette par un large ceinturon à la taille. L’ensemble manque énormément de grâce, de souplesse, de mouvement, on dirait une matrone géante russe, une automate. Le seul endroit où il y a de l’élégance, de la vie, de la beauté, c’est dans la ligne courbe qui s’est tracée toute seule quand j’ai versé l’acrylique !
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