Jour 1 194

Avant-dernier exemplaire au Renaud-Bray de CDN.

Avant-dernier exemplaire au Renaud-Bray de CDN.

Je me suis ménagé trois jours de plus pour la lecture de Winston en ce sens que les routes incertaines, après la neige et la pluie que nous avons eues, me gardent à la maison. Comme j’ai des activités de prévues demain jeudi, je n’irai porter le livre à tonton que vendredi. Je suis rendue presque à la moitié, à quelques pages de la partie centrale qui regroupe des photos. Je m’attendais à ce qu’il soit décrit en long et en large, avec enthousiasme et ferveur, comment Winston a convaincu son peuple d’entrer en guerre à l’été 1940, plutôt que de négocier avec l’Allemagne, comme aurait voulu le faire la majorité de ses pairs conservateurs et travaillistes. Jusqu’à maintenant, il est fait référence à cette puissance de persuasion qu’avait l’homme, à la qualité littéraire de ses discours où aucun mot n’était laissé au hasard, mais je demeure sur ma faim. Il me vient à l’esprit des images vues à la télévision, il y a longtemps, de Lucien Bouchard préparant ses discours avec son équipe pour la campagne du Oui et mesurant, lui aussi, chaque mot. Deux littéraires. Bouchard littéraire austère, à mes yeux. Winston littéraire coloré, même si je ne connais rien du personnage. Je me fie à ce que je lis. Il dessinait lui-même certaines de ses tenues, et ressemblait dit-on, quand il les portait, à un gros bébé. Il était doté d’un courage hors du commun, ayant piloté des avions à une époque –fin des années 1910– où il était téméraire de le faire parce que les modèles n’étaient pas assez perfectionnés. Il fumait des cigares en grande quantité ou alors il les machouillait. Il avait le sens de l’humour et maîtrisait l’art de la boutade. Il n’était pas porté tant que ça sur la chose sexuelle, contrairement à ce qu’il est dit de nombreux chefs d’état français dans mon livre Sexus politicus, ou que l’on pense encore à JFK de ce côté du continent. Égocentré, il était à la recherche de la gloire, du pouvoir, du succès, comme cela arrive souvent aux enfants mal aimés, car il aurait été traité durement par son père, et négligemment par sa mère. Empathique, doté d’une intelligence hors du commun, amoureux de son pays et épris de liberté, la liberté d’agir et de penser, il est décrit comme ayant le cœur sur la main. Ces cinq derniers mots sont, de tout ce qui précède, les plus importants.
Voilà. Je viens d’écrire 410 mots dans l’esprit d’autrefois, quand je faisais des dissertations à l’université. Avec toutes ces folies que j’écris depuis cinq ans où il n’est question, la plupart de temps, que de frivolités, j’ai pas mal perdu la main.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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