Une fois la soirée terminée et nos estomacs bien remplis d’une lasagne délicieuse accompagnée de salade César –c’est très populaire, la salade César, dans la famille de mon mari–, Denauzier a jugé préférable de rentrer à la maison en auto, pour deux raisons : le froid, mais surtout la conduite nocturne qui aurait été longue et difficile compte tenu de l’état des pistes. Nous avons donc emprunté la voiture de la fille de mon mari, en convenant qu’on la lui rapporterait le lendemain matin dimanche. C’est ce que nous avons fait, avec un peu de retard. Avant de quitter notre maison aux environs de midi, Denauzier a glissé dans une grosse chaussette de laine une bouteille de mousseux, et dans une autre chaussette identique une bouteille de St-Émilion.
– Si ça nous tente d’arrêter chez mon frère, m’a dit Denauzier, nous aurons quelque chose à leur offrir, surtout que c’est l’anniversaire de ma belle-sœur demain lundi.
Nous avons donc rapporté la voiture à sa fille, repris la motoneige et entamé le chemin du retour jusqu’à l’endroit très près de la piste où, moyennant un détour de trente secondes, on se trouve chez le frère de mon mari. Il était 15 heures, le dimanche. On frappe. Ils sont à la maison. On entre. On se déshabille –cela m’a pris pas mal de temps.
– Restez pour souper !, fut une des premières phrases exprimées à notre arrivée.
– Et après le souper on pourra écouter La voix !, ajouta une autre voix.
– Qu’est-ce qu’on mange ?, demanda Denauzier à la blague, en ce sens que le menu n’était pas un élément qui allait, ou non, nous faire accepter l’invitation.
– De la lasagne et de la salade César, répondit ma belle-sœur.
– On pourrait comparer !, me suis-je exclamée, en regardant Denauzier.
– Vous pouvez même rester à coucher, des fois qu’on boirait trop, a ajouté le frère de mon mari, en ouvrant une première bouteille, celle du mousseux qui ne pouvait pas être plus frais.
Nous n’avons pas pu coucher, à cause des comprimés de Coumadin que je dois prendre absolument tous les soirs, or je n’en avais pas dans les poches de mes nombreux vêtements. Nous avons quitté la maison du frère aux environs de 21h30, en camion, avec l’intention de venir reprendre la motoneige le lendemain lundi, qui est aujourd’hui par rapport au moment de l’écriture. À la maison, les dégâts se sont avérés moins importants que je l’aurais pensé, en ce sens que nous avions laissé une marmite de fèves au lard dans le four qui, finalement, n’ont pas brûlé tant que ça. Pour faire une histoire courte, l’expédition de motoneige s’est terminée ce midi, après que nous ayons parcouru le chemin du retour sur des pistes mi-blanches de neige, mi-brunes de terre. J’imagine qu’on peut se rendre en Gaspésie en trois jours ?
-
Badouziennes
Textes antérieurs
Qui est Badouz ?
Une autrice illustrement inconnue !
Catégories
